Migrants : l'Italie s'en prend à l'Autriche, l'UE propose un plan

Migrants : l'Italie s'en prend à l'Autriche, l'UE propose un plan

Des policiers déployés au col du Brenner, à la frontière entre l'Autriche et l'Italie, au cours de manifestations contre les frontières, le 24 avril 2016 en Autriche © [AFP/Archives]

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Le gouvernement italien a convoqué l'ambassadeur d'Autriche après la menace de ce pays d'envoyer l'armée contrôler la frontière avec l'Italie, soumise à une pression migratoire qui a poussé l'Union européenne à annoncer un nouveau plan d'action.

Selon le dernier bilan diffusé mardi par l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), plus de 100.000 migrants sont arrivés cette année sur les côtes du sud de l'Europe, dont plus de 85.000 en Italie, tandis qu'au moins 2.247 sont morts ou ont disparu en mer.

La situation est également difficile en Espagne, où les gardes-côtes redoutaient mardi qu'il y ait eu une cinquantaine de disparus après avoir retrouvé trois survivants épuisés sur un canot.

En Italie, la dernière vague de 10.000 arrivées en quelques jours, couplée avec un net revers du Parti démocrate (PD, centre gauche, au pouvoir) aux municipales partielles, en particulier dans les communes accueillant des migrants, a provoqué un électrochoc au sein du gouvernement.

Après avoir menacé de fermer ses ports aux navires de secours étrangers, le gouvernement a très vivement réagi mardi à l'annonce lundi soir d'un projet autrichien d'envoyer des soldats contrôler le col frontalier du Brenner.

Le ministère italien des Affaires étrangères a convoqué l'ambassadeur d'Autriche à Rome et le ministre de l'Intérieur, Marco Minniti, s'est fendu d'une déclaration sévère, assurant qu'il n'y avait "aucune situation d'urgence" à la frontière.

"Il s'agit d'une initiative injustifiée et sans précédent qui, si elle n'est pas immédiatement corrigée, aura inévitablement des répercussions sur la coopération des deux pays en matière de sécurité", a-t-il menacé.

L'Autriche a rétabli fin 2015 les contrôles à sa frontière avec la Hongrie et s'était dite prête l'année dernière à faire de même avec l'Italie, même si en raison des contrôles effectués en amont, la pression à cette frontière est bien moins forte qu'à Vintimille (vers la France) et à Côme (vers la Suisse).

Selon Helmut Tomac, le chef de la police de la région autrichienne du Tyrol, frontalière du territoire italien, de 15 à 25 migrants sont interceptés chaque jour et environ 40 le week-end.

'Chacun pour soi'

Mais l'Autriche est en campagne électorale en vue de législatives anticipées du 15 octobre, pendant lesquelles la politique migratoire et les questions d'intégration devraient être des thèmes importants.

En Italie aussi, des élections législatives sont prévues au plus tard pour le printemps 2018, et même si les récentes arrivées n'ont rien d'exceptionnel, la fermeture des frontières au nord bloque de plus en plus de migrants dans la péninsule : l'Italie a enregistré 60.000 demandes d'asile de janvier à mai, 50% de plus que sur la même période en 2016.

"Maintenant, ça suffit", s'est exclamé mardi sur Facebook Luigi di Maio, l'un des responsables du Mouvement 5 étoiles (M5S, populiste), qui fait jeu égal dans les sondages avec le PD.

"Sur la question des migrants, aujourd'hui l'Europe est définitivement morte : la France et l'Espagne menacent de fermer les ports, l'Autriche de déployer l'armée au Brenner. L'Europe +prix Nobel de la paix+ montre son vrai visage : en cas de besoin, chacun pour soi", a-t-il dénoncé.

La Commission européenne a pourtant présenté mardi un nouveau plan d'action pour voler au secours de Rome, avec 46 millions d'euros pour renforcer les autorités libyennes et une enveloppe supplémentaire de 35 millions d'euros d'aide à l'Italie.

Ce plan sera discuté jeudi à Tallinn au cours d'une réunion informelle des ministres de l'Intérieur des pays de l'UE, tout comme celui en six points préparé dimanche par les ministres français, allemand et italien.

En tête des six points, un projet de code de conduite pour les ONG de secours en mer a provoqué de vives réactions de ces organisations humanitaires. "De la poudre aux yeux" pour masquer l'impuissance de l'UE à assumer ses responsabilités, a dénoncé Médecins sans frontières.

A Rome, le pape François est de nouveau intervenu sur cette question dans un message adressé à "infomigrants.net", un site internet destiné aux migrants inauguré fin mars par des médias européens.

Il a salué "tous ceux qui, institutions, associations et individus, s'ouvrent avec sagesse au complexe phénomène migratoire avec des interventions de soutien adéquates, témoignant des valeurs humaines et chrétiennes qui sont à la base de la civilisation européenne".

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