A Rouen, Sarah, coach sportive, veut "briser le tabou de l'obésité"

Elle souffle tout juste la première bougie de son entreprise UrbanLMFit. Depuis un an, Sarah Lemarcis accompagne à Rouen (Seine-Maritime) des élèves en surpoids ou obèses pour reprendre pied. Une situation à laquelle sont confrontées près de 3 personnes sur 5 dans l'Eure et la Seine-Maritime.

A Rouen, Sarah, coach sportive, veut "briser le tabou de l'obésité"

Sarah Lermarcis coache les gens en surpoids et obèses pour reprendre le sport et de bonnes habitudes alimentaires

Par Marie-Charlotte Nouvellon

Coach sportif à Rouen (Seine-Maritime), Sarah Lemarcis exerce une activité un peu particulière. Depuis un an, elle accompagne les personnes en surpoids ou obèses vers la reprise d'activité. Pas en proposant du coaching façon téléréalité américaine type "Relooking extrême" mais plutôt "une remise en forme".

Retrouver une bonne hygiène de vie

Avec ses élèves, Sarah établit un programme à base de rééquilibrage des repas et de séances de sport. "J'adapte les exercices selon les profils, et les séances évoluent au fil du temps, détaille la coach. Marche puis footing sur les quais, demi-pompes sur les bancs d'un parc, remonter les escaliers au pas de course... "Je donne des petites techniques que l'on peut reproduire partout. L'idée est que l'on peut y arriver avec juste une paire de baskets".

Une méthode qui a séduit Émilie. A 36 ans, cette mère de famille travaille avec Sarah depuis sept mois. "Quand j'ai commencé, j'avais beaucoup de mal à marcher, j'avais toujours mal au genou, se rappelle-t-elle. Pour la première séance, on a fait 2,5 kilomètres de marche et j'étais au bout de ma vie !" Aujourd'hui, elle a perdu 20 kilos.

Pas de recette miracle donc, mais une démarche raisonnée. Sarah y tient, elle travaille toujours en collaboration avec le médecin traitant. "Le docteur doit être au courant du programme, explique-t-elle. J'attends son accord pour être sûre qu'il n'y ait pas de problème, notamment cardiovasculaire et articulaire".

3 personnes sur 5 en surpoids

Sarah, qui possède une maîtrise en sport avec une spécialité sur l'obésité, se souvient qu' "à la fac, c'est l'une des problématiques dont on nous parle en premier. J'ai aussi beaucoup voyagé et me suis rendue compte que la France est énormément touchée".

La France, et la Normandie en particulier. Dans les départements de l'Eure et de Seine-Maritime, près de trois personnes sur cinq souffrent d'un excès de poids (possédant un Indice de masse corporelle supérieur à 25).

Éviter la chirurgie

Parmi elle, Émilie. Motivée, elle avait pourtant eu du mal à trouver une solution adaptée. "J'avais déjà essayé l'hospitalisation, raconte-t-elle. Le problème c'est que l'on est placé dans un cocon et que l'on arrive plus à se débrouiller tout seul dans le quotidien à la sortie."

"Mais je ne voulais surtout pas me faire opérer", explique-t-elle. Éviter la chirurgie, c'est justement le credo de Sarah. "Cela revient à prendre beaucoup de risques pour quelque chose que l'on peut faire soi-même, assure la coach. Surtout, le corps n'ira pas mieux après. L'obésité c'est comme l'alcoolisme ou le tabagisme, il y a un problème derrière".

Briser le tabou

"On a beaucoup parlé au cours des séances" explique Émilie Une discussion qui permet de dépasser le complexe du surpoids, et le regard des autres souvent lourd à porter. "Quand vous êtes obèse, les gens vous catégorisent, vous n'osez plus sortir, poursuit Sarah. Un jour où l'on s'entrainait sur les quais avec une élève, un monsieur est venue me voir en disant 'Mais pourquoi vous faites ça, il faut pas la faire courir'. Il faut faire changer les mentalités, briser le tabou."

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