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Caen perd ses écoliers

Caen voit fondre régulièrement depuis quinze ans le nombre de ses habitants et de ses effectifs scolaires.

Caen perd ses écoliers
Les jeunes couples désertent le coeur de ville, trop cher, et préfèrent la périphérie caennaise où les terrains, les impôts et le locatif sont moins onéreux. En 1995, la ville comptait    9 381 élèves dans le premier degré : 3 838 en maternelle et 5 543 en élémentaire. Leur nombre a chuté cette année à 6 460 : 2 691 en maternelle et 3 769 en élémentaire.
Conséquences directes : en 1995, les Caennais bénéficiaient de 67 écoles. Aujourd’hui, elles ne sont plus  que 54. La ville comptait 425 classes il y a quinze ans. Aujourd’hui, ce chiffre s’élève à 284. Et la trentaine d’établissements qui accueillent deux ou trois classes sont beaucoup plus nombreux qu’en 1995.
La récente fusion des écoles Françoise Dolto et Nicolas Copernic dans le quartier de la Pierre Heuzé, pour constituer le groupe scolaire Léopold Senghor, témoigne de cette diminution des effectifs. Elle a finalement été bien acceptée par les parents d’élèves et les enseignants au demeurant réticents. A la dernière rentrée, la création du groupe scolaire Malfilâtre-Aubert dans la ville voisine d’Hérouville-Saint-Clair a fini également par obtenir l’adhésion de tous. “Il y a une satisfaction générale”, assure Nathalie Hauchard Seguin, secrétaire générale de l’Inspection académique.
“Ce phénomène n’est pas particulier à Caen, il frappe  tout le Calvados et la région. 60% des écoles accueillent moins de cinq classes”, rappelle Jean-René Vicet, l’Inspecteur d’Académie. “En fonction des flux migratoires et des naissances, tous les ans il y a des ouvertures de classe, des fermetures. Cela crée des instabilités locales. En concertation avec les élus, nous nous employons à faire évoluer l’offre de scolarisation”.
L’Inspection Académique s’est donc associée à la Ville de Caen pour réfléchir et procéder à la création de pôles de scolarisation, c’est-à-dire à des regroupements scolaires. Car d’autres écoles caennaises ont de très petits effectifs. C’est le cas par exemple aux écoles maternelles Robert Doisneau et Venelle aux champs ou encore à l’école Jean racine (lire ci-dessous).

“Redessiner la carte scolaire”
Jean-René Vicet estime qu’il ne faut toutefois pas “systématiser” ces regroupements. “Il faut étudier chaque situation au cas par cas et surtout associer la population”. A la mairie de Caen, on épouse la même vision. “Il n’est pas possible d’accepter dans une ville de 100 000 habitants des classes à deux ou à trois niveaux”, souligne le député-maire Philippe Duron. La municipalité prépare donc son projet éducatif afin de “construire l’école du XXIe siècle et améliorer l’offre éducative”.  L’objectif est de repenser totalement le réseau scolaire caennais. D’autant plus que des disparités importantes sont apparues depuis plusieurs années entre les secteurs.
“Il faudra sans doute créer des écoles dans les nouveaux quartiers comme Beaulieu ou celui de la Presqu’île”, conclut le maire.


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