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Hommage national à Samuel Paty, sept personnes présentées à un juge antiterroriste

France-Monde. La France rend mercredi un hommage national à Samuel Paty à la Sorbonne, alors que sept personnes sont présentées dans la journée à un juge antiterroriste en vue d'éventuelles mises en examen après l'assassinat sauvage de l'enseignant de 47 ans.

Hommage national à Samuel Paty, sept personnes présentées à un juge antiterroriste
Des collègues et des proches de Samuel Paty lors d'une marche blanche en sa mémoire à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines) le 20 octobre 2020 - Bertrand GUAY [AFP]

Le procureur national antiterroriste Jean-François Ricard doit dévoiler à 15H00 les dernières avancées de l'enquête qui cherche à établir si l'assaillant, Abdoullakh Anzorov, a bénéficié de complicités avant de perpétrer cet attentat qui a soulevé une vague d'émotion dans le pays.

Parmi les suspects déférés devant la justice figure le parent d'élève qui avait appelé à la mobilisation après un cours sur la liberté d'expression dispensé par Samuel Paty les 5 et 6 octobre, pendant lesquels avaient été montrées des caricatures de Mahomet.

Les enquêteurs antiterroristes s'intéressent notamment à des messages échangés sur WhatsApp entre ce père de famille et l'assaillant, un réfugié russe tchétchène de 18 ans tué par la police peu après l'attentat.

Le sulfureux militant islamiste Abdelhakim Sefrioui, qui avait accompagné le parent d'élève dans sa mobilisation, sera également présenté à un juge ainsi que deux mineurs, soupçonnés d'avoir reçu de l'argent de l'assaillant en échange de renseignements sur la victime.

Trois amis de l'assaillant, qui s'étaient livrés spontanément au commissariat d'Evreux vendredi soir, doivent aussi être entendus par un juge.

Légion d'honneur

Plus tard dans la journée, le chef de l'Etat présidera un hommage rendu à M. Paty en présence de 400 invités dont une centaine d'élèves d'établissements d'Ile-de-France. La cérémonie débutera à 19h30 dans la cour de la Sorbonne, lieu symbolique de l'esprit des Lumières et de l'enseignement.

Selon l'Elysée, le président Emmanuel Macron devrait arriver un peu avant pour remettre la Légion d'honneur à titre posthume à l'enseignant, en présence de sa famille.

Après l'arrivée du cercueil, un chant sera interprété par l'orchestre de la Garde républicaine et deux textes seront lus par des élèves et des enseignants. Le chef de l'Etat prononcera ensuite un bref discours, suivi d'une minute de silence en hommage au professeur d'histoire-géographie.

Sa mémoire a été saluée tout au long de la journée de mardi: des milliers de personnes ont participé à une marche blanche à Conflans-Sainte-Honorine pour dire non "à la barbarie". Et l'ensemble des députés ont observé une minute de silence, réunis sur les marches du Palais Bourbon.

En Nouvelle-Calédonie, deux hommages ont été rendus mercredi à l'enseignant assassiné, lors d'une cérémonie officielle dans un collège puis à l'occasion d'un rassemblement citoyen, à l'initiative de la Ligue des droits de l'homme.

Une minute de silence sera par ailleurs observée durant les compétitions sportives professionnelles du prochain week-end.

BarakaCity dans le collimateur

Parallèlement, l'exécutif continue son offensive tous azimuts contre les personnes et structures soupçonnées d'accointances avec l'islamisme radical.

"Il ne s'agit pas de faire de nouvelles déclarations (...) ce sont des actes qui sont attendus par nos concitoyens. Ces actes s'intensifieront", a déclaré le chef de l'Etat mardi soir, avant d'annoncer la dissolution du collectif pro-palestinien Cheikh Yassine, fondé par M. Sefrioui, qui doit être actée mercredi en Conseil des ministres.

Le ministre de l'Intérieur a par ailleurs officiellement engagé une procédure de dissolution visant l'ONG humanitaire BarakaCity en raison de messages de son président qui peuvent, selon les autorisées, être "caractérisés comme apologiques d'actes de terrorisme".

L'association, qui a cinq jours pour faire parvenir ses observations, a dénoncé une "mesure arbitraire" et "l'indigence des motifs" invoqués par l'administration.

La fermeture de la mosquée de Pantin (Seine-Saint-Denis), épinglée par les autorités pour avoir relayé une des vidéos dénonçant le cours sur les caricatures de Samuel Paty, doit être effective mercredi soir malgré les protestations des fidèles.

Mardi soir sur BFMTV, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a justifié l'ensemble de ces mesures en assurant que c'était la première fois à Conflans-Sainte-Honorine que "l'islam politique a(vait) mené directement à un attentat".

Il a également mis en avant la persistance de la menace terroriste en faisant valoir que "la question n'est pas de savoir s'il va y avoir un attentat, mais quand".

Gérald Darmanin a par ailleurs déposé plainte mercredi pour "diffamation publique envers la police nationale" après la publication sur un blog hébergé par Mediapart d'un texte accusant la police de "barbarie" pour avoir "exécuté" l'assassin de Samuel Paty. Contacté par l'AFP, le site d'informations n'a pas souhaité réagir dans l'immédiat.

bur-jt-gd-leb/jt/cbn

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