En ce moment : Lost - LINKIN PARK Ecouter la radio

Paris (AFP). La "Nuit debout" veut sortir de la place de la République

"Sortir de la place de la République". Lancée le 31 mars, l'opération "Nuit debout", devenue en une semaine un mouvement qui a essaimé à travers la France, veut désormais se construire un avenir en s'étendant hors de Paris et des centres urbains.

Paris (AFP). La "Nuit debout" veut sortir de la place de la République
Des centaines de personne rassemblées pour la "Nuit debout" le 7 avril 2016 place de la République à Paris - AFP

L'opération avait été lancée pour prolonger la manifestation contre la loi El Khomri, avec l'occupation de l'emblématique place parisienne et la projection du film "Merci Patron", réalisé par François Ruffin, fondateur du journal de critique sociale Fakir.

Des centaines, puis des milliers de personnes s'y sont retrouvées chaque soir, avec la bienveillance des autorités parisiennes, pour participer à la première occupation de place d'ampleur en France, dans la lignée de celles de la Puerta del Sol à Madrid des "Indignés", de la place Syntagma à Athènes par la "Génération des 700 euros" ou des actions du mouvement "Occupy" aux Etats-Unis.

"Cette forme d'action politique du rassemblement est devenue une forme reconnue, désormais utilisée comme la grève, la manifestation, le sit-in, l'émeute", explique à l'AFP le sociologue Albert Ogien, qui a étudié ces nouvelles formes de protestation: "C'est une forme moderne d'action politique, hors partis, hors syndicats, sans chef, sans programme, qui dit +on discute entre citoyens de ce qu'il faut faire+".

Mais elles sont, selon lui, "vouées à disparaître" à terme: "Elles existent avant tout pour montrer qu'une auto-organisation des gens est possible. L'idée, c'est de faire naître une envie de protestation, de contestation parmi les gens".

"Ce n'est pas un mouvement spontané", raconte à l'AFP François Ruffin: "Il y a eu beaucoup de travail, de réunions? C'est un mouvement volontaire qui a rencontré un désir latent de sortir de la résignation. Ça relève plus de l'affect, du sentimental que du projet politique, ou alors c'est un projet politique sentimental".

Avec des assemblées générales citoyennes quotidiennes et une organisation "horizontale" sans meneur mais structurée en pôles ("logistique", "actions", "communication"...) et commissions ("convergence des luttes", "éducation populaire", "international", "cantine"...), les participants échangent sur des alternatives politiques, contre la loi travail "et le monde qui va avec".

- Banlieues, syndicats, monde rural -

Ces agoras se sont rapidement déclinées à travers la France, à diverses échelles, dans plus d'une cinquantaine de villes.

"Il ne faut pas que la place de la République se prenne pour le nombril de la France. Il faut trouver le chemin vers l'extérieur de la place de la République", explique François Ruffin.

"Sur cette place, il y a essentiellement des jeunes diplômés, précarisés ou étudiants", souligne-t-il: "Un moteur explose quand il y a rencontre d'ingrédients différents. Il faut trouver la sortie d'un entre-soi et aller à la rencontre des banlieues, du mouvement syndical, des zones rurales..."

En Espagne, le mouvement des Indignés a réussi ce changement d'échelle, jusqu'à accoucher en 2014 du parti Podemos. "Après trois ans de maturation politique", rappelle toutefois Albert Ogien.

"Quand nous (les Indignés) avons atteint les autres quartiers de Madrid, nous avons réussi à faire 144 assemblées simultanément, avec 55.000 personnes en même temps. Nous allions dans les quartiers moins connus, les villages... La composition du mouvement a changé", raconte Miguel Urban Crespo, parlementaire européen Podemos.

"Dans mon village, des femmes retraitées, qui n'avaient jamais fait d'assemblée générale, disaient: +Ça doit se terminer à 14H00, parce que je dois aller faire la cuisine!+. Des problèmes normaux de gens normaux. On ne pouvait pas faire des réunions de 8 ou 10 heures, comme à l'université ! A ce moment-là, c'est devenu un mouvement de gens normaux".

"On n'est pas dans l'imitation d'un modèle étranger, il faut trouver notre propre chemin, prévient Ruffin. La société française n'est pas la société espagnole".

Sans être favorable à "un leader ou des figures" à la tête du mouvement, il juge "souhaitable que des groupes émergent et organisent les choses, prennent des initiatives" pour permettre son extension.

"C'est encore quelque chose en formation, il faut mûrir. Il y a des tas d'inconnues. Une chose est sûre: ce mouvement n'a pas été spontané, son dépassement ne sera pas complètement spontané".

Newsletter
Restez informé ! Recevez des alertes pour être au courant de toutes les dernières actualités.
Réagir à cet article

L'espace des commentaires est ouvert aux inscrits.
Connectez-vous ou créez un compte pour pouvoir commenter cet article.

En direct
Lire les journaux
Petites Annonces
Immobilier
Vacances dans le Finistère
Vacances dans le Finistère Penmarch (29760) 260€ Découvrir
Maison à Colombiers
Maison à Colombiers Colombiers (61250) 196 000€ Découvrir
Longère 240 m2
Longère 240 m2 Montchevrel (61170) 270 000€ Découvrir
Portbail-sur-mer
Portbail-sur-mer Port-Bail-sur-Mer (50580) 500 000€ Découvrir
Automobile
Mitsubishi Outlander 2.0 Sport
Mitsubishi Outlander 2.0 Sport Coutances (50200) 2 700€ Découvrir
Ford Streetka
Ford Streetka Yzengremer (80520) 2 600€ Découvrir
BMW E39 540i Touring
BMW E39 540i Touring Formerie (60220) 3 500€ Découvrir
Cause double emploi
Cause double emploi Caen (14000) 3 200€ Découvrir
Bonnes affaires
Buffet Mado année 1950
Buffet Mado année 1950 Bédée (35137) 400€ Découvrir
Vide maison
Vide maison Agneaux (50180) 0€ Découvrir
Plaid
Plaid Mont-Saint-Aignan (76130) 400€ Découvrir
SPECIAL AILUROPHILE
SPECIAL AILUROPHILE Bénouville (14970) 1 000€ Découvrir
Inscrivez vous à la newsletter
La météo avec Tendance Ouest
Les pronostics avec Tendance Ouest
L'horoscope de Tendance Ouest
Les jeux de Tendance Ouest
L'emploi avec Tendance Ouest
Films et horaires dans vos cinémas en Normandie
L'agenda des sorties de Tendance Ouest
Les concerts avec Tendance Ouest
Les replays de Tendance Ouest
L'application mobile de Tendance Ouest
Paris (AFP). La "Nuit debout" veut sortir de la place de la République