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Nîmes (AFP). Procès Draoui: la dérive croissante d'un enfant maltraité vers la violence extrême

Le procès en appel d'Anthony Draoui pour le meurtre d'une joggeuse de 17 ans met en lumière depuis lundi à Nîmes la dérive croissante d'un enfant maltraité vers la violence extrême.

Nîmes (AFP). Procès Draoui: la dérive croissante d'un enfant maltraité vers la violence extrême
Anthony Draoui, à l'ouverture de son procès en appel le 1er février 2016 à Nîmes - AFP/Archives
Âgé de 23 ans, le jeune homme, condamné en première instance à 30 ans de réclusion assorti d'une période de sûreté des deux tiers en octobre 2014 devant les assises de l'Ardèche, a grandi dans un contexte de violence et d'abandon. Il est frappé et exposé à des scènes dégradantes et violentes depuis l'enfance par une mère devenue toxicomane, alcoolique et prostituée après avoir subi un inceste. Chez Manuela, 45 ans, qu'il appelle sa "mère-sorcière" et qui a été incapable mardi soir de témoigner debout devant la cour d'assises du Gard et de dire quelques mots spontanés en faveur de son fils, "c'était le chaos", a raconté Anthony Draoui. Dans des rôles "inversés", l'enfant "ramassait" régulièrement sa mère "ivre morte et droguée à l'héroïne". Tout en vivant les fréquents séjours maternels en psychiatrie comme un abandon. Le jeune homme dit n'avoir connu qu'une courte période de "répit" chez sa grand-mère maternelle, avant d'être ballotté de foyers en familles d'accueil. Il quitte le système scolaire à 13 ans, sans avoir, dit-il, "rien appris, aucune valeur, aucun métier". L'avocat de la défense Me Alain Riou souligne la "faillite éducative" dont Anthony Draoui est le produit, aussi bien sur le plan familial que sur le plan des institutions et de la société. Les experts décrivent une "agressivité croissante" du jeune homme à l'adolescence. En pleine ambivalence, il ne supporte pas d'être séparé de sa mère, tout en disant "stocker" sa "haine" contre elle. Incendie d'une école maternelle en 2006, vols avec violence sur des femmes âgées ou handicapées, puis, peu avant le meurtre de Marie-Jeanne Meyer le 18 juin 2011 à Tournon-sur-Rhône (Ardèche), il tente d'étrangler sa mère en mars et embrasse de force en mai une passagère dans un train, affirmant a posteriori "s'interroger sur son orientation" sexuelle. - "Personnalité borderline" - Fin mai, il est à la rue, laissant un appartement dévasté et se réfugiant dans la montagne à Tournon. Pourtant, assure celui qui n'a jamais eu aucun ami, "je voulais m'intégrer, j'aurais voulu avoir ma place". "Il m'en veut tellement... ça peut expliquer qu'il en soit arrivé là", finit par admettre la mère d'Anthony à propos du meurtre de Marie-Jeanne, qualifié de "massacre" par la famille de la victime. Seuls le tronc et le visage carbonisés de la jeune fille avaient été retrouvés dans une fosse à proximité du campement du jeune marginal. Pour les experts psychiatres, l'accusé a une "personnalité borderline, réactionnelle à des angoisses d'abandon" mais "pas de troubles psychiatriques avérés". Mis à l'isolement aux Beaumettes à Marseille puis à Grasse (Alpes-Maritimes), Anthony Draoui a pourtant semblé soudainement plonger mardi soir dans une crise de paranoïa en parlant de "caméras" que des surveillants auraient placées dans sa cellule pour observer ses faits et gestes et le "détruire". Des psychologues ont pour leur part noté dans un rapport que son "agressivité à l'égard de sa mère peut s'être déplacée vers Marie-Jeanne". La jeune fille a été décrite par sa professeur principale comme l'exact opposé d'Anthony Draoui: "une élève brillante, à l'avenir prometteur, respectueuse des règles". Qualifié de "monstre" par le père de la victime Jean-Philippe Meyer, qui a rappelé mardi soir qu'il avait également été un "enfant de la Ddass", le jeune homme a tenté de s'adresser à la famille qu'il a meurtrie à jamais. "Je comprends votre douleur, je comprends la haine que vous avez pour moi", a-t-il articulé péniblement. "J'ai envie de vous parler de Marie-Jeanne aujourd'hui et pas de vous balancer des excuses. Je pense à elle, j'imagine ce qu'elle a dû ressentir...Je demande pardon tous les jours." L'avocat général a demandé que la circonstance aggravante de récidive légale soit appliquée. La cour doit trancher sur ce point, qui est dénoncé par la défense comme un "changement des règles du jeu" qui rendrait l'accusé passible de la réclusion à perpétuité. Le verdict devrait être rendu mercredi soir.
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