Kim Jong Un et les émissaires du Sud discutent d'un possible sommet intercoréen

Le leader nord-coréen Kim Jong Un a discuté d'un possible sommet intercoréen avec les émissaires du président sud-coréen Moon Jae-in en visite à Pyongyang, ont annoncé mardi les deux camps, nouvelle illustration de l'amorce de détente sur la péninsule.

Kim Jong Un et les émissaires du Sud discutent d'un possible sommet intercoréen

Photo prise le 5 mars 2018 et diffusée par l'agence officielle nord-coréenne KCNAle 6 mars 2018 montrant le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un (D) serrant la main du chef d'une délégation sud-coréenne envoyée à Pyongyang, Chung Eui-yong (C) © STR [KCNA VIA KNS/AFP]

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Les diplomates qui se sont rendus lundi dans la capitale nord-coréenne sont les plus hauts responsables du Sud à franchir la Zone démilitarisée (DMZ) en plus de 10 ans, un voyage qui survient dans la foulée d'un remarquable rapprochement occasionné par les jeux Olympiques de Pyeongchang.

L'agence officielle nord-coréenne KCNA a annoncé que M. Kim avait "accueilli chaleureusement" les Sud-Coréens, qui lui ont remis une lettre de M. Moon.

"Après avoir entendu l'émissaire spécial évoquer les intentions du président Moon Jae-In au sujet du sommet, il a eu un échange de vues et a donné son approbation", a indiqué KCNA.

Mais Séoul s'est empressé d'indiquer qu'aucun accord n'avait été conclu en vue d'un sommet qui serait une première depuis 2007.

"Ce n'est pas un accord, ce sont des discussions", a déclaré à l'AFP un responsable de la Maison bleue, la présidence sud-coréenne, ajoutant que les deux parties avaient "d'une certaine façon échangé" sur d'autres points.

'Camarade Kim'

Les discussions entre M. Kim et les émissaires sud-coréens ont duré plus de quatre heures, notamment lors d'un dîner autour d'une grande table ronde à nappe rose au siège du Parti des travailleurs à Pyongyang.

Les détails de cette visite seront rendus publics mardi après le retour de la délégation, a précisé le Sud.

Le Rodong Sinmun, organe du Parti des travailleurs, consacre toute sa "une" à la visite, sous le titre: "Le Camarade Kim Jong Un reçoit les envoyés spéciaux du président du Sud".

La photo principale montre le leader nord-coréen avec les cinq responsables sud-coréens de la délégation. Le journal publie en "une" sept autres photos des discussions, et davantage d'articles en pages intérieures.

La soeur du numéro un, Kim Yo Jong, apparaît assise à sa gauche. Certains clichés montrent un Kim Jong Un particulièrement enjoué.

Le point d'orgue de l'offensive de charme nord-coréenne lors des JO fut la venue au Sud de Kim Yo Jong, la première visite d'un membre de la dynastie régnante de Pyongyang depuis la fin de la guerre de Corée en 1953.

M. Moon a cherché à se servir des JO pour ouvrir le dialogue entre le Nord et Washington dans l'espoir d'apaiser les tensions sur le nucléaire.

Lors de sa venue, Kim Yo Jong avait remis à M. Moon, de la part de son frère une invitation à venir participer à un sommet à Pyongyang.

Dénucléarisation

Le président sud-coréen s'était cependant abstenu de répondre tout de suite, expliquant qu'il fallait d'abord mettre en place les bonnes "conditions" pour le dialogue.

Signe du difficile équilibre à trouver, il a souligné mardi, devant une nouvelle promotion d'officiers, qu'il fallait discuter avec le Nord, mais aussi renforcer l'alliance avec Washington.

"Nous devons parler avec le Nord de la dénucléarisation de la péninsule coréenne", a-t-il dit. "Mais en même temps, nous devons mettre notre énergie dans le développement efficace de nos capacités pour contrer les menaces nucléaires et balistiques du Nord."

La mission diplomatique sud-coréenne au Nord prouve que l'on "peut obtenir la dénucléarisation et la paix par nos propres efforts", a-t-il poursuivi, tout en ajoutant qu'il fallait "consolider encore" le partenariat militaire avec Washington.

Faisant fi de nombreuses sanctions, le Nord a mené l'an passé son essai nucléaire le plus puissant à ce jour et multiplié les tirs de missiles, dont certains capables de porter le feu nucléaire sur le territoire continental américain.

Le climat a également été envenimé par les échanges d'insultes personnelles et de menaces apocalyptiques entre le président américain Donald Trump et M. Kim.

Si la Corée du Nord se dit prête à discuter avec les Etats-Unis sans préconditions, elle soutient aussi qu'elle ne renoncera pas à ses armes nucléaires dont elle s'est dotée, dit elle, pour repousser la menace américaine.

Washington exige de son côté des mesures concrètes vers la dénucléarisation comme préalable à toute négociation.

On ignore si les discussions intercoréennes de Pyongyang ont porté lundi sur la dénucléarisation. "Je l'imagine", a déclaré à l'agence Yonhap un haut responsable de la Maison bleue.

Les émissaires sud-coréens sont censés partir mercredi pour Washington afin de rendre compte de ce voyage. Les Etats-Unis viennent d'imposer de nouvelles sanctions unilatérales au Nord, les plus dures à ce jour d'après M. Trump.

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