La réforme du Code du travail à nouveau sous la pression de la rue

La réforme du Code du travail à nouveau sous la pression de la rue

Des manifestants lors d'une journée de manifestation contre la réforme du code du Travail le 12 septembre 2017 à Lille © PHILIPPE HUGUEN [AFP/Archives]

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Les opposants à la réforme du droit du travail, CGT et Solidaires en tête, maintiennent la pression, en se mobilisant à nouveau jeudi, à la veille de la présentation des ordonnances en conseil des ministres et deux jours avant la manifestation de La France Insoumise.

Jusqu'à présent, l'exécutif s'est montré inflexible, en martelant que cette promesse du candidat Macron sera un remède contre le "chômage de masse".

"On ne va pas reculer", a insisté la semaine dernière la ministre du Travail Muriel Pénicaud, qui présentera les ordonnances en conseil des ministres vendredi, pour une application quasi immédiate.

Mardi, semblant donner des gages aux organisations syndicales, très remontées contre la réforme, la ministre a annoncé une mission qui devra mettre en oeuvre dix mesures destinées à "accompagner les ordonnances pour aider les syndicats à se développer".

Impopulaire auprès des Français, selon de récents sondages, mais applaudi par le patronat, le texte prévoit, entre autres, de plafonner les indemnités de licenciement prudhommales, de fusionner les instances représentatives du personnel ou de donner la possibilité de négocier sans syndicat dans les entreprises de moins de 50 salariés (sous condition).

Jeudi, la CGT appelle à battre le pavé et faire grève pour dénoncer "les régressions sociales du gouvernement +Macron+". Il y a neuf jours, elle a mobilisé entre 223.000 et 500.000 personnes dans toute la France (chiffre police, chiffre CGT), soit autant que pour la première journée de mobilisation contre la loi travail, en mars 2016.

Philippe Martinez, son secrétaire général, compte sur le "laps de temps" entre la validation des ordonnances et leur promulgation pour "convaincre beaucoup de gens".

Mais la CGT a encore une fois échoué à rallier à sa cause les autres grands syndicats: FO, la CFDT, la CFTC et la CFE-CGC.

Elle aura toutefois à ses côtés Solidaires, l'Unef et la FSU, mais aussi, comme le 12 septembre, des militants de FO, de la CFDT, de la CFTC, de l'Unsa ou de la CFE-CGC, opposées aux lignes de leurs confédérations respectives.

'Catastrophe sociale'

Mobilisation ou concertation avec l'exécutif? Les divergences de vue sur la manière la plus efficace pour infléchir la position du gouvernent créent des tensions aux sein des confédérations.

Dimanche, la fédération métallurgie de la CFDT a exhorté Laurent Berger, numéro un de la CFDT, à appeler à une "mobilisation nationale". De son côté, FO Ile-de-France estime que les ordonnances "sont écrites pour les patrons".

Lundi, des syndicats routiers CFDT et CFTC ont ouvert le bal de la contestation cette semaine, organisant des rassemblements et barrages à Paris et en région.

Pour eux, les ordonnances représentent une "catastrophe sociale" pour la branche, en permettant aux entreprises de moins de 50 ans de déroger à la convention collective, et menacent de hausser le ton s'ils ne sont pas entendus.

La semaine prochaine, les syndicats transports de la CGT et FO doivent prendre le relais, avec une grève reconductible à partir du 25 septembre.

Autre rendez-vous très attendu: la manifestation organisée par La France Insoumise samedi, contre cette réforme, que le mouvement qualifie de "coup d'Etat social".

Jean-Luc Mélenchon, qui caracole en tête des sondages en termes de popularité, à l'inverse d'Emmanuel Macron et Edouard Philippe, espère ainsi "faire reculer" le gouvernement.

Engagé dans des mesures d'économies pour respecter ses engagements budgétaires européens, l'exécutif devra également faire face à des contestations tous azimuts dans les prochains jours, dont une manifestation de retraités le 28 septembre contre la hausse de la CSG, ou encore la mobilisation des fonctionnaires, le 10 octobre.

Jean-Claude Mailly, numéro un de FO, a annoncé lundi qu'il défilera aux côtés des fonctionnaires, pour dénoncer les nombreuses "tensions" qui "s'aggravent" selon lui dans la fonction publique.

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