Les agriculteurs se sont rassemblés à un seul endroit pour y passer la nuit. Ils sont désormais tous situés Porte d'Angleterre, au niveau du rond-point du Castorama. Deux sorties du périphérique de Caen à cette hauteur sont fermées d'après Bison Futé ce mardi 6 janvier matin.
Ce n'est pas la neige qui perturbe la circulation autour de Caen ce lundi 5 janvier. Si la ville et son agglomération sont épargnées par les conditions météorologiques qui paralysent le reste de la Normandie, la colère agricole s'y fait de nouveau entendre. Après s'être rassemblés un peu partout dans la région, des agriculteurs de la Coordination rurale se sont dirigés vers trois axes stratégiques de Caen, pour bloquer des ronds-points.
Le périphérique n'est pas bloqué
"C'est un ras-le-bol d'ordre général, on a l'impression qu'en France, on ne veut plus d'agriculture", pointe Henri Le Maître, céréalier à Périers-sur-le-Dan. Il est au niveau de la Porte d'Angleterre, près du viaduc de Calix. Mais pas question de bloquer le périphérique, où les voitures circulent normalement. "C'est une image, celle de bloquer l'accès aux portes de Caen. Aujourd'hui c'est la France tranquille qui montre les muscles, sans rien casser, avec beaucoup de respect", poursuit-il.
Henri Le Maître, céréalier et responsable de la plaine de Caen pour la Coordination rurale.
Les importations, la DNC et un ras-le-bol
Si Henri Le Maître manifeste notamment contre les importations, celles des pays du Mercosur, des pays de l'Est, "et même de l'Europe, qui n'ont pas les mêmes contraintes que nous", Adrien Enne pense d'abord aux agriculteurs du sud, touchés par la DNC, la dermatose nodulaire contagieuse. Mais les raisons sont multiples pour cet agriculteur céréalier installé à Barbery, entre Caen et Falaise. "C'est une accumulation de problèmes pas traités", cingle celui qui siège plutôt au rond-point bleu d'Ifs. "On ira jusqu'au bout, jusqu'à ce que le gouvernement nous réponde. Nous avons des petites mesures, depuis plus de deux ans, mais rien de concret. Il est temps d'avoir un cap pour l'agriculture française."
D'autres tracteurs se sont installés au rond-point bleu d'Ifs.
"On n'en peut plus"
Un troisième site est investi par les agriculteurs au niveau de la porte de Bretagne, à Bretteville-sur-Odon. "Si on est écoutés, on rentrera tranquillement chez nous", anticipe Henri Le Maître, qui veut se faire entendre du gouvernement. "Il faut nous écouter", martèle-t-il. "Quand on pense qu'il y a trois suicides par semaine dans le monde agricole… Si ça continue comme ça, ça ne sera pas trois suicides, mais trois meurtres. On n'en peut plus."
Les agriculteurs ont partagé un barbecue ensemble.
Un barrage filtrant aurait dû être mis en place au niveau du Pont de Normandie dès la mi-journée, à l'appel des Jeunes Agriculteurs. Les conditions météorologiques ont poussé les manifestants à reporter l'opération au samedi 10 janvier.
Les revendications agricoles.
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