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Paris (AFP). Hollande prononce lundi son premier grand discours sur l'immigration

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Paris (AFP). Hollande prononce lundi son premier grand discours sur l'immigration
François Hollande reçoit des enfants lors de la présentation du sapin de Noël de l'Elysée, le 12 décembre 2014 à Paris - Pool/AFP
Deux ans et demi après son élection, François Hollande prononce lundi son premier grand discours sur l'immigration, face aux "vents mauvais" du repli identitaire dénoncé par historiens et associations. Le président inaugurera du même coup le Musée de l'histoire de l'immigration, un lieu au destin mouvementé qui n'a jamais connu d'inauguration officielle depuis son ouverture en 2007. L'idée n'est pas de faire des annonces, avertit-on à l'Elysée, mais d'affirmer "le symbole" d'un président venant souligner l'aspect positif de l'immigration. "En parlant de l'immigration, on parle de notre pays", explique-t-on dans l'entourage de François Hollande, en relevant que la France est une terre d'immigration "continue, liée au travail et à l'Histoire". Pour les associations toutefois, cette intervention est tardive. "On attendait un grand discours à la nation au lendemain de l'élection, un peu comme Obama l'avait fait, sur la fierté d'être français", déplore Alain Jakubowicz, le président de la Licra, qui s'inquiète d'une ambiance "déliquescente" dans le pays. A l'Elysée, on souligne que le président réfléchit à une telle prise de parole depuis 2012 et qu'il "a tissé un fil pendant deux ans" sur le sujet, lors de ses discours, par exemple à la Grande mosquée de Paris. Mais le climat s'est crispé ces dernières années. L'intervention de François Hollande a lieu une semaine après que le gouvernement a déclaré la lutte contre le racisme et l'antisémitisme "cause nationale", dans le sillage de l'agression antisémite d'un couple juif à Créteil. Les associations reconnaissent la difficulté à s'exprimer sur le sujet clivant de l'immigration. Le gouvernement doit déjà essuyer des critiques à droite sur son projet de réforme du droit d'asile, qui a été soumis cette semaine à l'Assemblée nationale. Un second texte, portant sur le droit des étrangers, risque lui aussi de déclencher des critiques lors de son examen au printemps, notamment sur la mise en place de titres de séjour pluriannuels. Dans ce cadre, la question du droit de vote des étrangers, que certains responsables du PS et du PRG ont récemment voulu relancer dans le débat, risque de trouver peu d'écho. - "Geste symbolique fort" - Le droit de vote des étrangers non communautaires pour les élections locales est un serpent de mer de la vie politique depuis plus de 30 ans. Il figurait dans les 60 engagements de campagne du candidat Hollande en 2012, mais cette réforme nécessiterait une révision de la Constitution, ce qui ne peut se faire que par référendum ou avec une majorité des 3/5e au Parlement. M. Hollande, qui ne dispose pas de cette majorité et a exclu un référendum, ne devrait donc pas se risquer sur ce terrain lundi. Reste que, "dans une situation de vents mauvais", son discours constitue "un geste symbolique fort", affirme l'historien Benjamin Stora, président du Conseil d'orientation du musée. "C'est un fait que les hommes politiques, les intellectuels se sont désintéressés" du sujet, estime-t-il, en jugeant qu'"il faut inverser le courant, rassurer sur les capacités de la France" à affronter les défis de la mondialisation. De ce point de vue, l'inauguration du musée devrait constituer "un geste très fort, apportant le soutien politique et la légitimité qui ont manqué dès le début", estime Luc Gruson, son directeur général. Installé dans le Palais de la Porte Dorée, construit à l'occasion de l'exposition coloniale de 1931, le musée de l'immigration a en effet connu une histoire agitée. Sa création avait été envisagée dès les années 1990 pour souligner les apports des migrants à la société française, et portée par Lionel Jospin puis Jacques Chirac. Mais la "Cité nationale de l'Histoire de l'immigration" n'avait finalement ouvert qu'après l'élection de Nicolas Sarkozy à la présidence (2007), en pleine polémique autour d'un projet de loi sur la maîtrise de l'immigration. Des universitaires avaient démissionné des instances de la Cité et, en 2009, le ministre de l'Immigration Eric Besson y avait été chahuté. En 2010, l'occupation par des centaines de sans-papiers avait achevé de brouiller son image.
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