Portée par trois comédiens, cette pièce intitulée Les Flamboyantes et imaginée par Jalie Barcilon explore les secrets de famille et ses incidences sous la forme d'une fable contemporaine.
Retour de flamme
Tout commence avec Anaïs, 12 ans et demi qui vient de perdre sa grand-mère originaire d'Egypte. Elle exhume dans la cave des objets ayant appartenu à son arrière-grand-mère nommée Victoria. On lui interdit d'y toucher car la famille considère ces objets comme maudits, mais, dans une crise de colère, elle casse un bougeoir et fait apparaître le spectre de Victoria, qui a toujours été rejetée par sa famille et vient exiger réparation.
"La pièce se nomme ainsi parce que le fantôme de Victoria refait surface par cette chandelle et aussi en référence à l'arbre égyptien du même nom", précise Jalie Barcilon. Dans cette pièce qui brise le tabou familial, la metteuse en scène évoque les liens familiaux et les racines : "C'est aussi un titre volontairement contradictoire, car le souvenir de Victoria a été effacé par la famille, cette histoire permet de la réhabiliter et de faire à nouveau scintiller son souvenir."
L'histoire commence de manière tout à fait réaliste. "Le cadre de vie de la famille est un HLM de banlieue, mais petit à petit le fantastique s'insinue dans la narration", présente Jalie Barcilon. La maman d'Anaïs souffre d'une profonde mélancolie et ce conte moderne va permettre d'exhumer les sources de son mal-être. Alors que se brise le chandelier, apparaissent ensemble le spectre de Victoria et un sphinx. "Le sphinx est l'acolyte de Victoria. C'est un gardien, il fait écho au monde des morts, c'est un passeur et c'est aussi celui qui pose les questions. Ces énigmes vont faire grandir Anaïs."
Une histoire vraie et une enquête bien réelle
Cette histoire prend sa source dans les racines familiales de Jalie Barcilon. "Ma sœur a essuyé de nombreux échecs amoureux, et, alors qu'elle consulte un magnétiseur, elle s'entend dire qu'elle subissait en fait une malédiction familiale lancée par cette aïeule délaissée par la famille. Ma sœur croit en la magie et moi aux symboles : c'est ce qui m'a inspirée pour la pièce."
C'est ainsi que la metteuse en scène part sur les traces de la véritable Victoria, menant une enquête en interrogeant les membres de sa famille qui lui dressent un portrait terrible de son ancêtre : "Chassée par la politique de Nasser (président égyptien de 1954 à sa mort), la famille fuit l'Egypte en 1956 laissant derrière eux Victoria. J'ai voulu savoir pourquoi." La pièce accessible dès 9 ans encourage les familles d'exilés à se souvenir de leurs ancêtres, de leur culture et de leur langue et de ne pas renier leurs origines.
Pratique. Vendredi 30 janvier à 19h. Espace Marc Sangnier, Mont-Saint-Aignan. Tarifs : de 1€ à 10€. Tel. 02 79 18 99 00.
Envie d'afficher votre publicité ?
Contactez-nousEnvie d'afficher votre publicité ?
Contactez-nous
L'espace des commentaires est ouvert aux inscrits.
Connectez-vous ou créez un compte pour pouvoir commenter cet article.