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Caen. Condamné pour harcèlement : Antony, une vie de divorcé au tribunal

Tribunal. Scène de la vie "ordinaire" au tribunal : Antony est poursuivi pour harcèlement. "Je regrette. Je demande pardon."

Caen. Condamné pour harcèlement : Antony, une vie de divorcé au tribunal
Antony à la sortie du tribunal de Caen qui l'a condamné à deux mois de prison avec sursis pour avoir harcelé son ex-femme, la mère de ses deux enfants. "Je regrette ce que j'ai fait. Je lui ai demandé pardon.". En sortant du tribunal, l'ancien peintre en bâtiment s'est confié sur ce qu'était sa vie.

C'est un jour d'audience "ordinaire", au premier étage du palais de justice de Caen. Peu de monde, mais tout de même quelques prévenus qui passent en file indienne devant la Présidente, chevelure bouclée, le visage protégé par son masque, les yeux cachés derrière ses verres de lunettes aux fines montures.

Antony T. s'est avancé, il s'appuie sur deux béquilles, le pied gauche dans le plâtre. Il est accusé de harcèlement envers son ex-femme, la mère de ses enfants. Il lui a envoyé plein de textos, des injures, des menaces. N., infirmière, a demandé le divorce qui a été prononcé il y a plusieurs années déjà et elle a porté plainte. Le couple est séparé. N. vit à la campagne pas loin de Caen. Lui a trouvé un appartement en ville, à la périphérie, "cinquante mètres carrés, ça me change de la grande et belle maison que nous avions avant".

Antony ne voit plus ses deux enfants - un garçon, une fille - depuis novembre 1997. "C'est pour cela que vous vous êtes vengé ? Expliquez-vous", lui demande la Présidente. Il peine à trouver ses mots. "Quand on fait cela, c'est qu'il y a une raison. Insulter, menacer, traiter de tous les noms quelqu'un, ça ne se fait pas. Moi, j'attends une explication", insiste la juge.

"Notre première rencontre amoureuse à… la Mare aux Diables !"

Alors, d'une voix de plus en plus assurée, Antony, 45 ans, de grands yeux bleus, raconte sa vie, le pourquoi du comment, les injures qu'il n'aurait jamais dû écrire sur son portable, les menaces pour la mère de L., 12 ans, et d'E., 8 ans. "Je ne sais pas ce qu'il m'a pris. J'étais comme un lion en cage à cause du confinement. Je n'aurais jamais dû faire cela. Les gens qui me connaissent le savent : je suis un bon garçon. Tout cela est derrière moi."
Derrière lui, il y a une vie où il a été heureux, sa rencontre avec N. qui deviendra sa femme : "On s'est rencontrés en boîte de nuit, la Mare aux Diables. On s'est papouillés un peu et on a fini par se marier."

Le bonheur avant, c'est la naissance de ses enfants et puis le boulot qu'il aimait tant, mais qu'il n'a plus à cause d'un tendon qui le fait souffrir au bras droit. Il est inapte à ce qui fut autrefois son métier : peintre en bâtiment pendant 27 ans, comme le fut son père Daniel, décédé à 51 ans, qui lui a appris le métier. "J'ai commencé tout gamin. J'étais heureux de pouvoir faire ce boulot-là." Antony a grandi dans une famille de six enfants. Sa maman, Danielle, est à la retraite, elle s'occupait de personnes âgées.

Aujourd'hui, Antony essaye de retrouver un travail, mais ce n'est pas facile : "Je suis en reconversion professionnelle." C'est l'association "Revivre" qui l'accompagne dans sa réinsertion : un temps, il fut chauffeur livreur pour une entreprise qui récupérait le vieux pain chez les boulangers, mais "elle va fermer". Il aide aussi les enfants à traverser le passage clouté à la sortie des écoles.

Antony dit aujourd'hui prendre conscience du mal qu'il a fait subir à son ex-femme. "Je regrette, je lui ai écrit pour lui demander pardon mais elle ne m'a pas répondu." C'est la première fois qu'il se retrouvait devant le tribunal. "Quand le procureur m'a dit que je risquais la cabane, je me suis dit que ça devenait sérieux." Finalement, le tribunal l'a condamné à deux mois de prison avec sursis et 300 € d'indemnisation pour son ex-épouse. Le voyant marcher avec des béquilles, la Présidente du tribunal, curieuse, lui a demandé ce qui lui était arrivé. "L'autre jour, en faisant mes courses chez Lidl, une employée qui rangeait les rayons m'est tombée dessus, elle m'a fracturé le pied ! J'ai eu le malheur d'être là au mauvais endroit au mauvais moment." La juge a esquissé un sourire…

À la sortie, il jure qu'on ne l'y reprendra pas. "Le divorce, c'est quelque chose de très cruel à vivre. C'est terrible le mal que cela peut faire. J'ai trois amis qui se sont pendus à cause de cela. Moi, je suis toujours debout."

Il est reparti à cloche-pied. Sa mère l'attendait à la sortie.

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2 commentaires

Li15/11/2021 - 09h25

1.
OK, la vie a été dure avec lui. Mais s'il a fallu qu'elle porte plainte et aille au procès pour qu il prenne conscience, tant mieux pour lui. Parce que c'est pas allé plus loin. Parce qu'il a pas fait pire.
Si sa vie a lui ne se résume pas à sa culpabilité de harceleur c'est quand même à cause de ça qu'il est au tribunal, c'est pas pour rien. Marre des coupables qui se posent en victimes de la loi...

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VD14/11/2021 - 19h04

Je ne comprends pas l’intérêt de cet article. Un divorce est dur pour les deux parties. Tout le monde ne termine pas au tribunal accusé d’harcèlement envers son ex conjoint.
Il faudrait dans ce cas la parole de son ex femme qui a subi les insultes et le harcèlement. Dans ce procès, elle est victime.

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