Antoine Bertran, galeriste spécialiste de l'école de Rouen, nous présente actuellement une collection exceptionnelle d'œuvres du peintre rouennais Charles Frechon.
Une rareté
Antoine Bertran rassemble pour cette exposition 16 toiles de ce peintre néo-impressionniste dont la majorité provient d'une collection privée. "C'est une collection qui a été constituée en une vingtaine d'années, qui présente différentes périodes de production du peintre mais qui fait surtout le focus sur sa période néo-impressionniste." Le peintre rouennais a peu produit : "On estime qu'il a peint entre 600 et 800 toiles. Sa technique exigeante imposait un long processus d'élaboration, il mettait parfois un mois pour finir une toile." Antoine Bertran est heureux d'avoir exhumé deux autres toiles depuis l'exposition monographique de 2008 menée au Musée des Beaux-Arts de Rouen. "Beaucoup de ses toiles conservées dans sa maison de famille ont été détruites pendant l'incendie provoqué par les Allemands pendant la guerre. Quelques rares toiles de Frechon sont visibles au Musée des Beaux-Arts de Rouen, mais c'est surtout le musée de Louviers qui conserve la plus belle collection de toiles de Frechon."
Cette toile de 1891 est baptisée "Calme soir". Une invitation au repos et à la contemplation. - Elodie Laval
Un parcours atypique
Ami de Charles Angrand, ce peintre de l'école de Rouen adopte très tôt une touche divisionniste. "Angrand s'inspire de Seurat et Frechon et découvre le pointillisme par le biais de son ami. Dès 1888 Frechon s'adonne au divisionnisme, deux ans seulement après Seurat." Il fait partie de ces rares peintres qui adoptent une touche fractionnée. Mais l'originalité de Frechon, c'est d'avoir été divisionniste avant d'être impressionniste comme en témoigne l'exposition.
Rouen vue par Frechon
On aperçoit souvent dans ses toiles le clocher de l'église de Canteleu. Il a longtemps habité rue Coulon, vers la rue du Renard, puis rue Coquerel à Mont-Saint-Aignan, mais il possède aussi deux résidences dans la campagne rouennaise. "Il évoque la transition entre les travaux des champs et la société industrielle : parfois on voit les ouvriers au labeur dans les champs, et les cheminées d'usines qui fument au loin." Mais Fréchon s'inspire aussi de son quotidien : le linge qui sèche ou les enfants au jardin. Des scènes bucoliques ou des scènes de vie plus animées comme un instantané du haut de la place Cauchoise.
Le peintre choisi des gammes de couleurs peu réalistes : orange, vert, bleu, violet et mauve, qui l'ont exposé à de vives critiques de son vivant. - Elodie Laval
Pratique. Jusqu'au 17 janvier. Galerie Bertran à Rouen. Entrée libre. Tel : 06 52 75 18 21.
Envie d'afficher votre publicité ?
Contactez-nousEnvie d'afficher votre publicité ?
Contactez-nous
L'espace des commentaires est ouvert aux inscrits.
Connectez-vous ou créez un compte pour pouvoir commenter cet article.