Royaume-Uni: May reprend les négociations pour un accord de gouvernement

Royaume-Uni: May reprend les négociations pour un accord de gouvernement

Une image de la télévision du Parlement britannique montre Theresa May le 13 juin 2017 à Londres © - [PRU/AFP/Archives]

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La Première ministre britannique Theresa May devait reprendre jeudi les négociations pour retrouver la majorité absolue au Parlement et respecter le calendrier du Brexit, des pourparlers retardés par l'incendie meurtrier la veille à Londres.

Mme May se voit contrainte de courtiser le petit parti nord-irlandais du DUP, dont les dix élus lui permettraient d'atteindre les 326 sièges requis pour avoir le contrôle du Parlement, qu'elle a perdu aux législatives du 8 juin : son Parti conservateur n'a remporté que 318 sièges.

Les discussions "continuent mais je crois que ce qui se passe à Londres aujourd'hui aura probablement un impact", a déclaré à l'AFP un porte-parole du DUP à propos de l'incendie qui a dévasté une tour de logements sociaux, faisant au moins 12 morts et 78 blessés.

Une première rencontre entre Theresa May et Arlene Foster, la dirigeante du DUP, a eu lieu mardi après-midi, sans aboutir à un accord, malgré des échanges qualifiés de "productifs" par la Première ministre.

Arlene Foster a de son côté dit espérer pouvoir parvenir à "une conclusion au plus vite".

Selon des sources au sein du DUP citées par le quotidien The Guardian, l'accord est finalisé à "95%".

L'enjeu est de taille pour Theresa May qui doit au plus vite remettre sa majorité et son gouvernement en ordre de marche pour pouvoir affronter les difficiles négociations de sortie de l'Union européenne, censées commencer lundi, presque un an après le référendum du 23 juin 2016.

Pressée par les dirigeants européens d'avancer sur le dossier, Mme May a assuré mardi à Paris que le calendrier était "maintenu" et que les négociations commenceraient "la semaine prochaine", le président français Emmanuel Macron venant de redire son souhait que ces discussions "démarrent le plus rapidement possible".

Mercredi, Guy Verhofstadt, le référent du Parlement européen sur la question, a estimé sur Twitter qu'il était "temps de (faire) débuter les négociations".

Le DUP courtisé

La perspective d'une alliance avec le DUP - un parti ultra-conservateur opposé au mariage homosexuel et à l'avortement -, suscite des inquiétudes au Royaume-Uni comme en Irlande, où l'on s'interroge sur l'impact d'un tel accord sur le fragile équilibre des pouvoirs en Irlande du Nord.

Le Sinn Féin, la formation historique des nationalistes catholiques, se montre également très attentif à ces négociations. "Ces arrangements sont troublants", a déclaré à l'AFP Michelle Gildernew, l'un des sept membres du parti élus au parlement.

Theresa May a tenté de contenir ces craintes en promettant que son gouvernement serait "absolument loyal" aux engagements pris envers l'Irlande du Nord.

Le sujet pourrait être évoqué jeudi à l'occasion d'une réunion à Downing Street où, selon un porte-parole du gouvernement, ont été invités des responsables des cinq principaux partis nord-irlandais.

Mmes May et Foster pourraient également devoir accorder leurs points de vue sur le Brexit.

La cheffe du gouvernement a en effet prôné jusqu'ici un Brexit "dur", impliquant notamment une sortie du marché unique européen, tandis que le DUP veut éviter le retour d'une frontière physique avec l'Irlande, membre de l'UE.

"Adoucir" le Brexit ?

L'ancien Premier ministre conservateur David Cameron s'est invité dans le débat en estimant, dans le Financial Times, que Mme May allait devoir "adoucir" son approche sur le Brexit et donner plus de responsabilités au Parlement.

Reste qu'en cédant du terrain, elle risque de s'attirer les foudres des partisans purs et durs d'une sortie de l'UE.

A moins qu'elle ne "soit absolument limpide sur le fait qu'elle ne cédera pas d'un pouce et que nous quitterons le marché unique (...), son propre parti se débarrassera d'elle et nous perdrons encore plus de temps", a prévenu Nigel Farage, ancien leader du parti europhobe Ukip.

Du côté des Libéraux-démocrates, leur chef Tim Farron a créé la surprise mercredi soir en annonçant sa démission.

"Etre un leader politique - en particulier d'un parti progressiste et libéral en 2017 - et vivre comme un chrétien engagé en s'en tenant fidèlement aux enseignements de la Bible est devenu impossible pour moi", a écrit ce chrétien évangélique dans un communiqué après avoir été critiqué, au sein même de son parti, pour ses prises de position sur l'homosexualité.

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