Le journaliste français Stephan Villeneuve et son confrère Bakhtiyar Addad tués en Irak

Le journaliste français Stephan Villeneuve et son confrère Bakhtiyar Addad tués en Irak

Le journaliste français Stephan Villeneuve et son confrère irakien Bakhtiyar Addad sont morts lundi à Mossoul en Irak après l'explosion d'une mine, alors qu'ils préparaient un reportage pour "Envoyé spécial" © LIONEL BONAVENTURE [AFP/Archives]

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Le journaliste français Stephan Villeneuve et son confrère irakien Bakhtiyar Addad sont morts lundi à Mossoul en Irak après l'explosion d'une mine, alors qu'ils préparaient un reportage pour "Envoyé spécial".

Le reporter d'images français, âgé de 48 ans, et qui avait couvert de nombreux conflits à travers le monde, suivait l'armée irakienne dans la bataille pour reconquérir la deuxième ville d'Irak des mains du groupe Etat islamique (EI). Ils étaient dans des quartiers tenus par l'EI dans la vieille ville de Mossoul quand un engin artisanal a explosé, selon Reporters sans frontières.

Leur "fixeur" irakien Bakhtiyar Addad, 41 ans, qui travaillait pour plusieurs médias dont France Télévisions, a aussi été tué dans l'explosion.

La journaliste Véronique Robert, qui travaillait avec Stephan Villeneuve pour la société #5 bis Productions, est grièvement blessée et a été prise en charge dans l'hôpital d'une base militaire américaine située au sud de Mossoul.

L'Elysée a annoncé mardi que Stephan Villeneuve allait être fait chevalier de la Légion d'honneur à titre posthume. La ministre de la Culture Françoise Nyssen s'est déclarée sur Twitter "profondément attristée par le décès du journaliste". "Mes pensées vont à sa famille et aux équipes de France Télévisions", a-t-elle ajouté.

"La direction et les équipes de France Télévisions s'associent à la douleur de sa compagne Sophie, de ses quatre enfants, de sa famille et de tous ses proches. Elles leur présentent leurs plus sincères condoléances", a indiqué la direction de l'information de France Télévisions dans un communiqué envoyé dans la nuit à l'AFP.

Des professionnels "aguerris"

"Ce n'était pas des têtes brûlées mais des gens très expérimentés qu'on a envoyés en Irak", a déclaré Jean-Pierre Canet, le rédacteur en chef d'"Envoyé Spécial", sur France Inter. "Très aguerris, ils faisaient leur boulot aussi professionnellement que discrètement".

Le journaliste kurde, qui travaillait pour de nombreux médias français avait été soigné l'année dernière en France après avoir été blessé à la main par un sniper lors d'un reportage dans la ville de Falloujah, selon RSF.

"C'est un grand homme qui est parti hier (...) Sans des gens comme Bakhtiyar, on n'a pas d'information indépendante", a souligné Jean-Pierre Canet.

Samuel Forey, un troisième journaliste français qui accompagnait Stephan Villeneuve et Véronique Robert, a été blessé légèrement. Il travaille pour plusieurs médias dont Le Figaro, Télérama et Les Inrocks.

"Je vais bien. Je suis immensément triste pour Bakhtiyar et mes confrères. Merci de ne pas me solliciter ces prochains jours", a-t-il écrit sur son compte Twitter.

L'Irak est l'un des Etats les plus meurtriers au monde pour les journalistes. Selon RSF, en comptant ces deux décès, le conflit en Irak a fait 28 morts depuis 2014 parmi les journalistes professionnels ou non.

Avant le décès de Bakhtiyar Addad et Stephan Villeneuve, RSF avait recensé trois journalistés tués depuis le début de la bataille de Mossoul en octobre 2016. En outre, les combattants du groupe Etat islamiques détiennent toujours 10 journalistes et collaborateurs des médias, tous des Irakiens, depuis maintenant près de deux ans, rappelle l'organisation.

Une collecte de fonds sur internet a été ouverte pour la famille et les proches de Bakhtiyar Addad.

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