Élections régionales : quel candidat pour la gauche en 2021 ?

Par F.B

17h50 - 21 octobre 2020

Quel(le) candidat(e) peut aujourd'hui incarner la gauche en Normandie ? À ce jour, rien n'est officiellement décidé. -

La gauche partira-t-elle rassemblée pour les régionales de mars 2021 ? Rien n'est moins sûr. Tour d'horizon des forces en présence.

S'il ne cache pas son intention de briguer un second mandat à la Région en mars 2021, Hervé Morin, président centriste de la Normandie, ignore toutefois encore aujourd'hui qui il aura face à lui. Début octobre, Bastien Recher a été désigné chef de file de Génération.s aux élections régionales. Laëtitia Sanchez devrait quant à elle mener une liste Europe écologie les verts.

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Le Parti socialiste semble, lui, plus à la peine pour trouver un chef de file régional, l'incarnant et le rassemblant. "Cette situation est liée à l'affaiblissement de ses organisations et à l'éparpillement de son électorat d'une part, aux divergences de fond quant à l'idéologie et au programme d'autre part", explique Michel Boivin, politologue.

Bernard Cazeneuve, l'homme providentiel

"Le recours à l'homme providentiel, en l'occurrence Bernard Cazeneuve, n'est pas acquis d'avance." Dans la Manche, les socialistes ont en effet un temps rêvé de l'ancien Premier ministre, selon beaucoup seul Manchois susceptible de mener la liste régionale. "Le seul à même de nous faire gagner", affirmait fin septembre l'un de ses fervents défenseurs. Mais les préoccupations de Bernard Cazeneuve semblent loin de la Normandie. "Je faisais partie de ceux qui pensaient que Bernard Cazeneuve était la bonne personne pour mener une campagne et la gagner, mais il semblerait avec une quasi-certitude qu'il ne sera pas de la partie", concède Gilles Déterville, premier secrétaire du PS dans le Calvados.

En 2015 dans la Manche, c'est le député Stéphane Travert qui avait mené la liste départementale du PS. Depuis, l'ancien ministre de l'Agriculture a rallié LREM, dont il pourrait même être l'un des leaders pour le scrutin régional de 2021. Et quand on l'interroge sur celui ou celle qui pourrait mener la gauche face à Hervé Morin, il répond : "J'ai une idée assez précise, mais je la garde pour moi."

Le retour de Laurent Beauvais ?

L'Ornais Laurent Beauvais, président de l'ex-Région Basse-Normandie de 2008 à 2015, "libre de tout engagement professionnel à la fin de cette année", a lui déposé sa candidature pour être tête de liste départementale. "Ce qui ne veut pas dire qu'il sera tête de liste", précise Vincent Véron, secrétaire du PS de l'Orne. "En fonction des accords, ça pourrait être un écologiste", poursuit-il. "Il y a peu de chance d'un accord avec le PS dès le premier tour", répond pour sa part Pierre Ristic, tête de liste écologiste dans l'Orne, s'appuyant sur les bons résultats d'EELV lors des derniers scrutins.

Le Parti communiste ornais s'en remet, lui, au Seinomarin Sébastien Jumel. Une tentative d'union à gauche pourrait aboutir lors d'un Comité régional, prévu d'ici la fin du mois. "Pas facile, les positions des uns et des autres ne sont pas les mêmes dans les cinq départements", constate Laurent Beauvais.

Vers un report des élections ?

Autre Seinomarin un temps pressenti : Nicolas Mayer-Rossignol, ancien président de la Région Haute-Normandie, candidat défait face à Hervé Morin lors des dernières régionales en 2015. Désormais maire de Rouen et président de la Métropole Rouen Normandie, il ne portera pas la candidature de la gauche pour le scrutin de mars prochain. Celui qui est toujours conseiller régional d'opposition ne cache toutefois pas que des "discussions sont en cours" pour désigner un candidat. Mais peu se pressent dans la région rouennaise pour se positionner. Christophe Bouillon, ancien député socialiste de la cinquième circonscription (qui a choisi de quitter le palais Bourbon pour devenir maire de Barentin), est espéré par certains, tant il est vu comme une solide figure socialiste. Pour autant, l'intéressé s'implique fortement dans sa commune et ses nouvelles fonctions. Pas sûr qu'il se lance à nouveau dans une campagne électorale.

Sur le territoire du Havre, ils sont plusieurs à souhaiter une union de la gauche dès le premier tour, dont le leader des socialistes, Mathieu Brasse. Mais rien n'est acté selon lui. Alexis Deck, secrétaire du groupe EELV au Havre, soutient en toute logique la candidature de Lætitia Sanchez, quand Laurent Logiou (Génération.s), ancien vice-président de la Région, défend la candidature du Caennais Bastien Recher. Dernière hypothèse au Havre : le communiste Jean-Paul Lecoq, député et élu d'opposition à la Ville. Mais son entourage assure qu'il n'est pas intéressé par un mandat à la Région, lui qui a déjà été vice-président.

Dans l'Eure, enfin, les discussions vont bon train "avec toutes les formations", indique Timour Veyri, premier secrétaire du PS. "Toutes les sensibilités doivent pouvoir se retrouver dans le projet et dans la liste", poursuit-il. Lui comme les autres représentants de la gauche régionale bénéficieront-ils d'un délai supplémentaire pour désigner leur chef de file ? Ce mercredi 21 octobre, Richard Ferrand, président LREM de l'Assemblée nationale, a indiqué qu'il souhaitait un report des élections régionales, mais aussi départementales (également prévues en mars 2021), en raison du contexte sanitaire.

Pour ce scrutin, les listes régionales sont composées de sections départementales. Il s'agit d'un scrutin de liste proportionnel à deux tours.

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