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"Penelopegate": ce que l'on sait sur l'enquête qui plombe la campagne de Fillon

Fictifs ou réels? L'enquête sur les emplois de Penelope Fillon, notamment comme assistante parlementaire de son mari, avance rapidement mais la ligne de défense de François Fillon semble mise à mal par de nouvelles révélations.

"Penelopegate": ce que l'on sait sur l'enquête qui plombe la campagne de Fillon
François Fillon et sa femme Penelope arrivent à un meeting de campagne à Paris le 29 janvier 2017 - Eric FEFERBERG [POOL/AFP/Archives]

Une embauche confirmée

Ces faits ne sont pas contestés: l'épouse du candidat de la droite à la présidentielle a bien été salariée comme assistante parlementaire de François Fillon, comme l'a révélé Le Canard enchaîné depuis le 25 janvier.

Les contrats de travail de Penelope Fillon ont été saisis par les enquêteurs, lors d'une perquisition mardi à l'Assemblée nationale, selon une source proche de l'enquête. "Tout ce qui était demandé" par le parquet et les policiers de l'office anticorruption "a été trouvé, et remis", assure une source parlementaire.

D'après le Canard, la première embauche remonte à 1988, jusqu'en 1990. François Fillon engage à nouveau son épouse après sa réélection de 1997, et son suppléant Marc Joulaud en fait autant en 2002, lorsque le député de la Sarthe intègre le gouvernement, et jusqu'en 2007. Quand l'ex-Premier ministre retrouve les bancs de l'Assemblée comme député de Paris après cinq années à Matignon, en 2012, son épouse reprend aussi son emploi d'assistante, jusqu'en 2013.

En tout, l'hebdomadaire chiffre sa rémunération parlementaire à 831.440 euros brut.

Penelope Fillon a également été rémunérée par La Revue des Deux Mondes, propriété du PDG de Fimalac Marc Ladreit de Lacharrière, ami du candidat, pour 100.000 euros brut au total en 2012-2013, rapporte le Canard.

Et deux enfants du couple ont été les assistants parlementaires de François Fillon lorsqu'il était sénateur en 2005-2007 -- selon le journal pour 83.735 euros en tout.

Fictifs ou réels?

L'enquête pour détournement de fonds publics, abus de biens sociaux et recel, ouverte par le parquet national financier dès les premières révélations, porte sur la réalité du travail effectué ou pas par la discrète Galloise, sans profession connue jusque-là.

Les enquêteurs recherchent donc les traces de ce travail. On sait que Penelope Fillon ne disposait pas de badge d'entrée ni d'adresse électronique au format de l'Assemblée -- mais c'est le cas de nombre de collaborateurs basés en circonscription, observent des sources parlementaires. La défense du ténor de la droite souligne d'ailleurs qu'elle était censée "faire remonter" la "voix de la Sarthe" auprès de son mari, la permanence de député étant "à leur domicile" sarthois.

Mais les déclarations passées de l'intéressée ne facilitent pas sa défense. France 2 a ainsi retrouvé un entretien réalisé en 2007 par le journal britannique Sunday Telegraph dans lequel l'épouse de celui qui venait d'accéder à Matignon affirme: "Je n'ai jamais été l'assistante de mon mari", selon la journaliste Elise Lucet qui le diffusera jeudi soir dans "Envoyé spécial".

Une enquête au pas de charge

Depuis une semaine, les enquêteurs enchaînent les auditions des principaux acteurs de l'affaire, notamment les époux Fillon, Marc Joulaud ou encore Marc Ladreit de Lacharrière. Des témoins ont aussi été entendus, comme l'ex-directeur de La Revue des Deux Mondes ou Christine Kelly, biographe de François Fillon.

Parmi les auditions attendues, celles des enfants du couple qui ont été rémunérés par l'ex-sénateur et intéressent donc aussi les enquêteurs.

Et après la perquisitions à l'Assemblée, des documents pourraient être saisis au Sénat dans les prochains jours.

Encore quinze jours?

"On a quinze jours à tenir" en attendant "les résultats de cette enquête", a lancé mercredi à ses troupes le candidat de la droite, accusant le "pouvoir" de mener un "coup d'Etat institutionnel". A-t-il eu des assurances de la part des enquêteurs sur la rapidité des investigations du parquet? Quoi qu'il en soit, une fois celles-ci terminées, il peut soit classer le dossier sans suite, soit renvoyer directement un ou des suspects devant un tribunal ou encore confier l'enquête à des juges d'instruction, ce qui en retarderait le dénouement.

Mais la capacité de François Fillon à "tenir" est remise en cause jusque dans les rangs de la droite, où certaines voix s'élèvent pour lui demander de se retirer et où les "plans B" s'échafaudent en coulisses pour le remplacer à la présidentielle.

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