Bertrand Cantat : le monde de la culture en Normandie défend sa liberté de programmer

Une quinzaine de représentants du monde de la culture en Normandie ont co-signé, mardi 13 mars 2018, une lettre ouverte suite au renoncement de Bertrand Cantat de se produire au festival Papillons de nuit. Ils réaffirment leur liberté de programmer.

Bertrand Cantat : le monde de la culture en Normandie défend sa liberté de programmer

Bertrand Cantat a décidé de ne pas participer au festival Papillons de nuit, en mai prochain à Saint-Laurent de Cuves (Manche) © Capture d'écran Youtube

Par Floriane Bléas

Ils sont quinze. Responsables de salles de musiques actuels, de cinémas, de festivals etc. en Normandie. Tous ont signé, mardi 13 mars 2018, une lettre ouverte qui réaffirme leur liberté de programmation après le retrait du nom de Bertrand Cantat de l'affiche de l'édition 2018 du festival Papillons de nuit, qui doit avoir lieu en mai à Saint-Laurent-de-Cuves (Manche).

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"Les pressions, les menaces, les représailles sont nombreuses, violentes et portent atteinte à notre secteur d'activité et à la pluralité culturelle.", estime les signataires. "Censurer une œuvre, c'est dénier au public le droit de se faire une opinion, de débattre, de se confronter. Libre au public de venir dans nos lieux découvrir ces œuvres et ces artistes. Le public a-t-il besoin que des instances ou des groupes de personnes choisissent à sa place quelle œuvre est légitime ou non ?"

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"Il faut bien rappeler que nous programmons des artistes et non des hommes (...) Seul le public est fondé à juger les œuvres, c'est lui qui les fait vivre et c'est pour lui que nous travaillons.", insistent les auteurs de la lettre tout en s'insurgeant "contre cette volonté d'ingérence d'associations, de groupes d'influence et de la collectivité".

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Cette lettre ouverte a été adressée à Françoise Nyssen, ministre de la Culture, Jean-Paul Ollivier, directeur de la direction régionale des affaires culturelles Normandie, Hervé Morin, président de la Région mais aussi aux cinq présidents de Conseils départementaux.

Les signataires :

Paul Langeois, directeur du Big Band Café (Hérouville St-Clair), Nicolas d'Aprigny, directeur du Normandy (Saint-Lô), Jean-Christophe Aplincourt, directeur du 106 (Rouen), Loïc Leconte, directeur de la Luciole (Alençon), Franck Testaert, directeur du Tetris (Le Havre), Jean-Marie Potier, directeur du Cargö (Caen), Claire Lesaulnier, co-directrice du festival Beauregard (Hérouville St-Clair), Martial Di Fonzo Bod, directeur du Centre dramatique national de la Comédie de Caen, Jacques Peigné, directeur délégué du Centre dramatique national de la Comédie de Caen, Benjamin Mourier, directeur du festival le True Normand, Didier Anne, co-directeur cinéma Lux (Caen), Jérôme Remy, directeur artistique Les Boréales, Yannick Reix, directeur cinéma Le Café des Images (Hérouville St-Clair), Brigitte Bertrand, directrice du Sablier (Ifs) et déléguée régionale du Syndicat national des scènes publiques et Emmanuelle Vo-Dinh, directrice du Phare (Le Havre).

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COMMENTAIRES

Lire 2 commentaires
  • TREMBLAY CATHERINE dit:

    Le 14/03/2018 à 16h42

    Je ne trouve pas normal d’empêcher monsieur Cantat de se produire en concert ou en festival. Certes il a commis une grave faute mais il a payé sa dette. Doit-on empêcher toutes les personnes qui ont été condamnées de ne plus exercer leur activité ?

  • Paul ASTOLFI dit:

    Le 14/03/2018 à 17h18

    Il faut bien rappeler…que le quarteron syndical de la bien pensance de la culture administrée, qui agite quelques programmateurs de spectacles, n’a aucun droit particulier à asséner des leçons de morale ou des admonestations velléitaires au public ou à ceux qui les nourrissent, souvent grassement avec les impôts du contribuable qu’ils ont la charge de répartir. La liberté, c’est choisir. Employés du spectacle subventionné, administré, fonctionnarisé, ils choisissent leur programmation. A égalité ceux à qui elle est soumise ont la liberté de choisir et de s’exprimer. Et ils le font. Les programmateurs ont pris leurs responsabilités. Qu’ils les assument. « Qui se sentent morveux, qu’ils se mouchent ». Il faut bien le leur rappeler.