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Paris (AFP). Financement du FN: le microparti de Marine Le Pen, Jeanne, mis en examen

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Paris (AFP). Financement du FN: le microparti de Marine Le Pen, Jeanne, mis en examen
Marine Le Pen pose devant une statue de Jeanne d'Arc à Châlons-en-Champagne le 11 novembre 2014 - AFP/Archives
Les choses se compliquent pour Marine Le Pen dans l'enquête sur le financement des campagnes du Front national: le microparti dirigé par ses proches, Jeanne, a été mis en examen, notamment pour escroqueries lors des législatives de 2012. Interrogée en déplacement à Prague, Marine Le Pen a relativisé ce développement de l'enquête, parlant d'"une mesure administrative absolument classique". "Je persiste à vous dire que nous n'avons rien à nous reprocher", a ajouté la présidente du FN. Mais avec sept mis en examen, dont plusieurs de ses proches et deux personnes morales, Jeanne et Riwal, la société qui conçoit et réalise l'essentiel des documents de propagande du FN, l'enquête devient de plus en plus gênante pour le parti d'extrême droite, déjà secoué par la rupture entre Marine et Jean-Marie Le Pen. Outre ce dossier de financement, le mouvement voit le front des affaires prendre de l'importance, avec une autre enquête sur l'emploi litigieux de ses assistants au Parlement européen et des soupçons sur le patrimoine de Jean-Marie Le Pen et sur l'existence d'un compte en Suisse. Jeanne, qui était représentée par son secrétaire général également vice-président du FN, Jean-François Jalkh, a été mise en examen mardi pour acceptation par un parti politique d'un financement provenant d'une personne morale, en l'occurrence Riwal, et escroqueries lors des législatives de 2012, a précisé une source proche du dossier à l'AFP. Les juges d'instruction et la brigade financière soupçonnent des responsables de Jeanne et de Riwal d'avoir mis en place un système frauduleux d'enrichissement avec de l'argent public. - Kits de campagne - Considéré comme le microparti de Marine Le Pen, qui n'apparaît toutefois pas dans ses statuts, Jeanne joue un rôle de premier plan dans le financement des campagnes frontistes. Lors des législatives de 2012, la structure prêtait de l'argent à une grande majorité des 577 candidats FN, tout en leur fournissant elle-même des kits de campagne (photos, tracts) fabriqués par Riwal pour environ 16.000 euros le kit. Ce système, utilisé par 525 candidats selon une source proche du dossier, leur aurait été présenté comme obligatoire, ce qu'a démenti en février Marine Le Pen. "Mais si vous demandez un financement, il est assez légitime que Jeanne se pose la question de savoir si ce financement va bien servir à mener une campagne, et pas à acheter une voiture ou faire autre chose", avait-elle ajouté en évoquant un "circuit totalement transparent". Les enquêteurs soupçonnent au contraire ce mécanisme complexe et en vase clos d'avoir permis à la société Riwal, dirigée par un proche de Marine Le Pen, Frédéric Chatillon, de charger l'addition au préjudice final de l'Etat, qui rembourse les frais de campagne. D'où les mises en examen pour escroqueries de Jeanne, Riwal, Frédéric Chatillon et du trésorier du microparti, Axel Loustau, qui apparaît aussi comme actionnaire de Riwal. Les deux hommes sont des anciens du GUD, le syndicat étudiant d'extrême droite. Autre sujet d'investigation, les conditions dans lesquelles Jeanne a facturé des intérêts à ses candidats avant que ces mêmes intérêts ne soient, eux aussi, remboursés par l'Etat, en tout cas partiellement. Axel Loustau a déjà démenti par le passé toute "surfacturation" ou "vente forcée" des kits de campagne. Le FN s'est toujours défendu de toute irrégularité, en faisant valoir que "rien ne s'oppose" à ce que Jeanne "prête à des candidats aux élections", même avec intérêts, et que ses comptes ont été validés par la commission nationale des comptes de campagne (CNCCFP). C'est cette autorité qui avait, au départ, signalé les faits au parquet de Paris. Au total, le préjudice pourrait atteindre "plusieurs millions d'euros", estime une source proche du dossier. La fraude aurait aussi permis à Riwal d'accorder des aides financières au FN et à Jeanne, alors que la loi interdit le financement des partis politiques par des entreprises.
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