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Dernier jour au procès des attentats de janvier 2015, verdict mercredi

France-Monde. Trois mois et demi après son ouverture, le procès des attentats de janvier 2015 touche lundi à sa fin, avec les ultimes plaidoiries de la défense et les derniers mots des accusés avant que la cour ne se retire pour délibérer jusqu'à mercredi.

Dernier jour au procès des attentats de janvier 2015, verdict mercredi
La cour au Tribunal de Paris lors du procès des attentats de janvier 2015, le 16 septembre 2020 - Benoit PEYRUCQ [AFP/Archives]

Il ne reste plus que quelques heures aux avocats pour convaincre les cinq magistrats professionnels qui composent la cour d'assises spéciale de Paris de ne pas suivre les lourdes réquisitions du parquet national antiterroriste contre leurs clients.

Mardi dernier, des peines de cinq ans de prison à la réclusion criminelle à perpétuité ont été réclamées à l'encontre des 14 accusés soupçonnés d'avoir assisté les auteurs des attentats contre Charlie Hebdo, une policière municipale à Montrouge et le magasin Hyper Cacher.

Aux avocats généraux qui les ont qualifiés de "cheville ouvrière" des attaques des frères Saïd et Chérif Kouachi et Amédy Coulibaly, la défense a répondu en dénonçant un dossier "friable" et "vide" de preuves.

Lundi, les avocats de Mohamed Fares et Mickaël Nezar Pastor Alwatik, contre lesquels respectivement sept et vingt ans de prison ont été requis, devraient s'engouffrer à leur tour dans les zones d'ombre de l'instruction.

Des zones d'ombre "assumées" par le parquet, qui en a rejeté la faute sur l'attitude et les déclarations contradictoires des accusés, pour la plupart jugés pour avoir recherché ou fourni des armes au trio jihadiste.

La façon dont cet arsenal a transité puis atterri entre les mains des terroristes reste peu claire, et les longs débats n'auront pas permis d'obtenir toutes les réponses.

Les enquêteurs ont identifié deux "filières" d'acheminement des armes retrouvées en possession de Coulibaly: l'une "belgo-ardennaise", l'autre "lilloise".

Plusieurs déplacements entre Paris, Lille et la Belgique ont ainsi été mis à jour à l'aide de la téléphonie, clé de voûte de l'accusation. Quelques traces ADN ont également été découvertes, notamment sur deux armes d'Amedy Coulibaly, celles de son ancien codétenu Mickaël Nezar Pastor Alwatik.

Verdict mercredi

Selon l'accusation, cet homme "radicalisé" et à la personnalité "trouble" connaissait les projets du tueur de l'Hyper Cacher. Pour Mohamed Fares, également soupçonné d'avoir recherché des armes, "des doutes" persistent sur sa connaissance de leur "destination", ont fait valoir les avocats généraux.

Âgés de 29 à 68 ans et jusque-là jamais condamnés pour terrorisme, les onze accusés présents - trois sont jugés par défaut, dont la compagne en fuite d'Amédy Coulibaly, Hayat Boumeddiene - ont toujours dit ignorer "l'engagement jihadiste" des auteurs des attaques.

Leurs avocats ont demandé à la cour de ne pas céder au "besoin de combler le vide" et de rechercher "coûte que coûte" des coupables pour pallier l'absence des frères Kouachi et d'Amédy Coulibaly, abattus par les forces de sécurité après leurs attaques qui ont fait 17 morts et créé un électrochoc dans le monde entier.

Au terme des dernières plaidoiries de la défense, la parole sera donnée aux onze accusés, point final de 54 jours d'audience. La cour partira ensuite délibérer et doit rendre son verdict mercredi après-midi.

Quelque 200 personnes, dont des survivants des attaques et les proches des victimes, se sont constituées parties civiles au procès, est intégralement filmé pour les archives, une première en matière de terrorisme.

Depuis le 2 septembre, 150 témoins et experts se sont succédé devant la cour d'assises spéciale pour ce procès aussi marquant que chaotique.

Il a été suspendu plus d'un mois après que le principal accusé, Ali Riza Polat, qui encourt la perpétuité pour "complicité" de crimes terroristes, a été testé positif au Covid-19 puis victime de complications médicales.

L'actualité est également venue percuter les débats, avec l'attentat commis près des anciens locaux de Charlie Hebdo, puis la décapitation du professeur d'histoire-géographie Samuel Paty, qui avait montré à ses élèves les caricatures de Mahomet publiées par l'hebdomadaire satirique.

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