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Skopje (AFP). Macédoine: des manifestants prêts à rester dans la rue jusqu'à la démission du 1er ministre

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Skopje (AFP). Macédoine: des manifestants prêts à rester dans la rue jusqu'à la démission du 1er ministre
Le leader de l'opposition macédonienne, Zoran Zaev (c), au milieu de manifestants demandant la démission du Premier ministre, à Skopje le 17 mai 2015 - AFP
Le chef de l'opposition de gauche macédonienne Zoran Zaev a appelé dimanche quelque 20.000 manifestants réunis devant le siège du gouvernement à rester dans la rue jusqu'à la démission du Premier ministre Nikola Gruevski, accusé de corruption et d'écoutes illégales à grande échelle. "Nous allons rester ici devant le gouvernement! Nikola Gruevski doit démissionner. Tant qu'il n'est pas parti, nous n'allons pas quitter les lieux", a lancé M. Zaev à ses militants rassemblés à Skopje. "Rejoignez-nous! Pour vos enfants et pour une Macédoine prospère", a-t-il poursuivi. "Gruevski ! Tes jours sont comptés! Va-t-en!", a-t-il exigé en affirmant parler "au nom de tous, Macédoniens, Albanais, Serbes et toutes les communautés ethniques de Macédoine". Brandissant des drapeaux macédoniens mais aussi albanais, les protestataires regroupés sur un boulevard longeant le bâtiment du gouvernement lui ont répondu en scandant "démission, démission", à l'adresse du Premier ministre qui dirige le pays depuis neuf ans. Selon une source proche de l'opposition ayant requis l'anonymat, le projet n'est pas de conserver sur place toute la foule, mais juste un nombre suffisamment important de manifestants, afin de maintenir la pression sur le gouvernement. "Nous resterons autant qu'il faut, jusqu'à la victoire finale, jusqu'à la démission du Premier ministre", a dit à l'AFP Aleksandar Krstevski, la trentaine, un psychologue venu de Kumanovo (nord). Des manifestations antigouvernementales de moindre ampleur sont organisées depuis des semaines à Skopje, alors que l'opposition dénonce régulièrement des affaires de corruption et de pots-de-vins impliquant le gouvernement. Dès samedi, défiant l'opposition, le Premier ministre conservateur a affirmé qu'il n'entendait aucunement démissionner. Il a ajouté, sans avancer de preuves, que derrière l'opposition se trouvaient des services secrets étrangers. En revanche, trois de ses proches collaborateurs, les ministres de l'Intérieur et des Transports ainsi que le chef des renseignements, ont présenté leur démission. "C'est une man?uvre visant à assurer la survie" du gouvernement Gruevski, a déclaré à l'AFP l'universitaire Muamer Pajaziti, spécialiste des Affaires européennes. "L'opposition et l'opinion publique n'accepteront pas cette solution. Le moment est propice pour un changement mené par l'opposition. Peu à peu, une coalition d'envergure se met en place", a-t-il estimé. - 'Dérive autoritaire et mégalomanie'- De son côté, M. Gruevski a annoncé la tenue d'une manifestation de ses sympathisants, en signe de soutien au pouvoir, lundi soir à 18H00 GMT dans le centre de Skopje. Cette ex-république yougoslave de 2,1 millions habitants à majorité slave, dont un quart d'Albanais, est en proie depuis le début de l'année à une grave crise politique qui oppose les principales formations slaves. Le pouvoir accuse l'opposition d'"espionnage" et de "volonté de déstabiliser le pays". M. Gruevski, chef du gouvernement depuis 2006, et son parti VMRO-DPMNE ont été reconduits au pouvoir pour un mandat de quatre ans lors des législatives anticipées d'avril 2014. Néanmoins, depuis, l'opposition refuse de participer aux travaux du Parlement et dénonce des "fraudes" commises durant le scrutin. Elle accuse également M. Gruevski de dérive autoritaire et de mégalomanie, dénonçant notamment un projet pharaonique d'embellissement de la capitale macédonienne, dont le coût est estimé à des dizaines de millions d'euros dans un pays où 28% de la population est au chômage. Le rassemblement de dimanche intervient une semaine après de violents affrontements entre forces de l'ordre macédoniennes et un commando d'origine albanaise, qui ont fait 18 morts dont huit policiers à Kumanovo (nord). Ces violences ont fait craindre un conflit similaire à 2001, lorsqu'une guérilla albanaise s'était rebellée contre les autorités pour réclamer davantage de droits pour la minorité albanaise dans ce pays balkanique.
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