La Marine nationale et la préfecture maritime seront plus que jamais sollicitées en 2026. Vendredi 16 janvier, le vice-amiral d'escadre et préfet maritime Benoît de Guibert, a présenté ses vœux. En présence de plusieurs personnalités politiques, militaires et industrielles, il est revenu sur les actions fortes menées l'an passé et les défis qui attendent la préfecture maritime pour 2026.
Une mobilisation stratégique
"L'hypothèse d'une confrontation de haute intensité avec nos compétiteurs dans un avenir proche est ainsi de plus en plus évoquée", a commencé le vice-amiral d'escadre Benoît de Guibert. Cherbourg-en-Cotentin reste au cœur de la stratégie maritime française. Le préfet a ainsi évoqué les prochains essais du sous-marin nucléaire d'attaque De Grasse, la réalisation d'une partie des pièces du futur porte-avions français, et le démantèlement des sous-marins d'anciennes générations. La flotte cherbourgeoise devrait être entièrement renouvelée d'ici 10 ans. Le patrouilleur de la gendarmerie, Beuzeval, devrait bientôt arriver, en plus patrouilleur côtier Rozel déjà présent. "Les bâtiments de guerre des mines sont également amenés à être remplacés, tout comme la flotte de remorqueurs portuaires", précise le préfet. Les hélicoptères en service à Maupertuis et au Touquet seront remplacés par un nouvel hélicoptère.
Cela va entraîner des travaux sur la base navale et les quais. Le commandant maritime est aussi revenu sur la création de l'état-major de la Flottille de réserve côtière, à Cherbourg. Cela consiste à recruter des réservistes opérationnels sur un territoire afin de soutenir les zones défendues par les militaires actuels. Les deux premières escouades de réserve côtières doivent être créées cette année au Havre et à Dunkerque.
Traquer la flotte fantôme
En dehors de ces efforts stratégiques, la préfecture maritime poursuit ses actions en mer. Elle continue de surveiller le trafic maritime, notamment les mouvements des navires de "la flotte fantôme" russe. Il s'agit de navires assez anciens, dont l'origine est floue, qui serviraient à transporter du pétrole russe, malgré les sanctions internationales. "Cela représente autour de 10 navires par jour dans la Manche et la mer du Nord. Le Boracay, intercepté en septembre dernier en Atlantique, a d'abord été suivi chez nous", explique Benoît de Guibert. La préfecture maritime va continuer sa lutte contre le trafic de stupéfiants par la mer. 87 tonnes de drogue ont été saisies par la Marine nationale en 2025. 248 contrôles en mer ont été réalisés dans le cadre de la police des pêches.
La coordination du sauvetage en mer
La préfecture continue aussi la coordination du sauvetage en mer, avec les moyens de la Marine, de la gendarmerie et des bénévoles de la SNSM. Plus de 2 700 opérations en mer ont été coordonnées depuis le Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage (Cross) à Jobourg, dans le Cotentin. Cela concerne aussi les embarcations de réfugiés qui tentent de rejoindre l'Angleterre. Le dispositif de sauvetage en mer a porté secours à plus de 6 000 naufragés dans la Manche, l'an passé.
Gérer les espaces marins
"Je suis finalement presque devenu un gestionnaire du 'Plan local d'urbanisme de la mer', garant du partage, de la cohabitation", plaisante Benoît de Guibert. Il a souligné l'importance de la préservation de l'environnement. La Marine est aussi mobilisée dans le déminage. 146 opérations de ce type ont été conduites l'an passé. Cela a permis de neutraliser près de neuf tonnes de munitions issues du passé de la Normandie.
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