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Hors Normandie. Pédophilie : l'Église défroque le père Preynat, au cœur de l'affaire Barbarin

Le père Bernard Preynat, dont les abus sexuels sur de jeunes scouts ont par effet de ricochet déclenché l'affaire Barbarin, a été défroqué jeudi par un tribunal ecclésiastique, la peine la plus lourde que pouvait infliger l'Église à l'abbé de 74 ans.

Hors Normandie. Pédophilie : l'Église défroque le père Preynat, au cœur de l'affaire Barbarin
Des prêtres catholiques - GABRIEL BOUYS [AFP/Archives]

"Au regard des faits et de leur récurrence, du grand nombre de victimes, du fait que l'abbé Bernard Preynat a abusé de l'autorité que lui conférait sa position au sein du groupe scout (...), le tribunal a décidé de lui appliquer la peine maximale prévue par le droit de l'Église dans un tel cas, à savoir le renvoi de l'état clérical", détaille le tribunal ecclésiastique dans un communiqué dont l'AFP a obtenu copie.

Il dispose d'un mois pour interjeter un appel qui serait suspensif.

"Ils sont contraints d'arriver à la décision qu'ils auraient toujours dû prendre pour Preynat comme pour beaucoup d'autres", a réagi auprès de l'AFP François Devaux, cofondateur de l'association de victimes La Parole Libérée.

Rapidement, la Conférence des évêques de France a fait savoir qu'elle "tenait à ce que cet acte judiciaire de l'Eglise soit largement connu", sans pour autant le commenter.

A Lyon, l'évêque auxiliaire Emmanuel Gobilliard fait remarquer que "c'est la première fois qu'un tribunal déclare Bernard Preynat coupable sur les faits".

"Le tribunal a certainement pris en compte les circonstances aggravantes de Preynat, mettant en lumière le fait que son statut de prêtre participe à la manipulation des victimes, et que ce statut a un impact dans les corps, les cœurs et l'esprit des victimes de ces faits", a-t-il ajouté, interrogé par l'AFP.

Le père Preynat a été interdit de tout ministère pastoral en 2015 mais il pouvait encore célébrer des messes en privé. Capacité qui lui a été retirée en mars 2015 par l'archevêché de Lyon. Son cas est aux sources de la retentissante affaire qui a éclaboussé l'Eglise de France et conduit à libérer la parole sur les affaires de pédophilie.

Quid de l'indemnisation des victimes?

Tout a commencé fin 2015, avec des plaintes déposées par d'anciens scouts contre Bernard Preynat. Rapidement des victimes se regroupent dans une association, La Parole Libérée, qui contribuera grandement à "briser l'omerta". Leur parcours a d'ailleurs été retracé dans le film de François Ozon, "Grâce à Dieu".

Début 2016, Bernard Preynat, qui reconnaît les faits, sera mis en examen pour agressions sexuelles sur plusieurs jeunes scouts entre 1986 et la fin 1991 mais de nombreux cas sont prescrits. Son procès devrait se tenir dans les prochains mois à Lyon.

Très vite, l'affaire Preynat est devenue l'affaire Barbarin. Fragilisé pour ne pas avoir informé la justice et pour avoir maintenu le prêtre au sein du diocèse de Lyon jusqu'en 2015, l'emblématique cardinal de Lyon sera poursuivi et condamné en mars à six mois de prison avec sursis.

Tout en clamant son innocence, le cardinal Philippe Barbarin a présenté sa démission au pape, qui l'a refusée en attendant son procès en appel. Il doit être rejugé le 28 novembre.

Face à ce scandale, le Vatican comme l'Église de France ont pris une série de mesures pour lutter contre la pédophilie. Le Vatican oblige ainsi le clergé à signaler tout soupçon d'agression sexuelle ou de harcèlement.

En France, une commission indépendante a notamment été mise en place pour enquêter sur les abus sexuels commis par des clercs ou des religieux sur des mineurs et des personnes vulnérables depuis les années 1950.

La culpabilité du père Preynat étant reconnue par l'Eglise, le tribunal ecclésiastique a indiqué qu'il pourrait "désormais se consacrer plus entièrement à l'étude de chacune des demandes de réparation financière des victimes".

Le procès canonique du Père Preynat, initialement conduit sous procédure "administrative" avait été commué en septembre dernier en procès canonique "judiciaire" afin de permettre aux victimes d'obtenir d'éventuelles réparations.

En faisant un comparatif avec des précédents en Suisse, François Devaux a estimé que les demandes pouvaient tourner "autour de 20 000 euros" par victime, en moyenne. Mais on ignore encore qui paiera la facture.

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