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Paris (AFP). Rentrée politique décisive pour François Hollande, défié à gauche

L'exécutif effectue sa rentrée lundi avec un Conseil des ministres au grand complet, alors que François Hollande affronte une situation politique inédite, pas moins de trois de ses anciens ministres --Arnaud Montebourg, Benoît Hamon, Cécile Duflot-- ayant déjà annoncé briguer sa succession à l'Elysée.

Paris (AFP). Rentrée politique décisive pour François Hollande, défié à gauche
Le ministre de l'Economie Emmanuel Macron arrive à l'Elysée le 22 août 2016 - AFP

Sauf bouleversement de calendrier, le chef de l'Etat ne dira pas avant la fin de l'année s'il sollicite un second mandat, et il ne le fera pas en l'absence de "possibilité de victoire", selon ses propres termes reproduits dans un ouvrage paru jeudi (Conversations privées avec le président, Albin Michel). Mais à huit mois de l'échéance, M. Hollande est déjà contesté comme aucun président avant lui au sein de son propre parti.

Dimanche, l'ancien ministre Arnaud Montebourg a annoncé sa candidature à l'Elysée, expliquant qu'il lui était "impossible de soutenir" François Hollande et son bilan "pas défendable". "Outrance" et "caricature", s'est chargé de répliquer le secrétaire d'Etat aux relations avec le Parlement Jean-Marie Le Guen.

M. Montebourg n'a pas précisé s'il entendait se soumettre à la primaire organisée par le PS, à laquelle se pliera en revanche un autre ancien ministre, Benoît Hamon. "A mon sens, dans son esprit, (M. Montebourg) a déjà tiré un trait sur les primaires, c'est dommage", a jugé lundi le secrétaire d'Etat Thierry Mandon. Primaires dont M. Montebourg fut l'un des grands artisans en 2011.

Tous les candidats de gauche doivent "passer par la primaire" sinon "ils sont tous foutus", a de son côté estimé Gérard Filoche, membre de l'aile gauche du PS et lui-même candidat, de même que la sénatrice Marie-Noëlle Lienemann.

De son côté, Cécile Duflot a officialisé samedi sa participation à la primaire organisée par Europe Écologie-Les Verts. Avec la ferme intention de figurer sur la ligne de départ en 2017 après ce "quinquennat raté pour l'écologie".

A gauche de la gauche également, Jean-Luc Mélenchon, est candidat depuis plusieurs mois. Il doit faire son discours de rentrée, dimanche à Toulouse. Le Parti communiste, qui tient son université d'été ce week-end, tranchera la question d'un éventuelle candidature à l'automne.

A surveiller également: du côté des "réformistes" du PS, les intentions, pour l'heure assez floues, d'Emmanuel Macron.

- possible geste fiscal ? -

En attendant, les 38 ministres et secrétaires d'État du gouvernement Valls assistaient lundi matin au Conseil des ministres de rentrée.

Sur le haut de la pile des dossiers : la "finalisation des arbitrages" du budget 2017. Avec à la clef "un possible geste fiscal", confirme-t-on, mais dans le "respect des objectifs de maîtrise des finances publiques".

Pour François Hollande, il s'agirait d'en faire bénéficier les "classes moyennes", principales cibles des hausses d'impôts du début du quinquennat, mais "à condition", a-t-il spécifié, de disposer de "marges de manœuvre" budgétaires.

Autre priorité: la lutte contre le terrorisme. Elle fera l'objet d'un nouveau Conseil de défense et de sécurité qui se tiendra mercredi à l'Élysée, autour du chef de l'État et des armées.

Au chapitre social, les opposants à la loi travail donneront de la voix avec une nouvelle journée d'action prévue le 15 septembre. Mais les chiffres du chômage au deuxième trimestre ont mis du baume au cœur du gouvernement, s'affichant à leur plus bas niveau depuis 2012, tout juste sous la barre symbolique des 10%.

Le chef de l'État a "toujours estimé que c'était avant tout sur cette question que son action devait être jugée", faisant de l'inversion de la courbe "le juge de paix" d'une candidature à la présidentielle de 2017, rappelle son entourage qui estime cette évolution "encourageante".

Quant à l'agenda diplomatique, toujours dominé par les conséquences à tirer du Brexit, la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, il s'annonce surchargé.

Le Conseil des ministres à peine refermé, François Hollande ouvrira une séquence diplomatique d'un rythme effréné. Première étape, lundi: la petite île italienne de Ventotene où il retrouvera le chef du gouvernement italien Matteo Renzi et la chancelière allemande Angela Merkel à bord du navire amiral de la marine italienne, le porte-aéronefs Garibaldi.

Objectif: la "préparation intensive", dixit Paris, du sommet post-Brexit des 27, le 16 septembre à Bratislava: "Nous disposons d'un mois pour donner une nouvelle impulsion à l'Europe".

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