IMAGES : cérémonie pleine d'émotion pour la réouverture de l'église de St-Etienne-du-Rouvray

L'église de Saint-Etienne-du-Rouvray (Seine-Maritime) a rouvert ses portes ce dimanche 2 octobre 2016, deux mois après l'attentat qui a coûté la vie au Père Jacques Hamel. L'archevêque de Rouen a célébré une messe précédée d'un rite de réparation. Entre symboles, larmes et espoir, retour sur une cérémonie pleine d'émotion.

IMAGES : cérémonie pleine d'émotion pour la réouverture de l'église de St-Etienne-du-Rouvray

La procession partie du presbytère arrive à l'église. © Tendance Ouest

Par Lucien Devôge

Cérémonie lourde de sens, de symboles et d'émotion ce dimanche 2 octobre 2016 à Saint-Etienne-du-Rouvray (Seine-Maritime). Une messe, précédée d'un rite de réparation, a été célébrée par l'archevêque de Rouen Mgr Lebrun dans l'église où le père Jacques Hamel a été assassiné par deux terroristes le 26 juillet 2016. L'événement acte la réouverture de l'édifice religieux.

Une procession avec la croix arrachée

Tout commence vers 15h au presbytère, "là où vivait le père Jacques Hamel, là où il faisait le catéchisme, là où il recevait ceux qui voulaient se marier", rappelle l'archevêque. Ce dernier se déleste alors de sa traditionnelle crosse et les paroissiens lui remettent la croix "arrachée par les assassins" alors qu'elle était scellée dans l'église. C'est l'un des quatre symboles souillés par les terroristes.

"Être plus forts aujourd'hui qu'avant"

La procession se dirige alors vers l'église, située à une centaine de mètres du presbytère. Les chants sacrés résonnent dans le cortège tandis que plusieurs centaines de personnes s'amassent devant l'église, où ils vont pouvoir assister à la messe via un écran géant, seuls 250 paroissiens pouvant entrer à l'intérieur.

Hubert Wulfranc, maire de la commune, prend alors la parole : "Croyants et non croyants, tout simplement femmes et hommes, se rejoignent nombreux car la raison leur indique que c'est là que leur présence doit être." Et l'édile d'évoquer le drame : "Nous sommes de ceux qui pensons que rien ne s'efface. Et nous portons la tragédie de ce 26 juillet 2016 comme une marque indélébile de notre histoire commune. [...] Désormais, pour sortir de l'hiver, contribuons à sauvegarder la dignité des femmes et hommes auxquels Jacques Hamel n'a cessé de se consacrer. Le moment que nous vivons ensemble participe à l'objectif commun qui est le nôtre : être plus forts aujourd'hui qu'avant."

S'ensuivent quelques mots entre l'archevêque, qui s'est déjà exprimé plus tôt dans la journée et le curé Auguste Moanda, le premier rappelant que "le père Jacques Hamel a servi et a aimé dans cette église jusqu'au bout".

Les symboles souillés sont purifiés

Ce n'est qu'à ce moment là que l'église rouvre officiellement ses portes. La porte franchie devient alors Porte Sainte, la deuxième du diocèse après celle de la cathédrale. Mgr Lebrun profite de cette entrée pour installer la croix, arrachée par les terroristes, sur un socle provisoire en attendant qu'elle soit à nouveau scellée.

Commence alors le rite de réparation, "à travers un geste d'aspersion d'eau bénite", explique l'archevêque. L'homme d'église asperge de cette eau les murs et le sol de l'église, où le prêtre a été égorgé. L'autel, "lui aussi poignardé par les assassins", souligne l'archevêque, est lui aussi aspergé, comme les 250 paroissiens présents à l'intérieur de l'église.

Les trois derniers symboles atteints par les deux terroristes sont ensuite réparés : l'autel est rhabillé d'une nappe, de cierges et de fleurs. Le chapelet de la Vierge Marie lui est remis dans les mains. Quant au cierge de Pâques, brisé lors de la tragédie, il est rallumé. 

Le père Jacques Hamel bientôt béatifié ?

L'archevêque termine la célébration par une grande annonce, qu'il qualifie de "consolation". Il a reçu samedi 1er octobre un rescrit, soit un document écrit issu du pape François, indiquant que celui-ci dispense l'archevêque du délai habituel de cinq ans préalable à toute demande de béatification. Le père Jacques Hamel pourrait donc être béatifié très rapidement. La procédure pourrait durer un à deux ans selon le diocèse. Dans le public massé à l'extérieur de l'église, une vague d'applaudissements spontanés vient saluer la nouvelle.

"Ils ont tué le père Jacques Hamel, pas l'amour"

Puis la messe prend fin. Certains partent, d'autres rentrent dans l'église. Tous sont émus. Il y a cette jeune femme qui explique que "c'est le père Jacques Hamel qui a baptisé mon fils. Cette réouverture, j'en suis heureuse, mais je ne sais pas comment je pourrais un jour re-rentrer dans cette église". Il y a ce quinquagénaire rouennais, ancien Stéphanais, indiquant être venu "par respect. Je suis croyant, mais je ne suis pas venu parce que je le suis. Je serai venu de toute façon". Il y a ces deux musulmanes venues montrer "qu'elles sont là pour saluer la mémoire du prêtre". Il y a enfin cette Stéphanaise qui a toujours vécu là : "C'est le père Jacques Hamel qui m'a baptisé, qui a fait ma communion, qui..." Les larmes l'empêcheront de poursuivre. Car ce dimanche à Saint-Etienne-du-Rouvray, c'est l'émotion qui a dominé l'assemblée. Des larmes de tristesse, mais aussi de soulagement. "Les assassins ont tué le père Jacques Hamel, ils n'ont pas tué l'amour", conclut Mgr Lebrun. 

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