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Vienne (AFP). Nucléaire iranien: course contre la montre à Vienne

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Vienne (AFP). Nucléaire iranien: course contre la montre à Vienne
Réunion entre le secrétaire d'Etat américain John Kerry (g), la représentante de l'UE, Catherine Ashton et le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, le 22 novembre 2014 à Vienne, lors des négociations sur le nucléaire iranien - AFP
Une course contre la montre était engagée dimanche à Vienne dans les négociations sur le programme nucléaire de Téhéran, à l'approche de la fin, lundi soir, du délai imparti pour sceller un accord mettant un terme à 12 ans de tensions internationales. L'Iran et les grandes puissances tentent d'arracher un accord complet, l'option préférée par les deux parties à une nouvelle prolongation des discussions qui serait très périlleuse politiquement. "Il n'y a pas de discussion en cours sur une prolongation. Tout le monde travaille pour parvenir à un accord politique", a affirmé une source russe à l'agence de presse Ria Novosti. "Pour l'instant, toutes les négociations sont consacrées à la recherche d'une solution possible avant le +deadline+" de lundi soir, a confirmé une source iranienne, dans un climat frénétique de tractations quasiment ininterrompues. Les chefs de la diplomatie américaine et iranienne, John Kerry et Mohammad Javad Zarif, se rencontrent dimanche après-midi pour la sixième fois depuis jeudi soir, sous l'égide de la négociatrice européenne Catherine Ashton. M. Kerry doit aussi voir en tête-à-tête son homologue russe Sergueï Lavrov, arrivé dimanche pour tenter de débloquer les débats. Le Français Laurent Fabius, le Britannique Philip Hammond, l'Allemand Frank-Walter Steinmeier et Mme Ashton doivent enfin partager un dîner de travail avec M. Kerry. Remettant la pression sur l'Iran, le président américain Barack Obama a assuré avoir "toute la communauté internationale de (son) côté", dans un entretien à la télévision ABC enregistré vendredi et diffusé dimanche. - Prolonger,"un moindre mal" - Mais à une trentaine d'heures de la limite imposée, et alors que des divergences profondes demeurent, tant l'Iran que les "5+1" (Allemagne, Chine, Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Russie) évoquent le scénario d'une éventuelle prolongation. Les Etats-Unis ont ainsi admis pour la première fois samedi soir, à demi-mot par la voix d'un diplomate, envisager des solutions de substitution à un accord complet et définitif. Plus précise, une source iranienne a fait savoir dimanche à l'AFP qu'en cas d'échec, Téhéran serait prêt à prolonger de nouveau "pendant six mois ou un an" l'accord intérimaire de Genève de novembre 2013. Cet accord expirant en théorie lundi soir à minuit a permis de relancer la négociation après 12 ans de tensions internationales. Prolongé déjà une fois en juillet, il prévoit le gel d'une partie des activités nucléaires de l'Iran contre une levée partielle des sanctions internationales. Le proroger encore "serait le moindre mal", a plaidé la source iranienne, en expliquant que le pire serait "un climat de confrontation avec une escalade de part et d'autre. Par exemple, qu'on réponde à de nouvelles sanctions par un développement du programme nucléaire." Kelsey Davenport, une analyste interrogée par l'AFP, estime qu'une prolongation de plusieurs mois "n'aurait aucune chance" d'aboutir. Cette experte en non-prolifération nucléaire de l'Arms Control Association juge en revanche réaliste "une courte prolongation pour affiner les détails d'un accord", en cas d'avancée suffisante d'ici à lundi soir. La communauté internationale exige que l'Iran réduise ses capacités nucléaires afin d'exclure tout débouché militaire. Téhéran, qui soutient que son programme nucléaire est strictement pacifique, revendique son droit à une filière nucléaire civile complète et demande la levée des sanctions économiques qui l'asphyxient. - "Erreur historique" - Un accord redonnerait du souffle à l'économie iranienne, grâce à la levée de l'embargo occidental sur le pétrole. Il offrirait une éventuelle normalisation entre l'Iran et l'Occident, voire des coopérations sur l'Irak et la Syrie. Après près d'un an de dialogue, les points d'achoppement restant sont le rythme de levée des sanctions d'une part et d'autre part les capacités iraniennes à enrichir de l'uranium. A Vienne depuis jeudi soir, M. Kerry, dont l'administration bataille pour un règlement avec l'Iran, a multiplié aussi les consultations au téléphone avec ses homologues turc et arabes et avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui redoute un rapprochement Washington-Téhéran. Ce dernier a mis en garde contre un "mauvais accord" qui serait une "erreur historique". John Kerry a vu aussi à Vienne le chef de la diplomatie saoudienne Saoud al-Fayçal, dont le pays est le grand rival de l'Iran. Un règlement provisoire pourrait faire le jeu de ceux qui dans les deux camps, occidental et iranien, sont opposés à une sortie de crise avec l'Iran. Des élus américains sont favorables à un nouveau train de sanctions contre Téhéran, et à partir de janvier les opposants républicains à Barack Obama contrôleront l'ensemble du Congrès, entravant la marge de manoeuvre du président démocrate. Un échec à Vienne fragiliserait aussi le président iranien modéré Hassan Rohani, qui joue une grande partie de sa crédibilité dans le succès de cette ouverture vers les grandes puissances.
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