En ce moment : Plus fort (rework) - Julien GRANEL Ecouter la radio

En ce moment
abonnement

L'hôpital descend dans la rue pour réclamer un traitement de choc

Des médecins aux aides-soignantes, des doyens aux étudiants, c'est un hôpital public à bout de souffle qui est appelé à manifester jeudi pour exiger davantage de moyens et d'effectifs, pendant que le gouvernement peaufine un "plan de soutien" très attendu.

L'hôpital descend dans la rue pour réclamer un traitement de choc
Manifestation d'infirmiers à Paris le 7 novembre 2019 - JACQUES DEMARTHON [AFP/Archives]

Sous pression budgétaire depuis des années, portée à ébullition par la grève des urgences, la cocotte-minute de l'hôpital a fini par exploser.

L'appel à une "grande manifestation", lancé il y a un mois par le nouveau collectif Inter-Hôpitaux, a fait le plein de soutiens. A commencer par le collectif Inter-Urgences, à l'origine d'un mouvement social inédit, débuté en mars à Paris et qui s'est étendu à tout le pays, avec encore 268 établissements touchés en début de semaine.

Les revendications n'ont pas changé: augmentation des salaires, hausse des effectifs et réouverture des lits supprimés. Mais la colère n'a cessé de monter.

Avant la manifestation parisienne, qui devait s'élancer de Port-Royal à 14H00, près d'une centaine d'agents hospitaliers se sont rassemblés à Marseille devant l'agence régionale de santé, a constaté une journaliste de l'AFP.

"Il y a un ras-le-bol des personnels, épuisés, qui sont venus directement à l'organisme de tutelle réclamer des moyens", explique Jean-Michel Carayol, permanent FO santé à l'AP-HM (Assistance Publique - Hôpitaux de Marseille).

Monique Aubin, infirmière de 61 ans, en poste au service de néphrologie de l'hôpital de la Conception, décrit "des conditions de travail détérioriées: on fait beaucoup de paperasse, on manque de matériel, même de médicaments, ce qui nous fait perdre un temps précieux, qu'on ne passe plus avec les patients".

Les professionnels "ont raison de pointer les très grandes difficultés" de l'hôpital public, a estimé Sibeth Ndiaye sur France Inter. Ces difficultés "perdurent depuis très longtemps", a souligné la porte-parole du gouvernement, évoquant un "déficit d'investissement" et "d'attractivité des professions médicales".

Fait rare, tous les syndicats de la fonction publique hospitalière se sont ralliés à la mobilisation, en particulier la CGT, FO et la CFDT, qui peinent tant à s'accorder sur d'autres sujets au niveau national.

Les étudiants en médecine, avec la bénédiction des doyens, ont décrété une "journée sans activités dans toutes les facultés".

Les internes sont pour leur part consultés par leur intersyndicale (Isni) sur une possible grève "totale et illimitée à partir du mardi 10 décembre", les généralistes en devenir de l'Isnar-IMG apportant eux leur "soutien" à la mobilisation.

L'inquiétude est remontée jusqu'aux pontes des commissions médicales d'établissements (CME), qui évoquent un "état d'urgence républicaine".

Matignon en ligne de mire

Agnès Buzyn a promis fin octobre un "plan de soutien" qui mettra l'accent sur "un meilleur investissement courant" et "la revalorisation des salaires, notamment en début de carrière".

Mais la ministre de la Santé a déjà échoué par deux fois à sortir de ce conflit: ni la prime mensuelle de 100 euros versée depuis juillet, ni le plan de "refondation" annoncé en septembre n'ont suffi à apaiser les tensions.

Les manifestants visent désormais plus haut: le cortège parisien doit rallier les Invalides, en espérant que leurs représentants seront reçus à Matignon.

En plein examen du budget 2020 de la Sécu au Sénat, les débats se polarisent sur la hausse des dépenses de santé, pour l'heure limitée à 2,1% à l'hôpital, quand les grévistes réclament le double.

"Des discussions sont en cours" sur le sujet, mais "elles nécessitent des arbitrages difficiles", a reconnu Mme Buzyn devant les sénateurs.

En face, le ministère de l'Economie a déjà fait savoir qu'une reprise, même partielle, de la dette colossale des hôpitaux publics (30 milliards d'euros) "n'est pas une option envisagée".

Et Bruno Le Maire a prévenu que, "si l'on dépense de l'argent pour l'hôpital", il faudra "trouv(er) des économies en face".

Pour ouvrir le verrou de Bercy, la clé viendra d'Emmanuel Macron, qui estimait fin octobre qu'"il va falloir qu'on remette des moyens, parce qu'il faut qu'on réponde à la souffrance des personnels de santé".

La Fédération hospitalière de France l'a bien compris et réclame "un plan Macron pour sauver l'hôpital".

A trois semaines d'une grève massive dans les transports contre la réforme des retraites, il y a urgence.

Galerie photos
Newsletter
Restez informé ! Recevez des alertes pour être au courant de toutes les dernières actualités.
Réagir à cet article

L'espace des commentaires est ouvert aux inscrits.
Connectez-vous ou créez un compte pour pouvoir commenter cet article.

En direct
Lire les journaux
Petites Annonces
Immobilier
Saint-Jacut-de-la-Mer (22750) sur camping...
Saint-Jacut-de-la-Mer (22750) sur camping... Saint-Jacut-de-la-Mer (22750) 0€ Découvrir
Gouville-sur-Mer, côte ouest Manche (50)...
Gouville-sur-Mer, côte ouest Manche (50)... Gouville-sur-Mer (50560) 275€ Découvrir
MAISON BREHAL
MAISON BREHAL Bréhal (50290) 400€ Découvrir
Maison meublée bail 1 an LOUVIGNY
Maison meublée bail 1 an LOUVIGNY Louvigny (14111) 2 000€ Découvrir
Automobile
Caravane GRUAU Tradition 40 CP
Caravane GRUAU Tradition 40 CP Rouen (76000) 2 500€ Découvrir
Renault Megane
Renault Megane Coutances (50200) 2 000€ Découvrir
Vends Mercedes Classe A
Vends Mercedes Classe A Argences (14370) 29 000€ Découvrir
Tiguan
Tiguan Hérouville-Saint-Clair (14200) 9 900€ Découvrir
Bonnes affaires
Meuble de cuisine
Meuble de cuisine Luc-sur-Mer (14530) 1 000€ Découvrir
salle à manger en merisier complete
salle à manger en merisier complete Luc-sur-Mer (14530) 1 200€ Découvrir
Lit clos breton
Lit clos breton Pleumeur-Bodou (22560) 750€ Découvrir
Vide maison
Vide maison Cauvicourt (14190) 0€ Découvrir
L'application mobile de Tendance Ouest
Inscrivez vous à la newsletter
La météo avec Tendance Ouest
Les pronostics avec Tendance Ouest
Votre horoscope du samedi 18 mai
Les jeux de Tendance Ouest
L'emploi avec Tendance Ouest
Films et horaires dans vos cinémas en Normandie
L'agenda des sorties de Tendance Ouest
Les concerts avec Tendance Ouest
Les replays de Tendance Ouest
L'hôpital descend dans la rue pour réclamer un traitement de choc