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Chanteloup-les-Vignes (France) (AFP). 20 ans après La Haine, Chanteloup-les-Vignes a digéré l'héritage

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Publié le 12/06/2015 à 21h22 - Par Agence France Presse
Chanteloup-les-Vignes (France) (AFP). 20 ans après La Haine, Chanteloup-les-Vignes a digéré l'héritage
Les portraits des poètes Arthur Rimbaud et Charles Baudelaires sont représentés sur les murs d'immeubles de la cité La Noé, le 11 juin 2015 à Chanteloup-les-Vignes (Yvelines) - AFP
"La Haine"? C'est d'abord la gloire éphémère d'une petite cité chaude, puis la honte, ce "boulet" que l'on traîne. Vingt ans après le film choc de Mathieu Kassovitz tourné sur ses terres, Chanteloup-les-Vignes a retrouvé un peu de sa fierté après un long combat pour sortir de son "trou". Une réplique culte: "Jusqu'ici tout va bien. Mais l'important c'est pas la chute, c'est l'atterrissage". Des images léchées en noir et blanc, la mine teigneuse de Vinz (Vincent Cassel) et une lumière crue sur le mal-être des banlieues: il y a 20 ans, un jeune réalisateur posait ses caméras dans cette petite ville des Yvelines, entourée d'une campagne bucolique, la seule qui ait bien voulu de lui. La condition: "Il ne devait pas être spécifié que le film avait été tourné à Chanteloup. Je me méfiais des effets secondaires", se souvient Pierre Cardo, maire de la ville de 1983 à 2009, qui a ouvert ses portes à Kassovitz. A l'époque, Chanteloup sent déjà le soufre, secouée par des émeutes qui lui avaient valu, à l'aube des années 1990, le surnom de "Chicago-en-Yvelines". "On était dans la merde jusqu'au cou", confie l'actuelle maire (DVD), Catherine Arenou: "La ville sort de quelques années de tutelle, puis le film arrive en salles Tout concourait pour qu'on creuse notre trou un peu plus". Tourné en immersion dans la cité de La Noé, "La Haine" raconte 24 heures cruciales de la vie de trois copains désoeuvrés, au lendemain d'une nuit d'émeutes où un de leurs amis a été mortellement blessé en garde à vue. Bâtiments fantomatiques, ennui, trafics, dialogue impossible entre jeunes et police La noirceur du film marque les esprits. Au festival de Cannes puis en salles, c'est un triomphe. - "Aïe, aïe" - Problème: de jeunes figurants conviés à Cannes exultent, dévoilant dans l'euphorie le secret du lieu de tournage. Surtout, le film, qui devait s'appeler "Droit de cité", est rebaptisé "La Haine"Les "Je me suis dit: +aïe, aïe, j'ai une responsabilité dans tout ça, comment la population va réagir?+", relate Pierre Cardo. "Ceux qui cherchaient du travail donnaient une autre adresse", "personne ne voulait venir habiter ici". Rapidement, la ville traîne le film "comme un boulet", abonde Mme Arenou. Elsido Da Veiga, 35 ans, gardien d'immeuble et ancien figurant du film, rapporte, lui, une impression plus nuancée. "Certains trouvaient ça trop négatif, l?histoire plus le titre Ça montrait une zone sans espoir". Mais pour lui, "La Haine" reflétait un "vécu": "On galère, on sait pas quoi faire, y?a les flics". "Ça a sali la ville jusqu'à aujourd'hui", soupire quant à elle Arona Seck, 33 ans, coordinateur des médiateurs de la cité. Une bataille âpre commence alors pour redresser l'image de La Noé, qui assiste par ailleurs à sa lente décrépitude. Dans cette cité pensée par l'architecte Emile Aillaud comme une utopie en vase clos, "les habitants n'osaient plus inviter amis et famille chez eux, tellement ils avaient honte. Ils repeignaient eux-mêmes leur cage d'escalier", souffle la maire. Mais La Noé "était tellement symbolique du malaise des banlieues" que l'Etat y a mis les moyens, analyse-t-elle. Elle est alors l'une des premières à bénéficier du vaste programme de rénovation urbaine lancé en 2003 par Jean-Louis Borloo, alors ministre de la Ville. Enfin, une bouffée d'oxygène. Aujourd'hui, la cité de 7.000 habitants à flanc de colline, surplombée par le village historique de 3.000 âmes, n'a plus grand-chose à voir avec la grisaille de "La Haine". Squares désenclavés, verdure, halls moins propices au deal et au squat "Chanteloup ne fait plus peur", constate l'actuelle maire. Pour preuve selon elle: des promoteurs privés investissent depuis quelques années, des classes moyennes viennent y acheter des logements. - "Les murs ne font pas tout" -
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