En ce moment : L'ENFER - STROMAE Ecouter la radio

Madrid (AFP). Espagne: Rajoy sans alliés pour former un gouvernement

...

Madrid (AFP). Espagne: Rajoy sans alliés pour former un gouvernement
Le Premier ministre espagnol Mariano Rajoy à Madrid le 20 décembre 2015 - AFP
Le conservateur espagnol Mariano Rajoy s'est retrouvé lundi devant l'impossibilité de former un nouveau gouvernement, trois des quatre principaux partis lui barrant la route, au lendemain des législatives. Scandalisés par la corruption qui a touché l'establishment et épuisés par la crise, les Espagnols ont infligé dimanche une défaite sans précédent aux deux grands partis historiques, qui alternaient au pouvoir depuis 1982: le Parti populaire (PP) et le Parti socialiste (PSOE). Le PP de Mariano Rajoy est resté le premier parti du pays (28,72 %, 123 sièges) mais a perdu la majorité absolue de 176 sièges sur 350 dont il disposait et enregistré son pire score depuis 1989. Le PSOE, à la deuxième place, n'avait jamais fait pire, avec 22% des suffrages et 90 sièges. Quant aux deux nouveaux partis prônant le changement - Podemos (gauche radicale) et Ciudadanos (libéral) - ils s'apprêtent à faire leur grande entrée au parlement. Chacun de leur côté et sans attendre, Podemos et le PSOE ont annoncé dès lundi être contre un deuxième gouvernement dirigé par Mariano Rajoy, au pouvoir depuis 2011. De son côté, le libéral Ciudadanos - qui aurait pu être le seul grand allié du PP - a précisé qu'il s'abstiendrait lors de la séance d'investiture, prévue courant janvier. "Le PSOE va voter +non+ au Parti populaire et à Rajoy", a déclaré Cesar Luena, numéro deux du PSOE. "Podemos ne permettra d'aucune manière un gouvernement du PP", a de son côté annoncé Pablo Iglesias, dirigeant de la formation anti-austérité, troisième avec 20,6% des voix pour elle et ses alliés, et 69 sièges obtenus d'un coup. "La balle est dans le camp du PSOE. Il doit décider s'il s'abstient et permet la constitution d'un gouvernement", avait auparavant déclaré le dirigeant de Ciudadanos, l'avocat Albert Rivera. "J'espère qu'ils prendront (cette) décision", a-il dit, en faisant valoir que l'abstention de son parti et celle des socialistes pouvait permettre un gouvernement minoritaire de M. Rajoy. La Constitution prévoit que le roi désigne, après consultations, un candidat chargé de former un cabinet, qui doit ensuite être investi par la chambre. Pour ce faire, le gouvernement doit obtenir la majorité absolue des sièges. En cas d'échec, l'investiture est possible à la majorité simple, que M. Rajoy n'obtiendrait donc pas: avec ses 123 sièges et faute du soutien de Ciudadanos, qui en a obtenu 40, le PP serait forcément bloqué par le PSOE et Podemos, disposant ensemble de 159 sièges. Un scénario redouté par les marchés -- la Bourse de Madrid était vers 16h50 (15h50 GMT) en chute de 2,53% -- mais aussi par la Commission européenne. "Il appartient aux autorités espagnoles de voir comment l'Espagne arrivera à se doter d'un gouvernement stable qui puisse jouer tout son rôle en Europe", a déclaré le président de l'exécutif européen, Jean-Claude Juncker. "Notre message à l'Europe est clair. La souveraineté est la priorité pour nous en termes d'organisation du système politique", a semblé lui répondre Pablo Iglesias, lors d'une conférence de presse à Madrid. - vers une législature courte - Posant ses conditions, M. Iglesias a détaillé une liste de réformes qu'il entend présenter aux autres partis, notamment au PSOE. Il en a fait un préalable à des négociations pour l'éventuelle formation d'une grande alliance de gauche qui chasserait le PP du pouvoir. Une telle coalition aurait forcément le soutien d'une partie au moins des nationalistes et indépendantistes catalans et basques (26 sièges en tout). "Nous avons une feuille de route et nous pouvons, à partir de là, parler", a dit M. Iglesias. Podemos, arrivé premier en Catalogne, propose de rendre inaliénables les droits au logement, à la santé et à l'éducation, mais aussi de reconnaître la "diversité des peuples d'Espagne". Il insiste sur la nécessité de respecter leur souveraineté et le "droit à décider", par des référendums d'autodétermination. Mais une telle option n'est pas au programme du PSOE, qui se présente en parti garant de l'unité de l'Espagne, comme le PP, et propose une réforme fédérale de la Constitution. "On peut s'attendre à une législature courte (de moins de quatre ans) fondée sur des alliances fragiles", juge le politologue Fernando Vallespin interrogé par l'AFP. Une abstention socialiste, qui débloquerait la situation, ne semble selon lui possible qu'au prix de la tête de Mariano Rajoy.
Recevez l'essentiel de l'actualité chaque jour par email
Pour aller plus loin
Réagir à cet article

L'espace des commentaires est ouvert aux inscrits.
Connectez-vous ou créer un compte pour pouvoir commenter cet article.

En direct
Lire les journaux
Présidentielle et législatives : le direct
Inscrivez vous à la newsletter
La météo avec Tendance Ouest
Les pronostics avec Tendance Ouest
L'horoscope de Tendance Ouest
Les jeux de Tendance Ouest
Les petites annonces avec Tendance Ouest
L'emploi avec Tendance Ouest
Films et horaires dans vos cinémas en Normandie
L'agenda des sorties de Tendance Ouest
Les concerts avec Tendance Ouest
Les replays de Tendance Ouest
L'application mobile de Tendance Ouest
Madrid (AFP). Espagne: Rajoy sans alliés pour former un gouvernement