Démissions dans les IUT bas-normands : les chefs de départements et les étudiants s'expriment

Vendredi 23 mars 2018, 19 chefs de départements des IUT de Caen (Calvados), Cherbourg (Manche) et d'Alençon (Orne) ont déposé leur démission. La raison ? Ils dénoncent une perte d'autonomie vis à vis de l'université dont ils dépendent.

Démissions dans les IUT bas-normands : les chefs de départements et les étudiants s'expriment

Les chefs des départements dénoncent des marges de manoeuvres réduites. © Arnaud Le Gall

Par Margaux Rousset

Les chefs de départements des IUT se font rarement entendre mais quand ils le font, ça fait du bruit. Vendredi 23 mars 2018, 19 chefs des départements des IUT de Caen (Calvados), Cherbourg (Manche) et d'Alençon (Orne) ont déposé leur démission. "Depuis de nombreuses années, nous voyons notre autonomie vis-à-vis de l'université disparaître, nous avons décidé de faire entendre notre voix", explique Mathilde Divay, chef du département "Technique de commercialisation" à l'IUT de Caen sur le site de Lisieux.

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Marges de manœuvre réduites

Un exemple de cette perte progressive d'autonomie : les IUT doivent signer avec leur université, pour fonctionner, un contrat d'objectifs et de moyens et auquel est adossé un budget propre et "les IUT de Caen, Cherbourg et Alençon n'ont jamais eu ces outils de travail qui sont vraiment très importants et qui sont garants de l'autonomie des IUT au sein de l'université", continue Mathilde Divay.

"Nous avons toujours fait en sorte que la qualité de la formation pour les étudiants soit maintenue mais nous avons besoin d'être très flexibles pour être au plus proche du terrain parce que nous sommes très proches des entreprises, nous avons besoin de faire des investissements et la perte d'autonomie et les diminutions de budget font que les IUT n'ont plus de marges de manœuvre".

Les étudiants inquiets

Les étudiants sont eux aussi inquiets de cette perte d'autonomie et d'une fusion annoncée entre les trois IUT bas normands. "Les étudiants vont être directement impactés. La diminution des budgets et la volonté de l'Université de s'occuper des ressources humaines, à la place de l'IUT, menacent notre formation. De plus, avec un budget de plus en plus limité, notre environnement de travail (les locaux, le matériel informatique…) risque de se dégrader empêchant les étudiants de bénéficier de bonnes conditions de travail. Enfin, avec la fusion des IUT, certaines formations pourraient se regrouper en un même espace géographique, voire être supprimées. L'IUT, qui à l'origine, jouait un rôle d'ascenseur social, ne permettra pas aux enfants de familles modestes d'accéder à ces formations", écrit dans un communiqué Clara Lamache, étudiante à Caen.

Une pétition "pour préserver l'autonomie des IUT" a été postée sur le site change.org et a récolté plus de 1 600 signatures.

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