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Rouen. 2 000 euros d'amende requis contre le gendarme qui a renversé trois Gilets jaunes

Faits Divers. L'homme qui a renversé trois Gilets jaunes lors d'une manifestation était jugé par le tribunal correctionnel, mardi 8 décembre.

Rouen. 2 000 euros d'amende requis contre le gendarme qui a renversé trois Gilets jaunes
Le prévenu dit avoir pris peur et pris la fuite avant de percuter trois manifestants. La décision du tribunal sera rendue le 4 janvier 2021 (Illustration) - dr

Les faits remontent au mois de février 2019, lors d'une manifestation de Gilets jaunes. Le cortège de manifestants, étiré, déambulait sur le mont Riboudet à Rouen, en direction des Docks. Le prévenu de 30 ans, un gendarme hors service à l'époque, désormais agent administratif dans un hôpital, circulait en voiture avec sa conjointe et son bébé d'un mois. Arrivé d'une rue adjacente, il cherche à traverser le cortège avec son véhicule lorsqu'il est, indique-t-il, pris à partie par des manifestants. Il sort alors de son véhicule, pris "de peur", pour indiquer "qu'il y a son bébé d'un mois dans la voiture". Des enregistrements vidéo montrent pourtant qu'il interroge les manifestants sur les dégâts causés à son véhicule quasi neuf. La tension monte. Des manifestants le somment de partir avant que la situation ne dégénère, comme l'indiquent plusieurs témoignages. Le prévenu remonte dans son véhicule et démarre "en trombe", comme le précisent là encore de nombreux témoins. Dans sa course, le break va percuter trois personnes, toutes parties civiles lors du procès du mardi 8 décembre 2020. L'un écope de 15 jours d'incapacité totale de travailler, l'autre de cinq semaines et le dernier de six mois pour de multiples fractures. Chacune des trois victimes a perdu connaissance sur le moment, sous la violence du choc. "J'ai pris peur pour ma femme et mon bébé", explique le prévenu lors de l'audience, tout en reconnaissant qu'il a sans doute "aggravé la situation lorsqu'il est sorti du véhicule". Sa fenêtre étant ouverte, il affirme qu'il "baissait parfois la tête" pour éviter des projectiles et qu'il n'a pas vu les victimes qu'il a renversées. Certains témoins diront même qu'il a peut-être cherché à les éviter.

Des blessures involontaires

Au terme de l'enquête, le ministère public qualifie en tout cas les faits en "blessures involontaires par conducteur de véhicule terrestre". "On ne sait pas comment on aurait réagi face à cette situation", appuie le procureur lors de son réquisitoire. Le ministère public a estimé qu'il n'y avait aucune intention de commettre volontairement ces violences avant de requérir 2 000 euros d'amende et huit mois de suspension de permis à l'encontre du prévenu.

Un point de vue appuyé par Laurent-Franck Lienard, l'avocat du prévenu, qui évoque un "péril imminent pour un bébé d'un mois" et le côté animal et instinctif de l'action de son client.

Les conseils des parties civiles insistent de leur côté sur le choc subi par leur client. "On peut s'interroger sur la qualification des faits. C'est réduit à une infraction routière assez banale qui tranche avec la gravité des blessures", estime Chloé Chalot, l'avocate de l'une des victimes.

Ces avocates réclament des dédommagements au civil, notamment pour la prise en charge d'une partie des frais de santé ou encore pour l'indemnisation de biens abîmés lors des chocs, comme des vêtements ou un téléphone portable.

La décision du tribunal a été mise en délibéré au 4 janvier 2021.

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