Ligue des champions: sans Neymar, le PSG qatari en péril?

Sans Neymar et avec la peur du vide: le Paris SG, qui se veut confiant, va devoir éliminer mardi le Real Madrid, double tenant du titre en Ligue des champions, pour s'éviter une crise de croissance (20h45).

Ligue des champions: sans Neymar, le PSG qatari en péril?

L'entrée principale du Parc des Princes, le 7 décembre 2015 © FRANCK FIFE [AFP/Archives]

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. Le match de l'année pour le PSG

Le directeur sportif du PSG, Antero Henrique, a tenté de dédramatiser dans L'Equipe dimanche. "Le match contre le Real est très important, bien sûr. La C1, c'est important pour tout le monde. Mais ce ne sera pas la fin".

Quand même: c'est le match de la saison pour le club de la capitale, battu 3-1 à l'aller en Espagne le 14 février et donc au pied du mur avant de recevoir la formation la plus titrée en Ligue des champions (12 coupes 'aux grandes oreilles').

Malgré l'absence de Neymar, opéré au Brésil de sa cheville et de son pied droit, et alors que l'autre star Kylian Mbappé a été ménagée après avoir été touchée à une cheville, les Parisiens ont fait étalage de leur confiance.

"A domicile, avec nos supporters, on sait comment ça peut aller. Il y a vraiment de la place pour le faire", martèle le défenseur Thomas Meunier. "On peut le faire et on doit le faire". Paris a remporté ses 19 matches à domicile cette saison, avec en moyenne quatre buts marqués par match.

L'Equipe proclame en Une "l'Union sacrée" et le collectif des fans ultras du PSG, le CUP, appelle à la mobilisation générale: "c'est notre devoir à nous, supporters, d'aider notre équipe à déplacer des montagnes". Un SMS vocal du speaker du Parc, Michel Montana, a aussi sonné le rappel des troupes parisiennes. Mot d'ordre: "ensemble, on va le faire".

. Risques sportifs...

Ce serait mieux pour le PSG. Car une nouvelle élimination en huitième de finale, un an après celle de Barcelone (4-0, 1-6), serait un très mauvais signal. Le club parisien, qui clame vouloir gagner la Ligue des champions, restait auparavant sur quatre éliminations en quarts de finale de la reine des compétitions.

Bien sûr, l'absence de Neymar comme le prestige de l'adversaire donnent une autre coloration à une éventuelle élimination. Mais une nouvelle sortie de route pourrait pousser certains joueurs à s'interroger, comme Marco Verratti la saison précédente: sont-ils au bon endroit pour conquérir les titres qui comptent?

Ainsi Neymar, qui a pour objectif de conquérir le Ballon d'Or. Il aura peu de chance de le gagner en sortant de la Ligue des champions dès les huitièmes. Même si Henrique se montre confiant dans L'Equipe - "évidemment que Neymar restera à Paris la saison prochaine" -, une élimination pourrait ébranler le vestiaire parisien.

. ... Comme extra-sportif

Il y aurait aussi des conséquences économiques: les revenus du club seraient moindres qu'avec un tour ou deux de plus.

Or, Paris n'en a pas fini avec le fair-play financier. Le PSG a beaucoup dépensé l'été dernier (plus de 400 millions d'euros pour recruter Mbappé, Neymar, Yuri Berchiche) alors que l'UEFA veut limiter le déficit des clubs à 30 M EUR sur 3 saisons.

Là aussi, Henrique se veut positif. "Aujourd'hui, le niveau du club est extraordinaire. Le côté commercial aussi, il y a beaucoup de revenus (...) Tout est organisé, on sera dans les clous au 30 juin", dit-il dans L'Equipe. Mais en cas de déficit, l'UEFA pourrait sévir.

Les spécialistes exposent enfin que le PSG sert les intérêts géopolitiques du Qatar, son riche propriétaire. L'arrivée de Neymar l'été dernier, en pleine crise diplomatique dans le golfe Persique, avait été perçue comme un coup de maître en terme de communication.

Mais le Brésilien est forfait pour mardi et la situation six mois plus tard offre un contraste cruel avec le club étendard du grand rival géopolitique du Qatar, les Emirats arabes unis. Manchester City survole comme Paris son championnat, la Premier League, mais disputera sauf improbable accident au moins les quarts de finale de C1 après avoir gagné l'aller 4-0 contre Bâle.

Son entraîneur, Pep Guardiola, est incontestable et incontesté, alors qu'Unai Emery, en fin de contrat en juin, est sur la sellette et sous le feu des critiques à Paris. Et surtout City a déjà atteint les demi-finales de la C1 2015-16, après avoir notamment éliminé... le PSG en quarts.

Il reste au PSG 90 minutes pour démontrer qu'"ensemble, on va le faire". C'est-à-dire gagner 2-0. Sinon...

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