En ce moment : Comment tu vas (feat Ridsa) - ELOÏZ Ecouter la radio

En ce moment
abonnement

En forêt de Sénart, les prostituées se disent "traquées comme des délinquants"

Lisa, prostituée en forêt de Sénart, ne décolère pas: "Avant, j'avais jusqu'à douze clients par jour, maintenant c'est deux, trois". La faute, selon elle, à la multiplication des contrôles policiers qui la ciblent, elle et ses clients, mais que les élus locaux plébiscitent.

En forêt de Sénart, les prostituées se disent "traquées comme des délinquants"
Une prostituée dans la forêt de Sénart, près de Tigery, en région parisienne, le 12 janvier 2018 - PHILIPPE LOPEZ [AFP]

"Ca a commencé au printemps dernier. Il y a des contrôles en permanence. Les policiers me disent que je ne peux pas travailler ici. Je leur réponds que la prostitution n'est pas interdite", se lamente Lisa, transexuelle équatorienne de 37 ans, qui a passé les 15 dernières années à arpenter la départementale 33, la route qui traverse cette forêt située au sud de Paris.

Lisa affirme n'avoir jamais vu un tel "harcèlement" policier contre la petite dizaine de travailleuses du sexe sud-américaines que compte la forêt de Sénart, où officient également des prostituées d'Europe de l'Est.

"Ils me fouillent et ils me demandent mes papiers à chaque fois, même s'ils me connaissent depuis longtemps", lance-t-elle dans un espagnol saupoudré de mots français.

"On est traquées comme des délinquants", résume Maria, une compatriote qui, comme Lisa, réside légalement en France et travaille "en indépendante", sans proxénète. "Je prends des somnifères pour dormir. Et quand je viens travailler, je me sens traumatisée", dit-elle.

"On veut seulement travailler en paix", s'insurge Lisa, dont la tenue -- jeans, doudoune et joues fardées -- n'a rien d'aguicheur.

Si le racolage n'est plus verbalisé depuis l'adoption de la loi prostitution en 2016, les clients sont en revanche passibles d'une amende de 1 500 euros, qui peut grimper à 3 750 euros en cas de récidive. Interrogé par l'AFP, le ministère de l'Intérieur a indiqué que 2 044 clients de prostituées avaient été verbalisés dans toute la France au 1er décembre 2017.

En forêt de Sénart, l'effet a été immédiat. Les clients "ont peur", lâche Lisa. Et ceux qui tentent le coup "partent en courant quand la police ou la BAC (brigade anticriminalité, ndlr) arrive".

"Beaucoup de clients abusent de la situation", souffle Maria. "Ils veulent des rapports sans préservatif ou moins nous payer parce qu'ils devront payer beaucoup d'argent s'ils se font prendre".

Pour se faire entendre, Maria, Lisa et d'autres Sud-Américaines ont adhéré au Syndicat des travailleurs du sexe (Strass) qui s'est ému de leur sort auprès de la préfecture de l'Essonne, de l'Inspection générale de la police nationale et a saisi le Défenseur des droits.

'Clients des prostituées, vous êtes filmés'

La pression policière dont se plaignent ces prostituées est allée de pair avec un mouvement de grogne des élus des communes riveraines de la forêt de Sénart, qui est allé crescendo ces derniers mois.

"Les riverains sont excédés. La prostitution se pratique parfois à la vue de tous,", explique à l'AFP Christine Garnier, maire (LR) de Quincy-sous-Sénart (Essonne). "Sans parler de la dégradation de l'environnement. Les abords de nos villes ressemblent à des dépotoirs avec tous les sacs plastique laissés par les prostituées".

Au printemps dernier, l'édile et les maires de communes avoisinantes ont écrit au ministère de l'Intérieur pour savoir quelles mesures il comptait prendre pour lutter contre le phénomène.

Depuis, "des opérations de police ponctuelles ont eu lieu", souligne Mme Garnier, tout en réclamant un plan d'action à plus long terme.

Jean-François Papineau, chef de la Direction départementale de la sécurité publique de l'Essonne, admet que les élus sont "extrêmement remontés", mais il assure que "l'action de la police n'est pas liée" à leur pression. "Il n'y a eu aucune intensification des contrôles", assure-t-il à l'AFP.

La mairie de Tigery, ville voisine de Quincy-sous-Sénart, a pris les choses en main. L'automne dernier, elle a fait installer une caméra qui enregistre les faits et gestes des clients de prostituées à un carrefour en bordure de forêt. "Clients des prostituées, ici vous êtes filmés", prévient un panneau vissé sous la caméra.

Galerie photos
Newsletter
Restez informé ! Recevez des alertes pour être au courant de toutes les dernières actualités.
Réagir à cet article

L'espace des commentaires est ouvert aux inscrits.
Connectez-vous ou créez un compte pour pouvoir commenter cet article.

En direct
Lire les journaux
Petites Annonces
Immobilier
Saint-Jacut-de-la-Mer (22750) sur camping...
Saint-Jacut-de-la-Mer (22750) sur camping... Saint-Jacut-de-la-Mer (22750) 0€ Découvrir
Gouville-sur-Mer, côte ouest Manche (50)...
Gouville-sur-Mer, côte ouest Manche (50)... Gouville-sur-Mer (50560) 275€ Découvrir
MAISON BREHAL
MAISON BREHAL Bréhal (50290) 400€ Découvrir
Maison meublée bail 1 an LOUVIGNY
Maison meublée bail 1 an LOUVIGNY Louvigny (14111) 2 000€ Découvrir
Automobile
Caravane GRUAU Tradition 40 CP
Caravane GRUAU Tradition 40 CP Rouen (76000) 2 500€ Découvrir
Renault Megane
Renault Megane Coutances (50200) 2 000€ Découvrir
Vends Mercedes Classe A
Vends Mercedes Classe A Argences (14370) 29 000€ Découvrir
Tiguan
Tiguan Hérouville-Saint-Clair (14200) 9 900€ Découvrir
Bonnes affaires
Meuble de cuisine
Meuble de cuisine Luc-sur-Mer (14530) 1 000€ Découvrir
salle à manger en merisier complete
salle à manger en merisier complete Luc-sur-Mer (14530) 1 200€ Découvrir
Lit clos breton
Lit clos breton Pleumeur-Bodou (22560) 750€ Découvrir
Vide maison
Vide maison Cauvicourt (14190) 0€ Découvrir
L'application mobile de Tendance Ouest
Inscrivez vous à la newsletter
La météo avec Tendance Ouest
Les pronostics avec Tendance Ouest
Votre horoscope du mardi 21 mai
Les jeux de Tendance Ouest
L'emploi avec Tendance Ouest
Films et horaires dans vos cinémas en Normandie
L'agenda des sorties de Tendance Ouest
Les concerts avec Tendance Ouest
Les replays de Tendance Ouest
En forêt de Sénart, les prostituées se disent "traquées comme des délinquants"