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Vivarte cède André et Naf Naf et supprime des centaines de postes

Le groupe Vivarte (La Halle, Caroll...), engagé dans un vaste plan de restructuration, va finalement, selon les syndicats, se séparer du chausseur André, sa marque historique, et de Naf Naf, tandis que 700 à 800 postes seront supprimés à La Halle aux chaussures.

Vivarte cède André et Naf Naf et supprime des centaines de postes
La cession d'André (135 magasins, 786 salariés), est redoutée par les syndicats - GEORGES GOBET [AFP/Archives]

Les représentants de l'intersyndicale seront reçus mercredi au ministère du Travail par la ministre Myriam El Khomri et le secrétaire d'État chargé de l'industrie, Christophe Sirugue.

La cession d'André (135 magasins, 786 salariés), redoutée par les syndicats, a été annoncée mardi lors d'un comité central d'entreprise (CCE) extraordinaire à Paris.

L'enseigne sera mise en vente dès mercredi et un repreneur, dont le nom n'a pas été précisé aux représentants des salariés, a été trouvé, selon les annonces faites en CCE, ont précisé les sources syndicales.

La mise en vente de Naf Naf (865 salariés) a aussi été annoncée mardi. La veille, en comité de groupe, Vivarte avait évoqué le projet de céder "certaines enseignes", sans préciser lesquelles.

L'été dernier, le groupe en difficultés avait déjà fait savoir que Pataugas, Kookaï et Chevignon seraient vendus. Pour la CFDT, en ajoutant Naf Naf dans la corbeille, la direction entend faciliter la vente.

Vivarte s'est déjà séparé de la Compagnie vosgienne de la chaussure (CVC), Défi Mode et Accessoires Diffusion.

Interrogée par l'AFP, la direction s'est refusée à tout commentaire.

Devant les craintes des représentants du personnel quant à l'avenir d'André, depuis l'annonce en septembre de la fermeture programmée de 55 magasins sur cinq ans, la direction du groupe avait démenti, début janvier, toute velléité de vente de la marque de chaussures.

Avec cette cession, Vivarte, qui jusqu'au début des années 2000 s'appelait Groupe André, se sépare de son enseigne historique.

Le distributeur et fabricant français issu de la "Manufacture nancéenne de chaussures" créée en 1896, avait commencé à s'étendre à la fin des années 1970, en rachetant les magasins Minelli puis en se diversifiant dans le vêtement avec Caroll ou Kookaï...

Une dette de 1,5 milliard

Outre des cessions, le groupe table pour se redresser sur une sévère restructuration de la Halle aux chaussures, qui a enregistré sur les deux derniers exercices un résultat net négatif cumulé de 100 millions d'euros.

Un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE), avec une phase de départs volontaires, a été annoncé lundi pour cette enseigne. Avec à la clé la fermeture sèche de 141 points de vente (sur 650), ainsi que la fusion de 41 autres avec des magasins La Halle, selon la CGT. En septembre, 97 fermetures de magasins avaient été programmées.

Les sièges des deux enseignes (La Halle aux chaussures et La Halle) vont aussi fusionner. Soit au total plus de 730 postes supprimés à La Halle aux chaussures, selon la CGT, environ 800, selon la CFDT, qui évoque la fermeture de 133 à 140 magasins.

Les deux sièges emploient actuellement quelque 520 salariés. Pour cette fusion, la direction passera aussi par un plan de départs volontaires, sans "aucun licenciement", qui concernerait au total 149 salariés, dont 70 à la Halle. Mais les syndicats craignent le double.

Un autre PSE est prévu chez Vivarte Services (240 salariés), avec une phase de départs volontaires, pour "adapter" l'organisation à la réduction du périmètre du groupe, avec l'objectif de 6 millions d'euros d'économies par an.

Ce nouveau plan de restructuration fait suite à quatre plans sociaux déjà lancés en 2015 (La Halle, Kookaï, Défi Mode et André), ayant entraîné déjà la suppression de 1.850 postes.

Le groupe employait en 2016 environ 17.000 salariés, "13.000 à 15.000" selon les syndicats, qui dénoncent depuis plusieurs mois l'absence de plan stratégique et un "démantèlement" au seul profit des fonds actionnaires (Oaktree, Babson, GLG et Alcentra), des "fonds vautours" pour le responsable CFDT Jean-Louis Alfred.

"Vivarte, c'est un carnage social", a réagi le secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly, interrogé sur BFM Business, pour qui c'est la "logique financière qui l'emporte". "Il faut que les pouvoirs publics interviennent", selon lui.

Plombé par une dette d'un milliard et demi d'euros, héritage notamment de son rachat en 2007 par LBO (procédure de rachat d'entreprise par endettement), Vivarte a enregistré en 2016 un chiffre d'affaires de 2,2 milliards d'euros.

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