Charles Davy est arrivé comme salarié agricole à Saint-Jean-de-la-Rivière en 2014. Depuis 6 ans, il a repris une exploitation à son compte près de Barneville-Carteret : des cultures, 120 vaches laitières et une cinquantaine de bœufs pour la viande. C'est dans sa propriété qu'une réunion entre les syndicats agricoles et la ministre de l'Agriculture était organisée jeudi 22 janvier. Charles Davy a plusieurs interrogations : la fièvre catarrhale ovine, une simplification de la réglementation et surtout une garantie du prix du lait. "On a beaucoup d'investissements, de contraintes administratives et environnementales. Si on n'a pas un prix garanti et pas d'argent, c'est compliqué", explique l'agriculteur.
Charles Davy possède 120 vaches laitières sur son exploitation près de Barneville-Carteret. Il travaille avec un employé et un apprenti. - Julien Rojo
Des investissements nécessaires
Plusieurs voitures entourées de gendarmes arrivent sur la ferme. La ministre est là, entourée du sénateur Sébastien Fagnen et du député Stéphane Travert. Plusieurs syndicats agricoles, FDSEA, Jeunes Agriculteurs, Confédération paysanne et Coordination rurale accompagnent la délégation. Entre deux séances photo, Annie Génévard se rapproche d'une grande machine où attendent des vaches. "C'est un robot de traite, les vaches passent quand elles veulent se faire traire. Auparavant on était deux à la traite, matin et soir, maintenant il suffit d'être seul", détaille le fermier. Deux robots coûtent 300 000 euros. Un emprunt sur 10 ans a été nécessaire pour cet investissement.
Les vaches viennent deux fois par jour au robot de traite. - Julien Rojo
"On souhaite que le prix du lait ne baisse pas"
Direction l'étable. Les politiques et les militants syndicaux se retrouvent sur des bancs, au milieu des bovins endormis. Les problématiques du secteur sont abordées une à une : la formation pour attirer des jeunes, la lutte contre la tuberculose dans l'Orne et le Calvados, l'actualité internationale qui perturbe les marchés… La ministre défend sa gestion de la dermatose nodulaire contagieuse et le controversé abattage systématique des troupeaux dès qu'une infection est détectée. "La situation est complètement maîtrisée. 3 800 bêtes ont été abattues en France, c'est 0.002 % du cheptel. Vous êtes indemnes, les amis, grâce à eux [les élevages du Sud-Ouest] !", avance Annie Genevard.
Ludovic Blin explique à Annie Genevard les difficultés des producteurs de lait. - Julien Rojo
Sur le prix de lait, la ministre s'attend à "un rééquilibrage" entre la production trop importante du lait et le marché. Ludovic Blin, vice-président de la Fédération nationale des producteurs de lait, estime avoir été entendu. "L'an passé, on avait un prix du lait autour de 46 centimes le litre. Aujourd'hui, il est à 42 centimes. On a un coût de production de 45 centimes. On souhaite que le prix du lait ne baisse pas", explique cet exploitant situé près de Villedieu-les-Poêles. Il appelle à un respect de la loi Egalim, qui interdit de vendre tout produit en dessous du prix auquel il a été acheté. La ministre prévoit un plan d'urgence de 300 millions d'euros pour les exploitations les plus touchées, "dès que l'on aura un budget". Les échanges avec les agriculteurs doivent servir à une future loi d'urgence, qui prévoit notamment la simplification de plusieurs normes. Annie Genevard a conclu sa visite dans la Manche par l'entreprise laitière Savencia à Condé-sur-Vire.
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