Trump vante les guerres commerciales, les alliés des Etats-Unis indignés

Donald Trump a loué vendredi les mérites des "guerres commerciales" après avoir annoncé l'imposition de fortes taxes sur les importations d'acier et d'aluminium aux Etats-Unis, provoquant l'ire de leurs principaux alliés.

Trump vante les guerres commerciales, les alliés des Etats-Unis indignés

Le président américain fait une déclaration sur des taxes imposées sur les importations d'acier et d'aluminium aux Etats-Unis, le 1er mars 2018 à la Maison Blanche, à Washington © MANDEL NGAN [AFP]

Par

"Les guerres commerciales sont bonnes et faciles à gagner", a twitté le président américain à l'aube après avoir affirmé la veille qu'il promulguerait dès "la semaine prochaine" de nouvelles mesures tarifaires. "Et elles seront appliquées pour longtemps", a-t-il souligné.

Le président américain a évoqué des tarifs douaniers de 25% pour l'acier et de 10% pour l'aluminium sans toutefois spécifier quels pays seraient visés.

L'Union européenne "va réagir fermement et proportionnellement pour défendre (ses) intérêts", a rétorqué le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, ajoutant que la Commission présenterait "dans les prochains jours une proposition de contre-mesures contre les Etats-Unis, compatibles avec les règles de l'OMC (Organisation mondiale du commerce), pour rééquilibrer la situation".

M. Juncker a été épaulé vendredi par l'Allemagne. Berlin "rejette" la décision de Donald Trump, a déclaré le porte-parole d'Angela Merkel Steffen Seibert, en soulignant qu'elle ne permettrait "pas de régler le problème des surcapacités mondiales dans la sidérurgie".

Du côté du Canada, premier partenaire commercial de Washington, le ministre du Commerce international, François-Philippe Champagne a prévenu que toute éventuelle taxe douanière imposée par les Etats-Unis serait "inacceptable".

"Vous devrez reconstruire vos industries", a-t-il indiqué à l'intention des industriels, ajoutant que les importations à bas prix aux Etats-Unis "détruisent nos entreprises et nos emplois".

Moscou a pour sa part déclaré "partager la préoccupation" de "nombreuses capitales européennes".

La Chine, premier producteur mondial d'acier mais qui n'en vend que très peu aux Etats-Unis, s'est en revanche abstenue d'évoquer d'éventuelles mesures de rétorsion, se contentant d'appeler les Etats-Unis à "réfréner leur recours à des mesures protectionnistes".

L'annonce américaine intervient alors que Liu He, conseiller économique du président chinois, est en visite à Washington. Il doit rencontrer des responsables de la Maison Blanche mais pas M. Trump, ont indiqué à l'AFP des responsables américains.

Toyota a pour sa part mis en garde contre une augmentation considérable "des prix des voitures et camions vendus en Amérique", si le constructeur japonais n'est plus en mesure d'y importer de l'acier bon marché.

Donald Trump avait en principe jusqu'au 11 avril dans le cas de l'acier et jusqu'au 19 avril dans celui de l'aluminium pour se prononcer sur des mesures visant les importations qu'il accuse d'être subventionnées et écoulées à des prix inférieur à leurs coûts de production (dumping).

L'annonce surprise du président américain a jeté un coup de froid sur les places boursières de la planète. Après une forte baisse de 1,72% à Wall Street, Tokyo a lourdement chuté de 2,50% en clôture vendredi, Hong Kong et les Bourses de Chine continentale accusant également le coup tandis que les places européennes évoluaient en territoire négatif.

Le président de la banque centrale américaine (Fed), Jerome Powell, qui vient de prendre ses fonctions après avoir été nommé par Donald Trump, a également fait part de ses réticences face à l'arme des sanctions commerciales, estimant que "les droits de douane n'étaient pas la meilleure approche" et que "d'une façon générale" les échanges commerciaux avaient "un impact positif" sur l'économie.

Guerre commerciale

L'administration Trump avait dévoilé à la mi-février trois scénarios pour taxer les importations d'aluminium et d'acier, mettant en avant la nécessité de préserver la sécurité nationale et les emplois aux Etats-Unis.

La première option consisterait à taxer l'ensemble des importations de ces deux secteurs jugés stratégiques, la deuxième propose une taxation encore plus lourde envers certains pays, et la troisième verrait la mise en place de quotas, avait expliqué le ministre du Commerce Wilbur Ross.

Dans le détail, une taxe d'au moins 24% est envisagée sur toutes les importations d'acier quel que soit le pays d'origine; ou une taxe d'au moins 53% sur celles provenant de douze pays dont la Chine, la Russie, le Brésil, la Corée du Sud et la Turquie; ou un quota équivalent à 63% des importations provenant de chaque pays sur la base des quantités de 2017.

Les propositions pour l'aluminium sont similaires avec une taxation générale d'au moins 7,7%, ou d'au moins 23,6% sur celles provenant de Chine, Hong-Kong, Russie, Venezuela et Vietnam. L'option du quota serait de 86,7% des importations sur la base de celles de 2017.

Les Etats-Unis sont les plus gros importateurs d'acier au monde.

Les déclarations du président américain réveillent les craintes de guerre commerciale mondiale, notamment avec la Chine, deuxième partenaire commercial des Etats-Unis.

Pourtant, ce pays est loin d'être le principal fournisseur d'acier des Etats-Unis, comptant pour moins de 2% des importations totales. Celles-ci proviennent principalement du Canada (16%), du Brésil (13%) et de la Corée du Sud (10%).

Galerie photos

TOP FRANCE MONDE

CONTENUS SPONSORISES Proposés par Ligatus

COMMENTAIRES