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Le feu menace une centrale thermique en Turquie et fait rage en Grèce

France-Monde. Des centaines de villageois ont été évacués jeudi des abords d'une centrale thermique menacée par le feu en Turquie, pendant que la bataille se poursuivait en Grèce pour contrôler deux incendies majeurs qui font rage près d'Olympie et sur l'île d'Eubée, attisés par une canicule exceptionnelle.

Le feu menace une centrale thermique en Turquie et fait rage en Grèce
Des villageois sont évacués de Milas, le 4 août 2021 par des garde-côtes turcs pour s'éloigner de l'incendie qui menace la centrale thermique locale - Yasin AKGUL [AFP]

Les deux pays rivaux se sont retrouvés unis cette semaine dans leur combat commun contre des incendies sans précédent, que les experts relient sans équivoque au réchauffement de la planète, tant les températures ont été caniculaires, oscillant entre 40 et 45 degrés Celsius.

Huit personnes sont mortes et des dizaines ont été hospitalisées dans le sud de la Turquie. Aucune victime n'est à déplorer à ce stade en Grèce.

Les pompiers grecs continuaient de lutter jeudi contre un incendie préoccupant près du village de l'Ancienne Olympie pour protéger le site archéologique où se sont déroulés les premiers jeux olympiques de l'antiquité, à l'ouest de la péninsule du Péloponnèse.

Le village de l'Ancienne Olympie, habituellement bondé de touristes à cette époque de l'année, ainsi que sept autres localités proches avaient été évacués la veille.

"Nous faisons un effort titanesque sur plusieurs fronts", a déclaré mercredi soir le ministre adjoint grec de la Protection civile, Nikos Hardalias.

Un deuxième sinistre violent et incontrôlé continuait de faire rage depuis mardi sur l'immense île d'Eubée, à quelque 200 km à l'est d'Athènes, où plusieurs villages et un monastère étaient encerclés par les flammes, après avoir été vidés de leurs occupants.

Mais c'est une centrale thermique, remplie de milliers de tonnes de charbon, sur la côte égéenne turque qui suscitait la plus grande inquiétude jeudi, menacée par un incendie attisé par le vent.

"Où voulez-vous qu'on aille?"

Au son des alarmes d'évacuation, des centaines de villageois, empilant les maigres affaires qu'ils avaient pu sauver, ont été évacués à bord de hors-bords des garde-côtes turcs mobilisés dans le port d'Oren, ont constaté des journalistes de l'AFP. D'autres ont été évacués par la route.

L'autorité régionale a assuré que "tous les produits chimiques explosifs" avaient été retirés du site stratégique.

"Mais il y a un risque que le feu se répande aux milliers de tonnes de charbon qui se trouvent à l'intérieur", s'est inquiété auprès des journalistes un responsable régional, Osman Gurun.

Quelques villageois ont cependant refusé de quitter la région. "Où voulez-vous qu'on aille à notre âge?", a demandé un habitant de 79 ans, Hulusi Kinic, sur le port d'Oren.

"On vit ici. C'est chez nous. En dernier ressort, on aurait pu se jeter à l'eau (en cas d'explosion) mais Dieu merci, cela ne s'est pas passé", a-t-il ajouté.

"On vous supplie et on vous avertit depuis des jours. L'incendie a encerclé la centrale", avait tweeté dans la journée le maire de Milas, demandant "qu'un avion bombardier d'eau soit envoyé ici de manière urgente". Dans la nuit, des images mises en ligne par le maire, Muhammet Tokat, montraient un feu violent aux portes de la centrale.

Mais une inspection initiale a montré que le feu de la nuit n'avait pas causé "de dégâts sérieux aux unités principales de la centrale", selon le bureau du président turc Recep Tayyip Erdogan.

Dérégulation climatique

Plus de 110 feux ont ravagé des forêts de Grèce ces dernières 24 heures et 180 en Turquie depuis fin juillet.

Selon l'Observatoire de la Terre de l'UE Copernicus, ce mois de juillet est le second plus chaud en Europe.

"Nous sommes dans une phase de dérégulation climatique absolue", a déploré cette semaine le vice-ministre grec de la Protection civile, Nikos Hardalias. A ce stade, "on ne parle plus de changement climatique, mais de menace climatique".

Le ministre turc de l'Agriculture, Bekir Pakdemirli, a déclaré que les températures dans la ville égéenne de Marmaris avaient atteint un record historique de 45,5 degrés cette semaine. "Nous menons une guerre", a-t-il dit.

Des deux côtés de la mer Egée, les autorités faisaient face à la pression des locaux jugeant insuffisants les moyens de lutte contre ces incendies.

"Nous prions les autorités de renforcer les forces aériennes et terrestres pour ne pas risquer des vies humaines", a déclaré Giorgos Tsapourniotis, maire de Limni, sur l'île d'Eubée.

Le maire de l'ancienne Olympie, Giorgos Georgopoulos, a réclamé lui aussi "plus de soutien aérien", sur Open TV.

L'opposition turque a reproché au président Erdogan d'avoir échoué à maintenir sa flotte de bombardiers d'eau et d'avoir mis du temps à accepter l'aide internationale.

M. Erdogan a pour sa part accusé l'opposition de tenter de tirer un bénéfice politique de la situation. "Les feux de forêt sont une menace internationale tout comme la pandémie de Covid-19", s'est-il défendu.

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