Le scénario semblait impensable il y a encore quelques années. Pourtant, selon plusieurs médias spécialisés, Aldi réfléchirait à une sortie pure et simple du marché français. Une hypothèse officiellement qualifiée de "spéculations" par l'enseigne, mais qui repose sur des éléments économiques bien réels.
En Normandie, plus de 20 magasins Aldi sont aujourd'hui répartis dans les cinq départements. Un maillage de proximité qui pourrait être remis en question si la filiale française venait à être cédée, totalement ou partiellement.
Des pertes financières lourdes depuis le rachat de Leader Price
L'origine des difficultés remonte en grande partie à 2020, avec le rachat de plusieurs centaines de magasins Leader Price. Une opération stratégique ambitieuse, mais coûteuse.
Selon les chiffres relayés par la presse économique, la filiale française aurait cumulé plus de 1,5 milliard d'euros de pertes entre 2020 et 2023, malgré d'importants travaux de rénovation et une montée en puissance de la communication.
Résultat : la part de marché d'Aldi en France stagne autour de 3 %, loin derrière son principal concurrent Lidl, solidement installé dans le paysage de la grande distribution.
Un modèle discount qui peine à convaincre les consommateurs français
Contrairement à d'autres enseignes, Aldi a réduit fortement le nombre de références en magasin, misant sur une offre resserrée et majoritairement composée de marques distributeur.
Un choix stratégique qui n'a pas permis de retenir tous les anciens clients de Leader Price, notamment dans les zones rurales et périurbaines normandes, où la diversité de l'offre reste un critère déterminant.
L'inflation a également rebattu les cartes : les consommateurs se sont davantage tournés vers les enseignes historiques françaises, mieux positionnées sur les produits premiers prix.
Une cession à l'étude, sous l'œil des géants de la distribution
Selon les informations révélées par La Lettre et reprises par Le Parisien, la maison mère Aldi Nord aurait mandaté Deutsche Bank pour étudier plusieurs scénarios, dont une vente de la filiale française.
Une situation confirmée par les difficultés persistantes depuis 2024, période durant laquelle Aldi a cessé de communiquer précisément sur ses résultats hexagonaux.
Parmi les groupes susceptibles de se positionner, Carrefour apparaît comme un candidat crédible, notamment pour renforcer son réseau de magasins de proximité. Lidl pourrait également être intéressé par une reprise partielle du parc, selon les analystes du secteur.
Quel avenir pour les magasins Aldi en Normandie ?
En cas de retrait, plusieurs scénarios sont envisagés :
- une reprise progressive des magasins par d'autres enseignes,
- une revente par blocs régionaux,
- ou, plus rarement, des fermetures définitives dans les zones déjà très concurrentielles.
Pour la Normandie, où Aldi est implanté depuis plusieurs décennies, l'enjeu est autant économique que social. Chaque magasin représente des emplois locaux et un accès à des produits à prix maîtrisés, particulièrement important dans un contexte de pouvoir d'achat contraint.
Une situation encore incertaine, mais très surveillée
A ce stade, aucune décision officielle n'a été annoncée. Aldi continue d'affirmer son attachement au marché français, tout en poursuivant une réflexion stratégique à l'échelle européenne.
Comme le souligne Le Parisien, "l'hypothèse d'un départ sanctionnerait un échec sur la durée", sans pour autant exclure une ultime tentative de relance.
En Normandie, élus locaux, salariés et clients restent dans l'attente d'éclaircissements, conscients que les prochains mois pourraient être décisifs pour l'avenir du discount allemand dans la région.
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