À Cherbourg, l'usine OpenHydro inaugurée… Sans le gouvernement

Naval Energies a inauguré jeudi 14 juin 2018 son usine OpenHydro à Cherbourg-en-Cotentin (Manche) où seront assemblées des hydroliennes, dès l'été prochain. Son avenir reste néanmoins dépendant à un appel d'offres de l'État, qu'industriels et élus attendent.

À Cherbourg, l'usine OpenHydro inaugurée… Sans le gouvernement

L'usine servira à assembler le rotor et le stator des hydroliennes, avant de les livrer. © Naval Energies

Par Célia Caradec

Pour élus et industriels, jeudi 14 juin 2018 est un jour historique pour Cherbourg-en-Cotentin, qui marque le début d'une nouvelle filière industrielle. Naval Énergies a inauguré jeudi 14 juin 2018 à Cherbourg-en-Cotentin son usine d'assemblage OpenHydro, dédiée uniquement aux hydroliennes, une première mondiale.

Au travail dès cet été

Elle y produira, dès l'été prochain, ses deux premières turbines, à destination du Japon et du Canada. Viendront ensuite les sept machines qui seront immergées dans la ferme pilote du Raz Blanchard. A terme, l'usine est dimensionnée pour sortir une turbine tous les 15 jours, soit 25 par an. Dans un premier temps, une quinzaine de salariés sont mobilisés. À terme, ils seront une quarantaine, pas plus, à manipuler les immenses rotors et stators qui forment l'hydrolienne. "L'intérêt d'avoir une petite équipe, c'est de monter en compétence rapidement" souligne Frédérick Lelarge.

"L'usine pourrait fermer dans deux ans"

L'ouverture de cette première usine n'efface pas l'inquiétude qui pèse sur la filière. Une petite musique déjà audible lors la signature du permis de construire, en 2016. Deux ans plus tard, rien n'a évolué ou presque. Naval Energies attend toujours que l'État lance un appel d'offres pour développer les fermes commerciales d'hydroliennes… tout comme les collectivités (Région, département, agglomération et ville), qui ont investi plus de 100 millions d'euros pour adapter le port aux EMR. "L'usine pourrait fermer d'ici 2 ans" si le soutien de l'État tarde à venir, affirme même Hervé Morin, le président de la Région Normandie. Pour Laurent Schneider Maunoury, c'est la filière hydrolienne tout entière qui est menacée :

Un ministre… irlandais

L'inauguration s'est déroulée en présence de Denis Naughten, ministre de l'Environnement irlandais, et Karmenu Vella, commissaire européen. En revanche, ni Édouard Philippe, ni son ministre de la Transition Écologique Nicolas Hulot ou ses secrétaires d'État ne se sont déplacés. C'est par la voix du préfet de la Manche, Jean-Marc Sabathé, que l'État a rappelé sa position.

"Pour le passage à la phase suivante, commerciale ou pré-commerciale, il faudra pouvoir s'appuyer sur une vision claire des performances et des potentiels de la technologie hydrolienne". Une étude de l'Ademe est en cours, elle permettra d'éclairer le gouvernement pour sa feuille de route, la Programmation Pluri-annuelle de l'Energie, annoncée en juillet prochain.

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