Présidence catalane: Puigdemont renonce et désigne un successeur

Présidence catalane: Puigdemont renonce et désigne un successeur

Photo archive du 7 avril 2018 montrant le leader indépendantiste catalan Carles Puigdemont au cours d'une conférence de presse à Berlin © John MACDOUGALL [AFP/Archives]

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Le dirigeant indépendantiste catalan Carles Puigdemont a annoncé jeudi d'Allemagne qu'il renonçait à redevenir président de Catalogne et a désigné un nouveau venu en politique, Quim Torra, pour être candidat à sa succession.

"Notre groupe propose le camarade député (catalan) Quim Torra à la présidence de la Généralité", l'exécutif de cette région du nord-est de l'Espagne, a déclaré M. Puigdemont dans un enregistrement vidéo, proposant que cet éditeur de 55 ans tente d'être investi par le parlement dans les prochains jours.

Quim Torra, natif de la ville catalane de Blanes sur la Costa Brava, a récemment fait son entrée en politique.

Après avoir rejoint la liste dite "du président" Puigdemont en tant que personnalité indépendante, il avait été élu en décembre au parlement régional où les indépendantistes avaient conservé la majorité des sièges.

Dans un spot électoral diffusé avant le scrutin, lui-même s'était présenté aux électeurs en disant : "je suis avocat, éditeur, et j'ai travaillé toute ma vie pour la liberté de mon pays", sous-entendu la Catalogne.

Suspense judiciaire pour Puigdemont

Mercredi, le gouvernement espagnol de Mariano Rajoy était intervenu pour barrer la route à une réélection de l'ex-président indépendantiste de Catalogne, forçant les séparatistes à présenter un nouveau candidat s'ils voulaient enfin former un gouvernement.

Le Conseil des ministres avait saisi la Cour constitutionnelle pour qu'elle annule une loi votée la semaine dernière au Parlement catalan, censée permettre d'investir en son absence M. Puigdemont, installé hors d'Espagne depuis la sécession mort-née.

"L'intolérance et le manque de respect de l'Etat envers la volonté des citoyens de Catalogne sont apparus clairement aux yeux du monde", a dénoncé M. Puigdemont dans son discours, en incitant le prochain exécutif régional à bâtir un pays indépendant.

Il avait triomphé le 21 décembre aux élections régionales convoquées par Madrid quand sa liste avait réuni le plus de voix dans le camp indépendantiste. En l'absence d'élection d'un nouveau président d'ici le 22 mai, les Catalans seraient automatiquement rappelés aux urnes.

En revanche, l'élection d'un président qui formerait son gouvernement leur permettrait de se libérer de la tutelle de Madrid, imposée après la vaine proclamation de la République catalane le 27 octobre.

Carles Puigdemont se trouve quant à lui en Allemagne dans l'attente d'une éventuelle extradition vers l'Espagne, qui voudrait le juger pour "rébellion" et "détournement de fonds publics".

Son arrestation par surprise en Allemagne fin mars, alors qu'il était en route vers la Belgique où il s'était installé, a certes tourné à son avantage début avril quand un tribunal allemand l'a remis en liberté, en rejetant l'accusation de "rébellion" formulée par l'Espagne.

Mais reste à savoir ce que va décider finalement le tribunal allemand qui examine la demande d'extradition de Madrid.

Les indépendantistes catalans n'avaient jusqu'ici proposé à la présidence de la région que des candidats dont la justice avait bloqué l'investiture.

Outre M. Puigdemont, ils avaient proposé les candidatures de Jordi Sanchez et Jordi Turull, tous deux incarcérés, mais la justice avait refusé de les laisser sortir de prison pour se présenter à un débat d'investiture.

Tous sont poursuivis pour "rébellion" pour leur rôle dans la tentative de sécession de cette riche région de 7,5 millions d'habitants du nord-est de l'Espagne.

Le débat d'investiture de Quim Torra devrait se tenir en début de semaine prochaine à Barcelone.

Le candidat peut en principe compter sur une majorité au parlement régional, grâce aux soutiens du parti conservateur indépendantiste Ensemble pour la Catalogne et de l'autre grande formation séparatiste, Gauche républicaine, de l'ancien vice-président catalan Oriol Junqueras, détenu depuis six mois.

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