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Les Italiens votent sur une réforme constitutionnelle cruciale pour Renzi

Les Italiens se prononçaient dimanche par référendum sur une réforme constitutionnelle qui s'est transformée, en pleine vague populiste, en plébiscite sur le chef du gouvernement, Matteo Renzi (centre-gauche).

Les Italiens votent sur une réforme constitutionnelle cruciale pour Renzi
Matteo Renzi lors d'une conférence de presse au Palazzo Chigi à Rome, le 28 novembre 2016 - Andreas SOLARO [AFP/Archives]

Les bureaux de votes ont ouvert à 07h00 (06h00 GMT) et doivent fermer à 23h00 (22h00 GMT) pour plus de 46 millions d'électeurs, tandis que le vote, par correspondance, des quelque 4 millions d'Italiens à l'étranger s'est clôt jeudi soir.

Les premières estimations issues des sondages de sortie des urnes sont attendues à la clôture du vote et les résultats dans la nuit.

L'incertitude quant au résultat provoque des sueurs froides en Europe et sur les marchés financiers, où l'on redoute, après le choc du Brexit et la montée des mouvements populistes, une nouvelle phase d'instabilité dans la troisième économie de la zone euro.

Le scrutin porte sur une réforme constitutionnelle qui prévoit une réduction drastique des pouvoirs du Sénat, une limitation des prérogatives des régions et la suppression des provinces, l'équivalent des départements français.

Une vaste majorité de la classe politique, de la droite aux populistes du Mouvement 5 Etoiles (M5S) ou de la Ligue du Nord, en passant par tous les extrêmes et même des "frondeurs" du Parti démocrate (PD) de M. Renzi, appelle à voter "non" en dénonçant une trop forte concentration des pouvoirs dans les mains du chef du gouvernement.

Le statu quo est 'bien pire'

Cette opposition est également unie dans son désir de chasser M. Renzi, arrivé au pouvoir en février 2014 et omniprésent dans les médias et sur les réseaux sociaux pour défendre "sa" réforme, censée simplifier la vie politique dans un pays ayant vu défiler 60 gouvernements depuis 1948.

"Renzi a eu le tort, dès le départ, de personnaliser ce scrutin, en disant qu'il démissionnerait en cas de victoire du non. Du coup, il concentre sur lui tout le mécontentement du pays, y compris celui des jeunes", a expliqué Elena Piccolo, 21 ans, étudiante à Naples.

Les derniers sondages, qui remontent à deux semaines car ils sont interdits pendant les 15 jours précédant le scrutin, donnaient 5 à 8 points d'avance au non, mais avec encore beaucoup d'indécis.

Roberto Benini, chargé de communication à Rome, était pour sa part convaincu: "Cette réforme est un petit pas, mais un pas important. Avec un oui, nous aurons un gouvernement plus fort. Ce n'est pas une révolution, pas le paradis, mais l'alternative c'est le statu quo, qui est bien pire", a-t-il affirmé à l'AFP.

'C'est n'importe quoi'

Antonio Canestri, boucher dans un quartier bourgeois de la capitale, était bien plus sceptique: "Nous savons ce que nous avons maintenant, nous ne savons pas ce que nous aurons avec la réforme mais j'ai peur d'un chaos économique si le non l'emporte".

"Cette réforme, c'est n'importe quoi", a insisté Carla Diaferia, une cliente qui votera non. "Il y a des points avec lesquels je suis d'accord mais ils auraient dû y aller pas à pas".

Le président américain Barack Obama, la chancelière allemande Angela Merkel et le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker ont en revanche ouvertement appelé à voter oui.

Du petit lait pour Beppe Grillo, le fondateur du Mouvement 5 étoiles, qui a exhorté vendredi les Italiens à voter "avec les tripes" pour défendre leurs libertés et leur indépendance, tout en se lançant dans un intrigant éloge du caractère "poétique" d'une éventuelle défaite.

En cas de victoire du non, le M5S devrait réclamer des élections anticipées, mais le président Sergio Mattarella ne devrait pas dissoudre le Parlement avant une réforme de la loi régissant l'élection des députés.

La réalité d'un retrait de M. Renzi en cas d'échec dépendra sans doute de l'ampleur du score. Même s'il présente la démission de son gouvernement, il pourrait en effet rester à la tête du PD, voire même être reconduit à la présidence du conseil. Mais il a répété qu'il ne prendrait jamais la tête d'un gouvernement "technique" chargé uniquement de réformer la loi électorale.

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