Trump et Kim vont se voir mais les sanctions restent

Les Etats-Unis ont affirmé vendredi que leur stratégie de "pression maximum" sur le régime nord-coréen a forcé son leader Kim Jong Un à proposer un sommet historique avec Donald Trump pour parler de l'abandon de l'arme nucléaire.

Trump et Kim vont se voir mais les sanctions restent

Kim Jong Un et Donald Trump dans un montage réalisé le 9 mars. Les deux hommes doivent se rencontrer d'ici fin mai © -, SAUL LOEB [KCNA VIA KNS/AFP/Archives]

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Etablie par l'administration Trump à coup de très sévères sanctions économiques, la stratégie d'isolement de la Corée du Nord "fonctionne", a déclaré le vice-président américain au lendemain de l'annonce historique d'un sommet entre le président américain et Kim Jong Un.

Mike Pence a martelé vendredi que ces sanctions seraient maintenues "jusqu'à ce que la Corée du Nord prenne des mesures concrètes, permanentes et vérifiables pour mettre fin à son programme nucléaire".

La rapidité avec laquelle M. Trump a accepté l'offre du dirigeant nord-coréen, faite personnellement jeudi par l'intermédiaire d'un haut-responsable sud-coréen qui venait de rencontrer Kim Jong Un en début de semaine, a surpris jusqu'au chef de sa diplomatie Rex Tillerson en déplacement en Afrique.

"Ca a été un peu une surprise pour nous", a dit M. Tillerson à Djibouti. "Maintenant, il faut s'accorder sur le timing de leur première rencontre et cela prendra des semaines avant que tout soit réglé".

Aucun détail n'a filtré sur ce qui serait le premier sommet entre un président américain en exercice et un dirigeant de la Corée du Nord, menée d'une main de fer par la dynastie Kim depuis l'arrêt des hostilités sur la péninsule en 1953.

La rencontre devrait avoir lieu "d'ici fin mai" selon Chung Eui-yong, conseiller national sud-coréen à la Sécurité. Le lieu et les modalités exactes restent à déterminer.

Naïveté ou audace ?

Certains experts veulent voir dans cette hâte à donner une stature internationale à Kim Jong Un, de la naïveté ou de l'inexpérience de la part du président américain.

Pour Jeffrey Lewis, de l'Institut Middlebury des études stratégiques, M. Trump fait le jeu de la Corée du Nord: "Kim n'invite pas Trump pour lui livrer les armes nord-coréennes. Il invite Trump pour prouver que ses investissements dans des capacités nucléaires et balistiques ont obligé les Etats-Unis à le traiter d'égal à égal".

Toutefois, l'émissaire sud-coréen --qui a dévoilé l'extraordinaire nouvelle dans une très brève allocution sur un perron de la Maison Blanche jeudi à la nuit tombée-- a précisé que Kim Jong Un s'était engagé à oeuvrer à la "dénucléarisation" de la péninsule coréenne et a promis de s'abstenir "de tout nouveau test nucléaire ou de missile" pendant d'éventuelles négociations.

La diplomatie mondiale cherche à obtenir ces deux concessions depuis près de 30 ans sans y être parvenue, parfois même dupée par le régime de Pyongyang, qui est entré dans le club nucléaire en octobre 2006 avec l'explosion souterraine d'un premier engin atomique.

Cinq autres essais ont suivi depuis et dans le même temps le régime a réussi à développer des missiles balistiques dont on pense qu'ils ont désormais la capacité de frapper partout sur le globe.

Dans un tweet, Donald Trump a souligné que l'homme fort de Pyongyang avait parlé de "dénucléarisation", pas seulement d'un "gel" des activités nucléaires.

Développement positif

Après deux années de montée des tensions, ces deux derniers mois ont été marqués par une frénésie diplomatique entre le Nord et le Sud de la Zone démilitarisée (DMZ).

Ultime illustration en date, la visite au Nord en début de semaine d'une éminente délégation sud-coréenne, pour la première fois en dix ans.

L'annonce spectaculaire d'un sommet --quand le milliardaire américain qualifiait il y a peu encore M. Kim de "petit homme fusée" et de "petit gros", tandis que ce dernier traitait Donald Trump de "malade mental gâteux" -- a été saluée avec prudence de l'Union européenne à la Chine.

L'UE y voit "un développement positif", tandis que la chancelière allemande Angela Merkel a parlé d'"une lueur d'espoir".

Pékin a évoqué "un signal positif" et Moscou "un pas dans la bonne direction".

L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a souhaité que cette annonce débouche sur des "progrès concrets" dans le dossier nucléaire et sur une possible reprise de ses inspections en Corée du Nord.

Le Premier ministre japonais Shinzo Abe a nuancé en soulignant qu'il n'y avait "pas de changement de politique" de Tokyo et Washington: "nous continuerons à exercer une pression maximale jusqu'à ce que la Corée du Nord prenne des mesures concrètes vers une dénucléarisation".

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