[Notre dossier] À Rouen, les jeunes médecins s'ouvrent sur le monde

[Notre dossier] À Rouen, les jeunes médecins s'ouvrent sur le monde

Au bloc opératoire, les étudiants en médecine présentent chaque étape de la chirurgie pour rassurer les enfants.

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Par : Marie-Charlotte Nouvellon

À Rouen (Seine-Maritime), les étudiants en médecine veulent casser l'image d'une profession qui cultive l'entre-soi. Ils multiplient les initiatives de pédagogie et de communication pour s'ouvrir progressivement sur le monde.

Blouse blanche et stéthoscope au cou, Anne-Charlotte, étudiante en deuxième année de médecine, est aujourd'hui chef de service de l'hôpital des nounours. Pendant une semaine, du lundi 21 au vendredi 24 mars 2017, la fac de médecine accueille en effet des patients un peu particuliers : les doudous des élèves des écoles maternelles de Rouen (Seine-Maritime).

Scanner en carton, échographe pour peluche et bloc opératoire miniature... Tout y est pour que les enfants soient plongés en douceur dans l'univers médical. "Je n'étais jamais allé à l'hôpital de ma vie, confie Noa. Son nounours vient d'être opéré "parce qu'il avait une sucette dans le ventre" et il trouve que "c'est vraiment magique, il n'a plus mal du tout".

Apprendre à communiquer

Un peu de magie et beaucoup de pédagogie pour "faire tomber l'angoisse devant la blouse blanche", explique Anne-Charlotte. "Pour nous aussi, c'est très formateur au niveau communication, complète Anne-Flore, étudiante en troisième année. Certains enfants ne parlent pas du tout en arrivant, il faut réussi à les débloquer. Avec eux, on ne peut pas être timide, et ce sera la même chose plus tard dans le cadre professionnel."

Car communiquer avec le patient, ça s'apprend aussi. "On observe souvent que les médecins se sont mis à l'écart du reste du monde, reconnaît Samuel Leroy, médecin au CHU de Rouen et intervenant à la fac. L'idée que seuls les médecins peuvent apprendre aux médecins a été longtemps entretenue".

Cette fracture sociale, la nouvelle génération veut la dépasser. "La grande majorité des étudiants sont preneurs d'ouverture, de rencontre", assure le médecin. Et certains se sont même fédérés dans une association Ciel mon serment !, qui veut "casser ces barrières souvent inutiles". Parmi eux, Paul Potel, qui explique avoir besoin "d'enseignements différents".

Des patients simulés pour mieux échanger

Et c'est dans les cours de communication de la fac, qui proposent des cas pratiques face à des patients simulés, qu'il a en partie trouvé la réponse. Organisés depuis trois ans, ils sont optionnels mais rencontrent un vrai succès auprès des étudiants. "Dans l'échange que l'on a ensuite ensemble, on peut exprimer ce que l'on a vécu dans la situation, c'est essentiel", témoigne l'étudiant.

"En médecine, il y a beaucoup de théorie. Mais quand ils se retrouvent sur le terrain, qu'ils ne sont pas dans une situation A où on apporte une solution B, les étudiants sont perdus, explique Camille Saint-Martin, l'un des comédiens qui anime l'atelier. Là, ils ont droit à l'erreur." C'est aussi pour eux l'occasion de se glisser dans la peau des patients et de constater "qu'une fois allongée sur la table, on ne voit plus les choses de la même façon", explique Samuel Leroy.

C'est dans ces ateliers qu'un jour, Paul se retrouve à jouer le médecin qui annonce la mort de son mari à sa femme. Une situation qu'il a déjà traversé lors d'une garde. En face de lui, Jeanne Gogny, comédienne, comprend alors que ces étudiants ont un vrai besoin d'évacuer. "Quand on est face à un jeune médecin, on n'est pas dans du cinéma mais dans quelque chose de potentiellement vrai", explique-t-elle.

Sortir du cadre de l'hôpital

De cette initiative en découlent alors beaucoup d'autres. Ciel Mon Serment ! ambitionne notamment de fournir aux patients simulés une vraie formation. Une initiative qui pourrait séduire le Medical Training Center, le tout nouveau centre formation médicale du CHU.

L'association propose également des cours de théâtre à part entière, "des moments de détente et de parole, avec plus de légèreté" détaille Jeanne Gogny. Une démarche salutaire pour Paul qui assure "qu'une fois que l'on est étudiant en médecine, il n'y a plus que ça. Ce genre d'initiative permet de s'ouvrir à autre chose, à l'extérieur".

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Réactions

LEMELLE Audrey

28 mars 2017 , 14:20
Bonjour, j'ai appris ce jour que ma filleul avait apparu dans votre journal de jeudi 23 suite à sa visite à l'hôpital des doudous. Je pense avoir retrouvé l'article mais il n'y a pas cette photo. Est-il possible d'avoir une édition papier où sont ils tous distribué ? Merci de votre réponse. Cordialement.
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Tendance Ouest

30 mars 2017 , 09:12
Bonjour, Vous pouvez consulter le journal en ligne ici : http://liseuse.lanewscompany.com/index.php?id=6535&idx=77fcc28a1adb646f6e60a4c9173094557772e71d#1 Ou bien prendre contact avec notre rédaction à Rouen pour obtenir un exemplaire papier : 30 avenue de la République, tél. 02 35 98 28 25
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