Chaque lieu culturel a sa propre cible, son propre public, mais pour autant ils veulent tous la même chose : attirer ceux qui n'osent pas franchir leurs portes. Pour cela, toutes les techniques sont bonnes. "On essaye de créer une communauté sur nos réseaux sociaux, on essaye de proposer une offre aussi large que possible et on compte beaucoup sur le bouche-à-oreille", confie Alexandre Lucas, directeur associé du Théâtre à l'Ouest de Caen. Il ajoute également : "Notre meilleur outil de communication c'est notre public. Si la programmation lui plaît, il va revenir, il va en parler à d'autres personnes qui vont peut-être découvrir notre structure et devenir des spectateurs réguliers. C'est comme ça partout, on n'a rien inventé."
"Les attentes
sont de plus en plus nombreuses"
Cette vision, le Cargö la partage. Pour son directeur Jérémy Desmet, "on souhaite que nos lieux soient des espaces de repère, notamment pour les jeunes. On veut que toutes les personnes possibles poussent les portes du Cargö, il faut donc aller chercher des courants musicaux qui plaisent à tout le monde et que l'on soit capable d'offrir une véritable expérience de concert avec les meilleures conditions". Pour ce qui est des salles de concert : "On remarque que les attentes sont de plus en plus nombreuses. Aujourd'hui, il n'y a pas que le concert que l'on juge, on juge aussi l'accueil du public, la sécurité, les services de consommation ou même encore les tarifs. Donc on fait attention à toutes ces choses", précise Jérémy Desmet.
Aller à la rencontre
de ceux qui ne viennent pas
Pour éviter que les tarifs freinent certains publics, des solutions ont été mises en place comme des abonnements à prix réduit ou encore le pass culture, destiné aux jeunes de 15 à 21 ans. Mais attention, gratuité ne rime pas pour autant avec fréquentation augmentée. La bibliothèque Alexis de Tocqueville le constate chaque année : "On est un service public gratuit, mais ça ne veut pas dire que les gens viennent." Son directeur, Maël Rannou, développe : "Pour cela, on met en place un service de médiation, l'idée est d'aller chercher les personnes qui ne franchissent pas nos portes et de leur dire qu'ils sont légitimes à venir dans une bibliothèque." Pour ce qui est de la bibliothèque, "on a créé des partenariats avec diverses associations. Cela permet de s'implanter dans des quartiers, dans des Ehpad ou même en milieu hospitalier. On va mettre en place des activités de lecture, mais on va aussi leur dire que la bibliothèque c'est un lieu pour tous et que tous ces gens qui cohabitent, c'est précieux", complète Ludovic Charrier, en charge des publics spécifiques et du hors les murs au sein du pôle médiation de la bibliothèque.
Au Pavillon, lieu dédié à l'urbanisme, l'architecture et le paysage, les chargées de médiation Agathe Lerouge et Karine Lefevre s'attachent aussi à aller chercher ces nouveaux publics : "Quand on parle d'architecture, ça fait peur, pour autant ce n'est pas réservé aux personnes issues de ce milieu", indique Karine Lefevre. "On met en place des ateliers, pour les scolaires comme le grand public, et à travers cela on casse cette barrière et ça devient un jeu", complète Agathe Lerouge. Dans ces ateliers, "on retrouve beaucoup de création, mais aussi des balades urbaines en adaptant au type de public. On veut des thématiques les plus larges possible pour attirer la curiosité tout en invitant à la réflexion", conclut-elle.
Au Pavillon, les ateliers sont un bon moyen de comprendre le milieu de l'urbanisme ou du paysage. - Jimmy Joubert
Le succès du pass culture auprès des jeunes
Depuis son instauration en 2019, le pass culture a permis à de nombreux jeunes de pousser la porte des lieux culturels sans trop dépenser.
Destiné aux jeunes de 15 à 21 ans, le pass culture leur permet d'accéder à des lieux culturels grâce à une aide pouvant atteindre 200 euros. 84% des jeunes dans cette tranche d'âge sont inscrits au pass culture. Entre 2019 et 2025, plus de 4,7 millions d'utilisations ont été recensées.
Jérémy Desmet, directeur du Cargö, est aux premières loges pour constater le succès du dispositif : "Dès que l'on ouvre au pass culture pour un concert, on a une part importante de jeunes qui l'utilisent. C'est un véritable levier, pour eux comme pour nous."
Du côté du Théâtre à l'Ouest, l'effet est moindre, comme en convient Alexandre Lucas, directeur associé de l'établissement qui met en avant les humoristes : "Chez nous, les jeunes qui utilisent le pass culture pour accéder à nos spectacles sont minoritaires. Peut-être parce que nous essayons d'avoir des tarifs de départ raisonnables ? Je ne sais pas, mais cela n'empêche pas d'avoir quelques spectateurs qui en profitent et c'est tant mieux pour eux."
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