"Zéro enfant à la rue." C'était la promesse du gouvernement faite en 2022. Trois ans plus tard le compte n'y est pas d'après le dernier baromètre des enfants à la rue publié jeudi 28 août par Unicef France et la Fédération des acteurs de la solidarité (FAS). Selon le rapport, 2 159 enfants dont 503 de moins de 3 ans sont restés sans solution d'hébergement après leur appel au 115 dans la journée et la nuit du 18 août. Un constat inquiétant à quelques jours de la rentrée scolaire.
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Des chiffres en constante augmentation
A l'échelle régionale, la situation est tout aussi préoccupante. La FAS Normandie estime à "au moins 92", le nombre d'enfants qui n'ont pas eu d'hébergement d'urgence cette nuit-là "dont 16 de moins de 3 ans", soit une augmentation de 8% par rapport à 2024. Pour autant "ces chiffres ne révèlent qu'une petite partie de la réalité car on ne parle que des personnes qui ont sollicité le 115 la nuit du 18 août", explique Jessica Barbet, chargée de missions à la FAS Normandie, qui estime que beaucoup passent sous les radars. "Le rapport ne prend pas en compte les personnes qui n'appellent plus le 115 parce qu'ils sont découragés ou qui vivent dans des squats ou des bidonvilles."
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Selon la FAS Normandie, cette situation s'explique par la saturation des places d'hébergement d'urgence couplée au déséquilibre du marché locatif. "Celle et ceux qui sont en hébergement d'urgence ont de plus en plus de difficulté à entrer dans un logement de droit commun car il y a très peu de logements sociaux à faible loyer pour ces personnes en situation de précarité."
Avec la publication de ce rapport à quelques jours de la rentrée scolaire mais aussi de la rentrée politique, Unicef et la FAS espèrent provoquer une réaction du gouvernement alors que doit être examiné prochainement le projet de budget 2026. "Il faut maintenir le budget de la solidarité pour pérenniser les places d'hébergement d'urgence qu'il reste et en ouvrir d'autres pour notamment les femmes enceintes et celles qui sortent de maternité", conclut Jessica Barbet.
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