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A Caen aussi, la cigarette électronique se cherche une place

L’actualité secoue ces temps-ci le marché de la cigarette électronique. Qu'en est-il à Caen ?

A Caen aussi, la cigarette électronique se cherche une place

Après François Digard, le maire de Saint-Lô, qui a signé un arrêté à la mi-novembre pour l’interdire “dans tous les lieux publics et professionnels affectés à un usage collectif et dans tous les moyens de transport en commun, dépendants de la collectivité”, le tribunal de Toulouse a pris à son tour une décision qui pourrait faire date. Lundi 9 décembre, il a conclu que la vente de cigarettes électroniques doit relever de la législation sur le tabac, et qu’elle constitue une concurrence déloyale envers les buralistes.

Depuis plusieurs semaines, le débat sur son utilisation s’est installé à Caen, première ville de l’Hexagone à avoir compter une boutique lui étant entièrement dédiée. Deux ans après, la capitale bas-normande en compte cinq. “Pour l’heure, il n’est pas question de l’interdire dans les lieux publics”, fait savoir la municipalité caennaise. “Il n’y a pas de débat à avoir. Nous appliquons la loi et actuellement la loi n’en interdit pas l’utilisation dans les lieux publics.” Pour l’heure, un vide juridique entoure ce nouvel objet.

Une e-cigarette ne produit pas de fumée

Sur le terrain, son utilisation semble très occasionnelle. “Nous commencerions à envisager de l’interdire si nos clients s’en plaignaient ce qui n’est pas du tout le cas”, souligne David Sevestre, gérant du restaurant La Boucherie sur le quai de Juillet. “Et puis les vapoteurs sont peu nombreux et quand ils sortent leur cigarette, ils se font très discrets.”

La vapeur d’eau produite lors de son utilisation ne provoque pas les mêmes gênes que celles d’une cigarette classique. Elle génère une fumée artificielle qui n’est en rien le fruit d’une combustion. Le nuage se disperse en quelques secondes et n’affecte en rien la santé des personnes qui se trouvent autour. Seuls les parfums utilisés peuvent surprendre et déranger les personnes se trouvant autour du consommateur, notamment dans les restaurants. Pour les défenseurs les plus farouches de la cigarette électronique, il n’est pas légitime de la comparer à une cigarette traditionnelle puisqu’il ne s’agit ni de tabac, ni de fumée.

Respecter l’entourage

Dans leur boutique Smoke’In de la place Saint-Jean, Loïc Burgund et Stephen Mariette constatent une tendance à la hausse du nombre d’utilisateurs. “Nous sommes entrés dans une phase dans laquelle les personnes qui ont arrêté de fumer grâce à la cigarette électronique communiquent beaucoup autour d’eux et nous envoient donc des clients potentiels.” Ils confirment ne pas avoir entendu parler d’un patron de bar, de boîte de nuit ou de restaurant à Caen, interdisant l’utilisation d’une cigarette électronique dans leur établissement. “La seule gêne qu’on nous rapporte, et elle est parfaitement compréhensible, c’est au cinéma, quand un spectateur confortablement assis dans son fauteuil voit alors un nuage s’élevait devant lui et lui obstruer l’accès visuel à l’écran.”

Les deux jeunes commerçants ne se disent pas surpris par l’arrêté pris à Saint-Lô le mois dernier. “La cigarette électronique doit aider ceux qui l’utilisent à arrêter de fumer, tout en respectant leur entourage.” Entre les études en cours au sujet de l’effet sur la santé des liquides consommés, la jurisprudence qu’elle provoque et sa place dans l’espace public, le débat est loin d’être clos.

Repères
E-cigarette >  Composée d’une batterie, d’un microprocesseur et d’un pulvérisateur, elle est alimentée par un liquide pouvant contenir de la nicotine et des arômes.
Caen > Le premier magasin spécialisé dans la cigarette électronique à avoir ouvert en France est caennais. Il s’agit de Tom Clop, rue Saint-Martin, en avril 2010.  
Cinq > S’il existe cinq boutiques spécialisées à Caen, des bars vendent également des e-cigarettes comme Le Khédive de la rue St-Jean ou Le Maryland de la rue de Geôle.
Justice > A Toulouse le 9 décembre dernier, la justice a ordonné à un vendeur spécialisé de cesser de vendre des e-cigarettes. Motif : concurrence déloyale vis-à-vis d’un buraliste. Dans le Calvados, le président des débitants de tabac, Christian Seuret, ne cache pas sa satisfaction. Ecoutez-le :

Cigarette électronique

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