Marie-Eve Signeyrole signe une nouvelle mise en scène du Vaisseau fantôme, le célèbre opéra de Wagner qui conte l'histoire d'un capitaine revenant sur terre tous les sept ans pour trouver la femme qui mettra fin à la malédiction dont il est victime.
"Un théâtre de poche, plus intime"
Dans cette œuvre de jeunesse de l'artiste, contrairement à Lohengrin, il n'y a pas de profusion de personnages. "Il y a peu de rôles. C'est un théâtre de poche, plus resserré, plus intime", note Marie-Eve Signeyrole. C'est ce qui permet de mieux traiter la psychologie des personnages. Quoique métaphorique, le destin du Hollandais volant, cet être maudit, vient faire écho au réel. "Ce qui m'intéressait particulièrement, c'était l'idée du cycle : le fait que tous les sept ans, ce personnage revienne à terre. Je me suis demandé pourquoi il était condamné à cette répétition." La metteuse en scène fait de ce personnage un passeur de migrants, parce qu'aujourd'hui, on parle de "bateaux fantômes" pour désigner ces embarcations abandonnées en mer par les migrants et parce qu'il fallait aussi justifier ces longs voyages. "Le Hollandais volant chercherait donc à se racheter en trouvant non pas seulement l'amour, mais surtout la compassion d'une terre d'accueil incarnée par Senta", décrypte l'artiste.
Marie-Eve Signeyrole évite les écueils de la grandiloquence dans cette mise en scène : "Le bateau n'est pas visible sur scène comme cela a souvent été fait précédemment. Pas de monumental, pas de spectaculaire. C'est plutôt un mirage, un eldorado." Dans cette version, le Hollandais devient aussi le passeur d'âmes. "Charron est un personnage mythologique qui porte traditionnellement une cape à capuche, dissimulant son visage. Nous avons repris cette iconographie." Mais les autres personnages portent des costumes globalement contemporains. "Nous restons assez proches du livret original : l'action se situe dans les pays nordiques, sur les côtes de Norvège. Ce sont des personnages qui pourraient exister aujourd'hui, dans ces régions."
Si le vaisseau fantôme n'est pas visible, l'univers maritime est cependant omniprésent. Marie-Eve Signeyrole recourt pour cela à la vidéo : "Lorsqu'elle apparaît, elle adopte majoritairement le point de vue de Marie. C'est un rôle parfois considéré comme secondaire, mais que je vois comme un personnage témoin. Il fait le lien entre les morts et les vivants, entre le passé et le présent. Marie, c'est celle qui se souvient." La vidéo permet de faire resurgir le passé mais aussi de rendre la mer omniprésente : "On l'entend, on la ressent. Nous avons cherché à immerger le spectateur dans cette nature déchaînée."
Pratique. Du 27 janvier au 3 février. Théâtre des Arts à Rouen. Tarifs : de 5€ à 85€. operaorchestrenormandierouen.fr.
Envie d'afficher votre publicité ?
Contactez-nousEnvie d'afficher votre publicité ?
Contactez-nous
L'espace des commentaires est ouvert aux inscrits.
Connectez-vous ou créez un compte pour pouvoir commenter cet article.