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Hariri s'apprête à aller en France, mais la crise reste entière

Le Premier ministre libanais démissionnaire Saad Hariri s'apprêtait vendredi à se rendre à Paris, mais la crise reste entière deux semaines après sa démission choc et des accusations de "captivité" en Arabie saoudite.

Hariri s'apprête à aller en France, mais la crise reste entière
Un poster du Premier ministre libanais démissionnaire Saad Hariri accroché à un poteau dans une rue de Beyrouth, le 17 novembre 2017 - JOSEPH EID [AFP]

Le président français Emmanuel Macron recevra samedi à 11H20 GMT au palais de l'Elysée M. Hariri qui arrivera de Ryad et sera rejoint par sa famille dix minutes plus tard pour un déjeuner, a précisé la présidence française. Il n'était pas clair combien de temps il resterait en France.

Ancienne puissance mandataire du Liban, la France a joué les médiateurs et M. Macron a invité à Paris M. Hariri et sa famille "pour quelques jours", pour sortir de l'impasse née de sa démission surprise annoncée le 4 novembre à Ryad. Une invitation acceptée par M. Hariri avec l'accord du parrain saoudien.

Jeudi, le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian a rencontré à Ryad M. Hariri qui a confirmé qu'il se rendrait "très bientôt" en France, après que le chef de la diplomatie saoudienne Adel al-Jubeir a assuré qu'il était libre de quitter Ryad "quand il veut".

Né en Arabie saoudite et détenteur de la nationalité saoudienne, M. Hariri, 47 ans, possède une résidence à Ryad où sa famille est installée. Ce protégé de l'Arabie saoudite a repris le flambeau politique à la mort de son père, Rafic Hariri, un ancien Premier ministre tué dans un attentat à Beyrouth en 2005 pour lequel cinq membres du Hezbollah libanais sont accusés.

Aucune indication n'a été donnée sur la date du départ de M. Hariri pour Paris alors que des membres de son entourage à Beyrouth, interrogés par l'AFP, se sont refusés à tout commentaire. "Nous sommes dans l'expectative", a dit l'un d'eux.

Dans une déclaration télévisée depuis Ryad le 4 novembre, M. Hariri a annoncé sa démission en invoquant la "mainmise" du Hezbollah libanais soutenu par l'Iran sur la vie politique au Liban et des craintes pour sa vie, au moment où Ryad fulminait contre les ingérences prêtées au rival iranien dans la région.

Risque d'escalade ?

Des spéculations et des informations ont ensuite circulé sur une interdiction de M. Hariri de quitter Ryad après avoir été "contraint" à la démission. Le président libanais Michel Aoun a ensuite dit qu'il le considérait "en captivité" à Ryad avant le rejet de ces accusations par M. Jubeir.

Pour plusieurs médias libanais, si M. Hariri confirme sa démission, la crise s'aggraverait au Liban.

"La question de la sécurité de M. Hariri est sur le point d'être réglée, c'est la question de politique de fond qui devrait désormais prendre la vedette", écrit le quotidien L'Orient Le Jour.

"La peur que la crise s'aggrave est toujours là", renchérit le journal An Nahar.

M. Aoun attend le retour de M. Hariri au Liban pour se prononcer sur sa démission. En cas de confirmation de la démission, le président devra charger le gouvernement de gérer les affaires courantes jusqu'à la nomination d'un nouveau Premier ministre.

Parmi les conséquences d'une crise prolongée au Liban figure le risque d'un nouveau afflux de réfugiés en Europe, évoqué jeudi par le ministre libanais des Affaires étrangères Gebrane Bassil.

"La déstabilisation du Liban aurait des conséquences sur les déplacés et réfugiés présents au Liban qui seraient alors dans une situation encore plus fragile et se tourneraient vers l'Europe", a-t-il dit à Berlin.

L'Iran critique la France

M. Bassil a prévenu aussi qu'en cas d'ingérence étrangère, son pays risquait de connaître le même sort que la Syrie voisine, ravagée par une guerre civile complexe où l'implication militaire du Hezbollah auprès du régime divise le Liban.

Vendredi à Moscou, M. Bassil a accusé certaines parties qu'il n'a pas nommées de chercher à "déloger le chef de l'Etat libanais", élu avec le soutien actif du Hezbollah qui a des ministres au gouvernement.

Son homologue russe Sergueï Lavrov a plaidé pour une solution "sans intervention extérieure et par le dialogue (...)".

Jeudi, le chef de la diplomatie saoudienne s'en est violemment pris au Hezbollah. "C'est une organisation terroriste de première catégorie", a-t-il soutenu, en l'accusant d'avoir "pris en otage l'Etat au Liban et d'être devenu un instrument aux mains" de l'Iran.

A ses côtés, M. Le Drian a déclaré que la France était "inquiète" de la "tentation hégémonique" de l'Iran au Moyen-Orient, s'attirant les foudres de Téhéran.

"Malheureusement, il semble que la France a un regard partial et partisan sur les crises de la région et cette approche, volontairement ou involontairement, aide même à transformer des crises potentielles en crises réelles", ont dit les Affaires étrangères iraniennes.

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