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Rouen. Lubrizol : la colère des maires face à la gestion de la crise

Le préfet de Seine-Maritime a répondu, lundi 30 septembre 2019, devant le conseil métropolitain, aux maires qui ont été particulièrement critiques sur sa gestion de la crise. Plusieurs centaines de militants réclamaient pendant ce temps la vérité, devant les portes du H2O.

Rouen. Lubrizol : la colère des maires face à la gestion de la crise
Le préfet a été largement bousculé par des élus locaux, frustrés de ne pas être davantage informés. - Pierre Durand-Gratian

Ses explications étaient attendues. Elles n'ont que partiellement convaincu. Le préfet de Seine-Maritime, Pierre-André Durand, est intervenu devant le conseil métropolitain, lundi 30 septembre 2019, où il a essuyé un flot quasi continu de critiques pour son manque de communication, au plus fort de la crise, avec les maires. Tension qui s'est assez vite ressentie lors du propos liminaire du préfet, suffisamment long pour bien "poser le contexte", mais trop long pour certains élus qui se sont vite fait entendre. "On a des questions à vous poser", lance l'un d'eux en l'interrompant. Dehors, plusieurs centaines de militants tentaient d'entrer dans le conseil pour participer aux débats, mais ils ont été tenus à distance par les forces de l'ordre.

Plusieurs centaines de militants ont demandé la transparence, devant le conseil métropolitain. - Pierre Durand-Gratian

La police a dû s'interposer entre les militants et le conseil métropolitain. - Pierre Durand-Gratian

C'est Mélanie Boulanger, la maire de Canteleu, qui sera la première à lancer les hostilités. "Pourquoi avons-nous été informés si tard ?", questionne-t-elle en affirmant, comme ses collègues, ne pas avoir reçu de consigne avant 14h, soit près de douze heures après le début de l'incendie. "Nous avons dû attendre votre conférence de presse en direct sur les chaînes nationales pour avoir un peu d'infos", renchérit David Lamiray, maire de Maromme.

"On a été abandonnés"

Tous réclament un suivi environnemental et de santé sur la durée, après la catastrophe industrielle, à l'image d'Hubert Wulfranc pour le parti communiste français (PCF), qui soutient l'ouverture d'une commission d'enquête parlementaire. "Nous n'avons été conviés à aucune réunion de crise, reçu aucun appel des pompiers et de la police, s'insurge Dominique Gambier, maire de Déville-lès-Rouen. On a été abandonnés. Je ne comprends pas votre gestion de la crise, sur l'information et la cohérence territoriale". En réponse, le préfet a admis qu'il y avait des "marges de progression" sur la gestion de la crise, tant "au niveau national que local". Il plaide pour des réunions avec les maires pour un retour d'expérience, et a assuré qu'il reviendrait devant le conseil de la Métropole pour informer les élus de la progression du dossier.

Sur le fond, le préfet a de nouveau été épinglé sur l'utilisation, très tôt, du terme de "toxicité aiguë", qui a pu être trompeur. "Il y avait une marge entre ça et être en sécurité", a estimé Cyrille Moreau, pour le groupe Europe écologie - les verts (EELV). Et de critiquer le choix du préfet de déclencher si tard les sirènes, cinq heures après le début du sinistre. L'écologiste plaide également pour un principe de précaution plus large. Par ailleurs, la Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement (DREAL) a confirmé que deux autorisations de stockage supplémentaires pour 240 fûts avaient été accordées à Lubrizol, sans contrôle environnemental, mais "cela n'a rien à voir avec l'incendie".

Concernant la pollution, le résultat des analyses doit être bientôt connu pour ce qui est de l'amiante. Des traces de benzène ont bien été relevées à proximité du site de Lubrizol. La DREAL annonce aussi que des études ont été lancées "sur le milieu naturel pour voir notamment si la faune fait l'objet d'une mortalité particulière". Sur le site, 1 000 fûts de stockage doivent encore être mis en sécurité. Parmi eux, 160 contiennent un produit qui, échauffé, génère du mercaptan et, possiblement, de l'hydrogène sulfuré, deux produits très malodorants et dangereux pour la santé. La mise en sécurité de ces fûts est la priorité du moment sur le site, pour stopper les odeurs. Par ailleurs, 42 m3 de polluants huileux avaient été pompés dans la Seine, lundi soir, par les équipes spécialisées.

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