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Maison Blanche: fin de campagne entre invectives et accusations

Maison Blanche: fin de campagne entre invectives et accusations
Barack Obama lors d'un discours le 2 novembre 2016 à Chapel Hill en Caroline du Nord - NICHOLAS KAMM [AFP]

Barack Obama s'est joint mercredi au tir de barrage du camp démocrate contre Donald Trump, appelant sans détour les Américains à rejeter "la peur". Les deux hommes seront à nouveau jeudi dans la très disputée Floride.

Les derniers jours de la campagne pour la Maison Blanche s'achèvent dans un festival d'invectives et d'accusations personnelles rarement vu dans l'histoire récente.

Si les Américains élisaient le 8 novembre la première femme présidente des Etats-Unis, cette étape historique serait assombrie par un constat: le pays est plus que jamais déchiré, sourd aux appels à l'unité de Barack Obama et des deux candidats qui se disputent sa succession.

"Vous avez l'occasion d'écrire l'histoire", a lancé le président sortant à Chapel Hill, ville étudiante de Caroline du Nord.

"Et quand j'ai dit que le sort de la république était entre vos mains, je ne plaisantais pas", a-t-il ajouté, dans une dénonciation en règle de l'impréparation du candidat républicain.

"Rejetez la peur ! Choisissez l'espoir ! Votez !", a lancé Barack Obama.

Face au resserrement des sondages, dans la frénésie de la dernière ligne droite, les deux camps abandonnent toute nuance.

Le candidat républicain a affirmé mercredi en Floride que l'élection de sa rivale risquerait de provoquer une "crise constitutionnelle sans précédent" et même une "Troisième Guerre mondiale".

Longtemps à la peine dans les sondages, le milliardaire a retrouvé un second souffle depuis la relance vendredi de l'enquête du FBI sur les emails de son adversaire.

"Nous allons gagner la Maison Blanche, on s'y croit déjà", a-t-il lancé, lors d'un meeting en plein air à Pensacola, toujours en Floride. Puis, se parlant à lui-même à haute voix, d'un air joueur: "Doucement Donald, restons concentrés. On ne se laisse pas distraire Donald".

Jeudi, il fera un autre meeting floridien à Jacksonville, quelques heures avant la venue du président Obama dans la même ville ; un meeting du président à Miami a toutefois été annulé sans explication. Mercredi soir, Air Force One et l'avion de Donald Trump étaient tous deux sur le tarmac de l'aéroport de Miami.

- 'Pas une élection normale' -

Attaquée sur sa probité depuis des mois, la candidate démocrate a, elle aussi, décidé de ne plus retenir ses coups face à un rival qui a "passé sa vie à dénigrer, dégrader, insulter et agresser les femmes".

Pour frapper l'esprit des Américains, elle leur demande d'imaginer Donald Trump dans le Bureau ovale, en charge du bouton nucléaire.

"Imaginez Donald Trump, le 20 janvier 2017, prêtant serment devant le Capitole", a-t-elle dit à Las Vegas, dans l'Ouest, après avoir rendu visite à des employés de casinos.

La candidate n'évoque plus qu'en passant son programme. Ses meetings sont devenus des récitations des pires propos de Donald Trump sur les femmes, les immigrés, les musulmans...

"Si vous n'appartenez pas à une catégorie très étroite de gens auxquels il se sent lié, vous n'avez pas de place dans l'Amérique de Trump", a plaidé Hillary Clinton, sévère et solennelle.

Le seul euphémisme est venu dans la conclusion: "Mes amis, ce n'est pas une élection normale".

Environ 15.000 personnes lui ont ensuite fait brièvement retrouver le sourire à Tempe, sur un campus de l'Arizona, soit la deuxième plus grande affluence de sa campagne.

"Il ne considère pas les Latinos comme de vrais Américains", a-t-elle accusé dans cet Etat qui compte une forte minorité hispanique, perdu par Barack Obama mais que les démocrates estiment pouvoir récupérer.

- Sondages serrés -

Les modèles du New York Times et du site FiveThirtyEight prédisent toujours une victoire de la démocrate avec respectivement 87% et 67,7% de probabilité.

Mais la moyenne des sondages montre un écart réduit à moins de deux points, certains plaçant les deux candidats à égalité.

Les états-majors préfèrent disséquer les études plus pertinentes, mais parfois contradictoires, réalisées dans la douzaine d'Etats-clés qui peuvent basculer d'un côté ou de l'autre.

Hillary Clinton reste en tête en Pennsylvanie, en Virginie, dans le Wisconsin, le New Hampshire et dans une moindre mesure en Caroline du Nord, selon un sondage Quinnipiac, ainsi que de peu en Floride, selon une nouvelle étude CNN/ORC.

Donald Trump la devance dans l'Iowa, l'Ohio et dans le Nevada, trois Etats qui ne suffiraient pas au républicain pour entrer à la Maison Blanche, mais le rapprocheraient de son seuil.

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